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Politique

En roue libre

Sur BFM, un avocat de policier explique que son client "veut pouvoir étrangler" les gens "quand ils luttent"

Scène surréaliste sur BFM. Un avocat de policier explique que son client a, ces dernières semaines « eu des idées suicidaires » avant de partir totalement en roue libre, en expliquant que le policier en question « veut aller interpeller les gens » et « pouvoir les étrangler quand ils luttent ».

samedi 13 juin

Avec la mort de George Floyd et les manifestations qui se sont multipliés partout dans le monde et y compris en France, la question des violences policières et du racisme dans les rangs de l’institution est au centre de l’actualité politique. La colère sociale légitime autour de cette question a, tout autour du globe, forcé les différents gouvernements à prendre position. En France, les quelques déclarations du gouvernement, qui appelle à une prétendue « tolérance zéro » et à quelques aménagements visant avant tout à calmer la contestation sociale ont ouvert une brèche aux discours les plus réactionnaires, que cela soit dans le monde politique comme au sein de l’institution policière.

Dans ce contexte, les voix réactionnaires martèlent leur discours sur les plateaux. A ce petit jeu de la surenchère, un candidat solide semble proche de décrocher une palme. Sur BFM TV, un avocat spécialisé dans la défense des policiers s’est d’abord évertué à nier en long, en large et en travers la réalité du racisme dans la police révélée par la mise sur le devant de la scène du groupe Facebook comptabilisant 8000 policiers. Pour lui, rien de grave, puisqu’« ils s’échangent des blagues potaches et de l’humour noir, ils s’échangent pas des blagues racistes » avant d’aller beaucoup plus loin encore, en affirmant que « dans ces 8000, si y’en a un qui est raciste c’est le bout du monde »

Mais cet avocat ne s’est pas contenté de chercher à dissimuler le racisme systémique de l’institution policière, il s’est ensuite lancé dans un véritable plaidoyer qu’il voulait larmoyant concernant l’un de ses clients qui est policier et avec qui il a échangé ces derniers jours. Ce dernier se sentirait, selon l’avocat, totalement dévasté par les déclarations du gouvernement au point d’avoir des envies suicidaires. Mais immédiatement après, l’avocat explique que son client lui aurait affirmé : «  Je veux être policier, je veux interpeller les gens, je veux pouvoir les étrangler quand ils luttent ». Une prise de position qui fait froid dans le dos.

Au final, cette prise de position ultra-réactionnaire est un parfait révélateur des violences et du racisme systémique qui fonde l’institution policière. A ce titre, le combat international pour réclamer justice pour George Floyd, qui s’entremêle en France avec le long combat contre les violences policières et la justice pour Adama et toute les autres victimes, apparaît lui aussi comme d’autant plus fondamental. C’est pourquoi il est indispensable de poursuivre et amplifié la mobilisation, et que les organisations du mouvement ouvrier appellent les travailleurs à grossir les rangs pour un combat unitaire contre les violences policières et le racisme d’Etat. La prise de position d’Assa Traoré, qui a assuré que « bien évidemment, on sera là » le 16 juin au côté des personnels soignants est en ce sens un point d’appui pour faire converger les différents mouvements sociaux et, ainsi, obtenir des victoires !




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