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Suicide d’une infirmière en Italie : ses collèges dénoncent des conditions de travail intenables

Dans le pays le plus touché au monde par le Covid-19, Daniela Trezzi jeune infirmière dans l'une des régions les plus impactées par la crise sanitaire a mis fin à ses jours alors qu'elle venait d'être contaminée par le virus. Conséquence dramatique des politiques d’austérité menées depuis des années dans les hôpitaux et de la gestion catastrophique de la crise sanitaire.

jeudi 26 mars

Daniela Trezzi avait 34 ans, elle était infirmière au service de soins intensifs de San Gerardo dans le nord de l’Italie, à Monza et plus précisément dans la région de Lombardie. Elle fût comme tant d’autres envoyée au front sans armes et sans moyens.

Mardi 24 mars, l’Italie a enregistré 743 nouveaux décès liés au coronavirus, 683 le lendemain. À bout de souffle et exténuée par le rythme harassant de son travail sur l’un des principaux fronts de la pandémie, Daniela a mit fin à ses jours. Quelques jours avant, elle venait de contracter le virus. Alors en quarantaine elle faisait part de son inquiétude quant à la crainte d’avoir propagée à son tour la maladie en essayant de soigner ses patients.

"Depuis le 10 mars Daniela était confinée à son domicile, elle n’était pas sous surveillance et sa mort fait aujourd’hui l’objet d’une enquête" selon le directeur de l’hôpital Mario Alparone. Par ailleurs la Fédération nationale des infirmières et infirmiers d’Italie a exprimé que : "Ce que Daniela a vécu dans la dernière période, même si toutes les causes du geste ne sont pas encore connues, y a contribué autant que la goutte d’eau qui fait déborder le vase". Avant de rajouter que les conditions de travail et le stress auxquels sont soumis actuellement nos professionnels sont désormais visibles par tout le monde". "Une goutte d’eau" qui coûte désormais et un peu plus chaque jours aux soignant.e.s ainsi qu’aux travailleur.euse.s sociaux en première ligne qui font face à cette vague pandémique qu’est le Covid-19, mettant ainsi grandement leurs vies en danger. Une pandémie qui inonde entre autre l’Italie et qui peine à être contenue, rendue plus meurtrière du fait des politiques destructrices des systèmes de santé provoquées par des décennies d’attaques néo-libérales.

Nous parlons ici d’un pays où plus de 5760 travailleur.euse.s de santé ont été infectés par le virus et où plus de 74.000 cas sont déclarés avec un peu plus de 8000 morts comptabilisés.
Les soignants représenteraient 8% des cas infectés par la crise sanitaire du pays.

La gestion catastrophique des gouvernements lors de cette crise démontre l’inefficacité et les multiples paradoxes du système capitaliste. Déconnecté de la vie réelle et des besoins des personnes entraînant un enchaînement de décisions visant à la pérennité de leurs profits et non de nos vies. De ce fait, il apparaît évident que nous ne devons pas faire confiance aux gouvernements en place pour résoudre cette crise et que nous nous organisons pour apporter et imposer nos propres solutions.