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Politique

Régionales 2021

Sur fond d’abstention historique, LR fait une percée, LREM-RN se prend une claque

Sur fond d’abstention historique de près de 68% qui marque un saut dans le discrédit des institutions, la droite sort gagnante de ces élections régionales remettant quelque peu en cause le duel LREM – RN, avec une claque pour la majorité gouvernementale et une mobilisation de son électorat très en-deçà de ses attentes du côté de l’extrême-droite.

dimanche 20 juin

A une année des Présidentielles et après une année de pandémie, l’élection régionale prenait de facto ce dimanche une dimension nationale importante. Un enjeu assumé pour différentes formations, et en particulier le RN, qui espérait faire du scrutin un marchepied pour la présidentielle.

Finalement, c’est l’abstention, déjà attendue à un niveau très élevé, qui vient marquer le scrutin à un niveau inédit sous la Vème République de près de 67%. Une abstention dont il faudra analyser les contours, mais qui marque un saut supplémentaire dans la crise des institutions politiques, le discrédit de la classe politique dans son ensemble, en forme de rejet de la campagne réactionnaire et sécuritaire.

Si cette abstention massive est le marqueur politique de ces élections, celles-ci n’en demeurent pas moins marquées par la défaite écrasante subie par LREM. Dans les Hauts-de-France, la liste LREM emmenée par Laurent Pietraszewski, qui avait été rejoint par deux ténors du gouvernement, Eric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin, ne passe même pas la barre des 10%. Même résultat en Auvergne Rhône-Alpes et en Occitanie, tandis que LREM dépasse péniblement le deuxième tour en Ile-de-France en Normandie et réalise de meilleurs scores dans les régions où il est allié au MoDem. Un revers pour le macronisme qui le prive de fait de son ambition, déjà peu élevée, d’être un « faiseur de rois » au deuxième tour.

L’incapacité du parti présidentiel à s’ancrer localement apparaît évidente dans la continuité des dernières échéances intermédiaires. Ce faible résultat permet aux très réactionnaires candidats Républicains de se présenter ce soir en principal rempart contre l’extrême-droite, volant à LREM son principal axe de campagne. Dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand a ainsi centré son intervention sur la lutte contre le RN expliquant avoir « brisé la mâchoire » du parti de Marine Le Pen. Un véritable coup dur pour le macronisme dans la perspective de 2022, qui risque de signer l’échec de la stratégie visant à « dynamiter » les Républicains.

L’extrême-droite subit également un revers par rapport à 2015 et aux espoirs placés dans cette élection, voulue comme un avant-goût de 2022 avec l’objectif d’emporter une ou plusieurs Régions. Le RN ne se place en tête que d’une seule Région (PACA), contre six régions en 2015, et passe de 28% à 19% à l’échelle nationale. Si l’extrême-droite demeure à un niveau important nationalement, ce résultat témoigne d’une faible mobilisation de son électorat malgré la volonté de nationaliser le scrutin et de mobiliser. Une situation à laquelle Marine Le Pen a réagi en fustigeant l’abstention, pointant « une vision trompeuse des forces en présence. » Pour le RN, le second tour sera décisif pour tenter de remobiliser son électorat, avec un enjeu particulier en PACA où l’extrême-droite peut encore l’emporter. Une victoire qui, facilitée par la désagrégation du « front républicain », pourrait permettre au RN de limiter les dégâts de ces élections et de maintenir ses chances pour 2022.

A gauche, l’éclatement des listes faisait des Régionales un véritable laboratoire des alliances possibles, mais aussi une compétition pour le leadership. Si EELV obtient de bons scores, 14% en Auvergne-Rhône-Alpes et en Bretagne, 12,2% en Nouvelle-Aquitaine, et si les listes d’union de la gauche derrière lui atteignent jusqu’à 18% en Pays-de-la-Loire, il ne réalise pas la victoire écrasante qui lui permettrait d’obtenir une hégémonie claire face au PS, qui se maintient dans ses bastions. La France Insoumise obtient nationalement un score très bas d’un peu plus de 4%, avec un échec notable des listes d’alliances avec le NPA, toutes deux autour de 5%. A l’inverse, en dépit de la faible participation, LO réalise des scores relativement bons, progressant de façon importante dans les Hauts-de-France avec 3,7% pour la liste emmenée par Eric Pecqueur, ouvrier chez Toyota. Au regard des bien maigre résultats des alliances du NPA avec LFI, il est probable que des fronts anticapitalistes NPA/LO auraient pu tirer leur épingle du jeu.




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