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Réforme des retraites

Sud Rail se joint à l’appel à la grève illimitée de la RATP le 5 décembre !

Dans un communiqué de presse sorti le 24 septembre, journée de grève interprofessionnelle, Sud Rail a annoncé se joindre à l’appel des syndicats de la RATP le 5 décembre, en interpellant l’ensemble des confédérations syndicales et acteurs du mouvement social, en intégrant les Gilets Jaunes, à œuvrer à la construction d’un mouvement d’ensemble.

mercredi 25 septembre

Ce mardi 24 septembre la Fédération des syndicats Sud Rail a publié un communiqué aux côtés de Solidaires RATP pour annoncer qu’ils rejoignent l’appel de l’intersyndicale RATP, pour partir en grève illimité le 5 décembre. Le succès du 13 septembre semble avoir donné des envies de revanche aux cheminots, suite à la défaite du printemps 2018. Et ces derniers le disent eux-mêmes : hors de question de partir seuls et rester isolés cette fois-ci. Il s’agit de penser à tout le monde, même aux travailleurs du privé et de construire une stratégie pour chercher à niveler le tout vers le haut, avec le souhait de se coordonner avec la RATP dans un premier temps dans le domaine du transport, mais aussi d’ouvrir à tous les autres secteurs. Pour l’instant, la Fédération des syndicats SUD Rail est donc la première fédération d’un autre secteur qui se rallie à l’appel de l’intersyndicale de la RATP, et d’autres pourraient suivre.

Un souhait de la base

Le coup de semonce de la RATP le 13 septembre était très fort et a résonné partout, à en donner du baume au cœur a tous les secteurs, même les plus écœurés par des années de stratégies perdantes. Ce jour-là on entendait déjà les agents de la RATP dire qu’ils n’allaient pas en rester là et qu’ils allaient en découdre. Et qu’ils comptaient bien décider eux-mêmes des suites et ne pas laisser les syndicats décider pour eux. En effet les syndicats de la RATP peuvent, pour la plupart, sembler assez corporatistes et très axés sur leur propre secteur, contrairement à la base qui veut s’organiser par elle-même et qui souhaite s’ouvrir à la mobilisation interprofesionnelle. Le fait de voir que les secteurs veulent converger à la base et se lier entre eux est une bonne chose pour vaincre Macron. Les cheminots ayant eu pour expérience la grève perlée en 2018, ou à part l’Intergare et certains militants de Sud Rail, presque personne n’a remis en cause la stratégie perdante de l’intersyndicale (peser dans les négociations, grève à la carte, conflit corporatiste). Et il semblerait qu’une partie des travailleurs de la RATP ait tiré les leçons de cette défaite. Du côté des cheminots tout le monde est emballé par une idée de tout bloquer à Paris avec la RATP car historiquement ce genre d’alliance fait penser aux conflits victorieux comme celui de 1995.

Quid de la CGT et de la CFDT ?

La CFDT et la CGT, deux confédérations syndicales importantes restent en dehors de cet appel. La première est en plein dans des négociations tripartites avec le gouvernement et le Medef et la seconde essaye de rentrer sur le terrain des négociations tout en étant ignorée par Macron, avec une stratégie de faire une journée par secteur. Le problème pour la CGT est que désormais avec cet appel ils sont pris entre deux positions, celle d’être « raisonnable » aux yeux du gouvernement et d’aller négocier, et celle de partir dans un conflit dur et massif. La CGT va devoir trancher sous peine d’aggraver un peu plus cette crise du syndicalisme qui s’exprime sous plusieurs formes, comme le mouvement des Gilets Jaunes et les collectifs (Interurgence, stylos rouges), qui font éclater des mouvements en dehors des organisations traditionnelles du mouvement ouvrier.

Un mouvement puissant et massif contre la réforme des retraites ne pourra se construire qu’en tirant les leçons des 10 derniers mois du mouvement des Gilets Jaunes. Il devient vital de proposer une stratégie offensive, en partant de cette réalité et en cherchant à construire la riposte avec l’ensemble de secteurs et collectifs militants qui se mobilisent et qui cherchent à construire le tous ensemble contre Macron et son monde.

Un premier pas pour poser les bases d’un mouvement de masse

Cette prise de position de la fédération Sud Rail et de Solidaires RATP est un pas important pour poser les bases d’un mouvement reconductible, interprofessionnel et organisé démocratiquement à la base, jusqu’au retrait de la réforme. Néanmoins, pour construire un tel mouvement il faudra mettre au centre la revendication de retrait de la réforme. Pour qu’aucune organisation syndicale n’aille négocier la régression sociale dans le dos des travailleurs, il est indispensable de faire voter nos revendications en assemblées générales dans chaque secteur et pour décider chaque jour la reconduction ou non du mouvement. C’est une condition sine qua non pour que le contrôle du mouvement reste aux mains des grévistes et non pas des directions syndicales qui traînent depuis bien trop longtemps dans les salons dorés des ministères.

Communiqué commun Sud Rail / Solidaires RATP




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