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Politique

Vaccin contre le coronavirus

Stratégie de vaccination : à quand un programme de dépistage et de prévention à la hauteur de la crise ?

Ce jeudi 3 décembre, Jean Castex a dévoilé le plan de vaccination du gouvernement pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. Alors que la gestion de la crise sanitaire par l’État est catastrophique depuis le début, celui-ci mise toute sa stratégie sur l’espoir d’un vaccin dont l’efficacité sur le long terme demeure incertaine pour le moment.

jeudi 3 décembre 2020

Crédits photo : Joe KLAMAR/AFP

Ce jeudi 3 décembre, la conférence de presse hebdomadaire concernant l’évolution de l’épidémie de Covid-19 a été tenue par Jean Castex. Il y a dévoilé la stratégie vaccinale du gouvernement, accompagné par Olivier Véran, le ministre de la Santé, celui des Affaires européennes Clément Beaune et la ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher. Le professeur en immunologie Alain Fischer, désigné par le gouvernement pour conduire la campagne de vaccination, a quant à lui précisé les différents vaccins qui seront proposés à la population.

La mise en place du programme de vaccination dépendra de l’Agence Européenne du Médicament qui se prononcera avant le 29 décembre concernant les autorisations de mise sur le marché des différents vaccins. Pour le moment, ce sont ceux des entreprises Moderna et Pfizer/BioNtech qui sont les plus proches de les obtenir.

Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) données en début de semaine, le gouvernement a donc annoncé que la vaccination sera gratuite et se déroulera en trois grandes étapes. La première phase débutera fin décembre et concernera les personnes résidentes en Établissement d’Hébergement pour Personnes Agées dépendantes (EHPAD) ainsi que les personnels de ces structures présentant des risques.

La seconde étape se déroulera dès le mois de février 2021 jusqu’au printemps, elle s’élargira aux personnes présentant un facteur de risques élevés lié à la santé ou à l’âge. Enfin, la dernière phase de vaccination aura lieu dès le printemps prochain et s’ouvrira au reste de la population.

Le premier ministre a précisé que le plan du gouvernement sera présenté au Parlement au cours du mois de décembre dans le cadre d’un débat prévu par l’article 50–1 de la Constitution, qui peut impliquer un vote mais n’engage pas la responsabilité de l’État.

Lors de la conférence de presse, Alain Fischer a notamment précisé le manque de recul sur ces vaccins : « Le recul à ce jour sur l’efficacité de ces vaccins ne dépasse pas deux à trois mois, et les données ne sont pas encore complètes pour savoir à quel point ces vaccins sont efficaces sur les personnes les plus à risques ». Puis il a rajouté : « Il faudra savoir si le vaccin d’une part protège l’individu vacciné contre l’infection mais aussi protège contre la transmission, ce qui permettrait de briser la chaîne et de voir, plus vite, la pandémie se résoudre. Il faudra plusieurs mois pour avoir ce dernier type d’information »
Alors que l’incertitude quant à la durée de l’immunisation et la capacité à transmettre le virus demeure importante, le gouvernement a déjà pré-commandé 200 millions de doses et place ainsi la vaccination au centre de sa stratégie sanitaire. Ainsi, comme nous l’avons développé davantage dans un précédent article, l’État compte sur l’espoir du vaccin pour éviter une troisième vague et pouvoir sortir de la crise sanitaire. Rappelons par ailleurs que la mise en place de ce plan de vaccination se fait dans le cadre d’une concurrence accrue entre les différents grands laboratoires qui n’ont pas manqué de multiplier les effets d’annonces dans une course à la commercialisation et aux profits..

Tandis que l’État n’a cessé de nous démontrer son incapacité à protéger la santé de la population depuis le début de la crise sanitaire, celui-ci préfère donc miser sur un vaccin incertain plutôt que sur une réelle stratégie de prévention et de dépistage. Par ailleurs, les résultats d’une commission d’enquête parlementaire de l’assemblée nationale sur « l’impact, la gestion et les conséquences » de l’épidémie de coronavirus ont été rendu ce 2 décembre. Bien que les conclusions de ce rapport demeurent lisses et n’engagent pas réellement la responsabilité de l’État dans cette désastreuse gestion sanitaire, il permet de pointer certains écueils. Ce rapport dénonce notamment l’impréparation de l’État au risque de pandémie et de crise sanitaire, pourtant identifié au début des années 2000. Il dénonce également la mise en place tardive de mesures et des tests, mais également la défaillance du système de santé. Cependant, dans la même logique sécuritaire et répressive du gouvernement, les députés proposent la mise en place d’agences départementales de santé placées sous la responsabilité des préfets et donc sous la responsabilité du ministère de l’Intérieur.

Bien que l’épidémie de coronavirus continue de ralentir progressivement, l’éventualité d’un rebond est plus que d’actualité. Tandis que le gouvernement aurait pu lancer un dépistage massif à l’échelle nationale dès le début de la crise sanitaire, celui-ci décide d’expérimenter ce dispositif dans seulement trois villes de France, et cela presque un an après le début de l’épidémie.

C’est pourquoi, pour lutter efficacement contre le Covid 19, il est nécessaire de proposer et d’exiger la mise en place d’un programme de dépistage et de prévention à la hauteur de la crise actuelle, tout en poursuivant les recherches liées à la vaccination.




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