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Casse du service public

Suppression de postes. Plus de 75% des travailleurs de Radio France en grève

Quatre ans après la grande grève de 2015, plus de 75% des travailleurs de Radio France ont fait grève ce mardi pour s’opposer au plan de suppression de postes annoncé ce 3 juin par la PDG du groupe, Sybile Veil

mardi 18 juin

Ce mardi 18 juin, dans un contexte marqué par la mobilisation contre la loi Blanquer et où Macron prépare son retour à l’offensive, les travailleurs de Radio France (France Inter, France Info, France Culture, et une partie du réseau France Bleu) suivaient massivement l’appel à la grève de 24h lancée par l’intersyndicale (CGT, CFDT, FO, SNJ Sud et Unsa). Selon le Syndicat national des journalistes (SNJ) « plus de trois quarts des salariés de Radio France » se sont mis en grève ce matin. Parmi eux 90% des journalistes et 85% des choristes.

La mobilisation s’oppose au plan d’économies annoncé le 3 juin par la PDG de Radio France, Sybile Veil. En effet, alors que le chiffre d’affaires du groupe a été de 655 millions d’euros en 2017 et que les résultats d’audience radio et numérique sont exceptionnels, l’Etat a décidé de baisser sa contribution, cherchant à la réduire de 20 millions d’euros d’ici 2022.

Une politique pas étonnante si l’on prend en compte que, depuis les années 80, sous le prétexte de la rentabilité et dans le but d’ouvrir ces secteurs au marché, les gouvernements successifs ont orchestré la casse des différents services publics (santé, éducation, poste…) en laissant stagner ou en réduisant leurs moyens. Comme Manuel Houssait de la CGT, on peut ainsi se demander : « Est-ce que la mission de Sibyle Veil est de protéger Radio France, ou est-elle en charge d’une mission libérale pour détruire la radio publique et donner de l’air aux radios privées ? »

En prévision de cette coupe budgétaire, la direction de Radio France compte faire 60 millions d’euros d’économie d’ici 2022 sur le dos des travailleurs en supprimant 270 à 390 postes. Selon la direction, si les salariés acceptent de faire une croix sur des semaines de congés 270 postes « seulement » seront supprimés, si par contre, les syndicats et la direction n’arrivent pas à un accord d’ici la fin juin, le nombre de postes supprimés va s’élever à 390.

Face à cela l’intersyndicale a demandé dans un communiqué le retrait du nouveau plan d’économies qui, comme elle l’explique « constitue une remise en cause sans précèdent des missions de service publique ». Elle demande des « effectifs et des moyens nécessaires pour remplir [leurs] missions de service publique ».

Bien que l’intersyndicale n’écarte pas des actions dans l’avenir, cette journée de grève massive a été conçue comme un « coup de semonce » à la direction pour faire pression au moment des négociations qui auront lieu fin juin. Les suites à donner au mouvement seront étudiées à ce moment là.

Credit photo : AFP / Taimaz SZIRNIKS.




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