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Politique

Structuration du mouvement en Ile de France

Succès de la première AG de coordination francilienne de gilets jaunes

A deux jours de l’acte XI samedi 26, la première assemblée générale de coordination du mouvement des gilets jaunes en Ile de France a rassemblé plus de 200 personnes. Une belle réussite qui témoigne de la nécessité d’un tel cadre qui permet un premier pas vers une meilleure coordination des actions des différentes Assemblées Générales locales. Une première avancée vers une meilleure structure démocratique du mouvement à l’échelle régionale.

vendredi 25 janvier

Ce sont plus de trois heures de discussion qui s’enchainent à la Parole errante, lieu associatif où se déroulait ce jeudi 24 janvier la première AG de coordination d’Ile de France. Deux mois après le lancement du mouvement, cette échéance est un premier pas vers une coordination à l’échelle régionale des Assemblée Générales locales qui ont lieu un peu partout en région parisienne, comme Rungis, Montreuil et l’ensemble du 93, Champigny (94), le 91, le 77, Belleville, le 20ème arrondissement de Paris ou l’AG de Paris Nord-18ème et d’autres encore. Un pas qu’il s’agit de consolider comme de roder.

Au centre du débat, l’enjeu de la coordination comme manière d’amplifier le mouvement en le structurant. Pour les gilets jaunes qui interviennent ce soir, il s’agit d’abord d’avoir le contrôle sur ce qu’il se passe à échelle régionale. Autrement dit, fini les portes paroles autoproclamés et les revendications de premier plan douteuse qui n’ont rien à voir avec ce qui se décide dans les AG locales. Il s’agit ensuite d’expulser l’extrême-droite qui a pris plus de place dans les deux précédents actes, avec notamment des agressions de militants. À ce titre, l’encadrement de la manif des femmes gilets jaunes dimanche dernier par des ex-militaires complices de la police est vivement dénoncé par plusieurs intervenants. La nécessité de prendre nos manif’ en main, leurs parcours et le service d’ordre a été omniprésent dans la discussion.

Aussi, la question de la méthode d’action est vivement discutée. Les gilets jaunes d’Ile de France penchent majoritairement vers des appels aux blocages et à la grève générale, action qui permettrait de faire faire un saut au mouvement en essayant de « contaminer » les travailleurs qui bossent dans les usines et bloquer l’économie pour faire « cracher l’oseille aux patrons » et faire « plier le grand patronat ». Le sujet de la grève générale a ainsi été abordé par plusieurs intervenants, syndicalistes mais aussi non syndiqués, souvent avec des emplois précaires dans des structures où il n’y a pas forcément une présence syndicale organisée. La préparation de la journée de grève annoncée pour le 5 février est bel et bien dans les esprits et ce sera aussi aux gilets jaunes de la région parisienne de chercher à la construire.

La revendication du RIC a été abordé mais plusieurs gilets jaunes ont exprimé leur rejet de cette revendication car elle ne permettrait pas de résoudre des problèmes et des revendications qui sont au cœur du mouvement, comme par exemple les questions relatives à l’augmentation des salaires et d’amélioration des conditions de vie.

Plusieurs intervenantes ont également pris la parole pour revendiquer une organisation et coordination nationale des femmes gilets jaunes qui, à l’avant-garde de ce mouvement depuis sa naissance, sont confrontées à davantage de précarité mais aussi à l’oppression patriarcale. Comme le rappelle Orianne, « plus pauvre que le prolo y a la femme du prolo ».

Enfin, il semble que la répression qui s’abat sur le mouvement depuis le 24 novembre soit vecteur d’unanimité auprès des manifestants. Comme le rappelle Flora, militante à Révolution Permanente, c’est la répression des étudiants qui a initié la plus grande grève du 20e siècle en mai 68. Aujourd’hui, la répression policière et judiciaire doit devenir l’affaire de toutes et tous, que l’AG d’IDF exige l’amnistie de tous les prisonniers et inculpés du mouvement, y compris de Christophe Dettinger pour lequel les intervenants sont nombreux à appeler à une action de solidarité lors de son procès le 13 février.

À une très large majorité, les 200 gilets jaunes présents appellent à une deuxième AG de coordination en Ile de France dans deux semaines pour préparer la suite du mouvement de manière structurée et démocratique, ainsi qu’à renforcer l’organisation et les AG locales.




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