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Notre classe

200 ouvriers déplacés, 300 licenciés

Stellantis Vesoul licencie les intérimaires et précarise les salariés de tous les pays

Carlos Tavares, à la tête du géant automobile Stellantis, organise les pires manœuvres sur le site de Vesoul, en licenciant plus de 300 intérimaires et en faisant venir à la place des ouvriers du groupe italien. Un licenciement massif, doublé d'une mise en concurrence bien déloyale entre les travailleurs.

vendredi 12 novembre

Les manœuvres du géant Stellantis (fusion de PSA et Fiat) à l’usine de Vesoul démontrent une fois de plus, si l’on en doutait, qu’il ne cherche non pas à donner du travail bien rémunéré, et des conditions de travail dignes pour les salariés mais bien à dégrader toujours plus ces aspects. En transférant des travailleurs italiens sur le site français tout en renvoyant plus de 300 intérimaires, il utilise toutes les ficelles existantes pour mettre en concurrence les salariés peu importe leur contrat ou leur nationalité.

Les 200 travailleurs de Fiat en provenance de Naples sont les bienvenus ; encore faut il qu’ils soient rémunérés dignement et avec des primes de déplacement, ce qui est très loin d’être le cas. Il est certain que le licenciement des 300 intérimaires est inacceptable, et d’autant plus lorsque la charge de travail à Vesoul est aussi élevée : il y a du travail pour tous. C’est cela le vrai scandale : mettre en concurrence les travailleurs italiens délocalisés avec les intérimaires. Cela devrait être une bataille de tous et de tous les instants.

Nous savons que la recherche d’économie de Stellantis est leur boussole, et les premiers à en faire les frais sont les intérimaires qui sont licenciés aujourd’hui. Mais les collègues italiens, en plus d’être moins bien rémunérés, sont livrés à eux même devant trouver des logements par leurs propres moyens alors que le groupe devrait les loger !

L’usine de Fiat à Naples est a l’arrêt suite aux pénuries de semi-conducteurs, et comme l’explique Rocco, ouvrier déplacé de Naples à Vesoul pour LCI : « je suis venu ici parce qu’en Italie il n’y pas assez de travail, je travaillais sept jours par mois et je touchais moins de 1000 euros, ici je gagne un peu plus, c’est pour faire vivre la famille  ». La situation est des plus inquiétantes. Alors qu’il y a un groupe qui fait 6 milliards d’euros de profit, on ne peut accepter ce scandale : tous les emplois et les salaires devraient être maintenus en piochant dans leurs profits. C’est à eux de payer leur crise. Ces milliards sont les nôtres : ils sont le fruit de notre exploitation, de la sueur de notre front. En réalité, sans nous, les travailleurs, pas de production !

Le nomadisme, la bourgeoisie et les riches l’acceptent quand il s’agit de faire faire tourner la machine à cash comme l’explique très bien le délégué syndical CGT Jean- Pierre Mercier à France Info : « Ils transforment les salariés en nomade de l’industrie automobile. Entre la venue des salariés italiens et le licenciement des intérimaires, c’est un vrai scandale, le site croule sous le travail, il y un retard de production monumental. L’arrivée des camarades de Mulhouse et de Sochaux, et là, des camarades italiens de Fiat, ne vont pas suffire. Surtout si la direction licencie tous les intérimaires ; il y a du travail pour tout le monde et aucun intérimaire ne doit être renvoyé à Pôle Emploi."

En effet, la politique du groupe PSA/Stellantis correspond à l’ultra-précarisation et la concurrence, comme pour l’intérim qui ne devrait pas exister. Il est nécessaire de revendiquer le CDI pour tous, seul statut valable, ainsi que d’interdire tous les licenciement peu importe le statut. Ce sont les travailleurs, avec leur organisation, qui doivent mettre sur pied un plan de bataille pour cela, et imposer par la lutte collective nos intérêts de classe.




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