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Jeunesse

Flics hors de nos facs !

Strasbourg. Une AG étudiante évacuée par les CRS sur ordre de la présidence

A Strasbourg, une Assemblée Générale a été appelée à l’Université de Strasbourg depuis la manifestation du 19 janvier, pour discuter des suites de la mobilisation dans les universités. Une décision qui n’a pas plu au président de l’université Michel Deneken, qui a appelé les CRS pour évacuer le campus.

vendredi 20 janvier

Crédits photo : Compte Twitter de l’Alternative Etudiante Strasbourg

Cette semaine, des premières Assemblées Générales ont fleuri dans de nombreuses universités pour préparer la mobilisation du 19 janvier. A Strasbourg, c’est depuis la manifestation du 19 janvier qui a regroupé près de 20.000 personnes dont de nombreux jeunes, qu’une Assemblée Générale a été appelée à l’université où « près de 150 personnes, étudiants et personnel se sont réunis pour discuter des suites de la mobilisation » selon Simon, militant à l’Alternative Étudiante Strasbourg et présent sur place.

Mais le président de l’université, Michel Deneken, l’entendait autrement. Alors que l’Assemblée Générale touchait à sa fin, des dizaines de CRS ont débarqué dans l’amphithéâtre pour évacuer les personnes mobilisées, appelée par la présidence de l’université. En effet, la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 prévoit que les présidents d’universités sont « responsable du maintien de l’ordre » dans les facs, et que c’est seulement sur leur demande que la police peut venir réprimer les campus, comme ça a été le cas lors du mouvement contre Parcoursup en 2018.

Un « appel par la présidence de la fac » scandaleux, que Simon dénonce : « Quand les CRS sont arrivés pour évacuer les lieux, on était déjà en train de partir. On ne discutait même pas d’occuper ou de bloquer la fac, on a juste voté le fait d’écrire un tract qu’on diffuserait dans les universités et les lycées ».

Mais Michel Deneken n’en est pas à son coup d’essai. En 2018 déjà, après que l’extrême-droite soit venu attaquer le blocage de l’université, il avait envoyé les CRS sur le campus pour briser la mobilisation étudiante. Pour Simon, « on a un président d’université qui est un macroniste convaincu, qui applique la politique de précarisation des jeunes et de refus de toute mobilisation sociale. L’université de Strasbourg est un des premiers établissements qui a appliqué la loi Fioraso, c’est la seule université qui a fermée pour cause de « sobriété énergétique ».

Pour justifier la venue des CRS hier soir, la présidence de la fac s’est justifiée dans un communiqué transmis à BFM Alsace, que « plusieurs dizaines de personnes ont occupé sans autorisation préalable de l’université un amphithéâtre ». Une version contestée par Simon, mais qui fait également état du côté duquel se range le président de l’université : les étudiants n’ont pas besoin d’une « autorisation préalable » pour se mobiliser !

Depuis le mouvement étudiant de 2018, les présidences d’universités font usage de méthodes diverses, des fermetures administratives des campus à la répression policière pour tenter de faire taire la contestation dans les universités. Mais derrière les tentatives de répression se cache (mal) la peur que se consolide un mouvement dans les facs qui puisse cristalliser toute la colère accumulée par la jeunesse ces dernières années. Face à ces intimidations, il est essentiel d’affirmer que nous resterons unis et de riposter en bloc contre toute tentative de faire venir la police sur les campus. Les étudiants et personnel mobilisés de l’Université de Strasbourg ont à ce titre toute notre solidarité.

Alors que l’immense mobilisation du 19 janvier contre la réforme des retraites vient poser la question du plan de bataille nécessaire pour faire reculer le gouvernement, il faut répondre aux menaces de répression par la construction d’une mobilisation encore plus massive dans les universités, qui passe par l’impulsion d’Assemblées Générales dans toutes les facs de France dès la semaine prochaine, pour que personnel et étudiants s’engagent eux aussi dans la bataille contre Macron, sa réforme, et la société qu’il souhaite nous imposer.



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