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Vague de suicides dans la santé

Suicide d’une interne à Lyon : dramatique conséquence de la casse de l’hôpital

Le 2 mai, une jeune interne s’est suicidée. Elle était en septième année d'étude et effectuait un stage au service hépato-gastro-entérologie de Lyon Sud. Ce décès s'inscrit dans une vague de suicide dans le milieu hospitalier ces dernières années, conséquence d'une précarisation des conditions de travail.

mardi 7 mai

Crédits photo : Bunel - AFP

Ce vendredi 2 mai, une jeune interne en stage dans le service hépato-gastro-entérologie de Lyon Sud, s’est suicidée. Dans un communiqué sorti lundi, l’ISNI (Intersyndicale nationale des internes) et le SAILH (syndicat autonome des internes des hôpitaux de Lyon) déplorent ce suicide, et dénoncent les conditions de travail épuisantes et intenables dans le milieu hospitalier. En effet cet acte n’est pas isolé, il s’inscrit dans une vague de suicides ces dernières années dans le milieu de la santé, conséquence d’une précarisation extrême et d’attaques du gouvernement. Le communiqué pointe du doigt « les conditions de travail des internes […] extrêmement précaires », qui conduisent les internes à « des gestes désespérés ».

Lucas Reynaud, président du SAILH explique que les internes « travaillent au-delà de la raison dans plus de 75 % des services à Lyon », à cause des obligations de services. Selon lui, certains internes peuvent aller jusqu’à 80 heures par semaine. Il déplore aussi « une gérance comme dans une entreprise » : « les gros hôpitaux doivent tourner pour faire du chiffre ». Le personnel est donc en sous-effectif mais doit assurer toujours plus de soin

Antoine Reydellet, président de l’ISNI rappelle l’étude de 2017 selon laquelle un quart des étudiants en médecine avaient des idées suicidaires. La situation n’est donc pas nouvelle. La jeune interne de Lyon travaillait entre 60 et 80 heures par semaine, dans le service gastro-hépato-entérologie, une spécialité très difficile à cause du taux élevé de décès de patients.

C’est pourquoi les syndicats demandent depuis des années que le seuil européen des 48 heures soit respectés, et qu’un repos de sécurité après une garde soit appliqué. Déjà en 2017 lors des présidentielles, l’ISNI faisait un triste constat : « L’application des dispositions réglementaires (48 h de travail hebdomadaire, ndlr) ne peut plus traîner. Le repos de sécurité après une garde a été rendu obligatoire il y a plus de 10 ans, aujourd’hui, il n’est toujours pas appliqué dans tous les services hospitaliers. »

Ce suicide est donc le résultat d’années de casse de l’hôpital, de politiques d’austérité rendant les conditions de travail insoutenables dans le milieu de la santé. Les mesures prises par les gouvernements successifs n’ont pas arrêté d’attaquer le secteur de la santé, et plus généralement au service public. Le gouvernement Macron tient d’ailleurs le cap plus que jamais, avec sa loi de « transformation de la fonction publique ». Ces attaques ont provoqué de nombreux mouvements de grève, dans divers services hospitaliers de plusieurs villes, des urgences parisiennes au service de néo-natalité à Toulouse. La journée de grève de la fonction publique ce jeudi 9 mai est un point d’appui pour permettre à ces mobilisations de converger face aux attaques de Macron.




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