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Politique

Répression en Corse

Sur fond de répression du mouvement corse, le gouvernement tente des négociations

Depuis plusieurs jours, les mobilisations déclenchées par l’agression d’Yvan Colonna se multiplient et montent en intensité en Corse. Des scènes de colère largement réprimées par le gouvernement qui sort à peine du silence ce jeudi.

jeudi 10 mars

© AFP, Pascal POCHARD-CASABIANCA

Nous revenions dans un premier article sur l’un des éléments déclencheurs des mobilisations explosives qui se déroulent actuellement en Corse : l’agression d’une figure du mouvement indépendantiste Corse, Yvan Colonna. Alors que ce dernier est détenu depuis 2003 dans la prison d’Arles, il se trouve aujourd’hui entre la vie et la mort des suites de cette violente agression.

Une étincelle venant raviver des revendications historiques, telles que le rapatriement des prisonniers en Corse auprès de leurs familles. Alors que les trois principaux prisonniers politiques (Alain Ferrandi et Pierre Alessandri) pourraient obtenir une semi-liberté ou à minima un rapprochement, après des dizaines d’années de prison, leurs dernières demandes avaient toujours été suivies d’un refus. La question de fond reste pour autant une demande historique du mouvement régionaliste et indépendantiste Corse, à savoir l’autodétermination du peuple corse.

La jeunesse en première ligne face à une forte répression

Ce mardi des rassemblements de jeunes ont été organisés. C’est notamment à Ajaccio où plus de 300 lycéens ont bloqué leur établissement que la réponse a été tragique. Celle que l’Etat préfère face à la jeunesse : la répression. Avec 6 lycéens touchés par des tirs de LBD, occasionnant plusieurs blessures graves :

Mardi soir, le gouvernement a également levé le statut de « détenu particulièrement signalé » d’Yvan Colonna. Première mesure prise dans un contexte tendu, qui a été vécue comme un mépris indécent de la part des secteurs mobilisés. En effet, ce statut était l’un des motifs qui empêchait jusqu’alors un rapatriement en Corse. Maintenant que le militant est dans le coma, l’annonce est prise comme une vaine tentative d’apaisement.

Echange entre Castex et Simeoni ce jeudi, sauver la mise à la veille des présidentielles ?

Le contexte explosif n’arrange évidemment pas l’exécutif à moins d’un moins des élections présidentielles. Alors que ce jeudi matin, le jeunesse corse était à nouveau mobilisée, devant un commissariat cette fois.

En plus de la répression féroce, le gouvernement cherche à négocier des miettes au mouvement indépendantistes en assurant la possibilité d’accès à des droits accrus d’autonomie du territoire. Une rencontre a d’ailleurs eu lieu ce jeudi soir entre Jean Castex et Gilles Simeoni.

Le Canard Enchainé avance pour sa part qu’un hypothétique accord serait en cours entre le gouvernement et une partie du mouvement régionaliste. Ce dernier prévoirait des avancés pour l’autonomie Corse en échange d’un appel au vote à Macron « au moins au second tour ».

France Bleu Haute-Corse met en avant trois points centraux dans les négociations : « la création d’une commission d’enquête parlementaire suite à la tentative d’assassinat d’Yvan Colonna au sein de la prison d’Arles, commission à laquelle pourrait prendre part les représentants de tous les groupes politiques insulaires, qu’ils soient tout au moins entendus sur ce dossier. […] la levée immédiate du statut de DPS et le rapprochement de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi. Enfin, un troisième point et non des moindres, l’ouverture de discussions pour une solution politique globale, discussions qui se feraient là aussi avec l’ensemble des élus concernés.  »

Cette rencontre entre Castex et Simeoni a notamment aboutit sur une déclaration du président du Conseil Executif Corse, Gilles Simeoni. En tout cas, une nouvelle grande manifestation est appelée dimanche prochain. L’enjeu d’une commission d’enquête indépendante est central dans la situation, pour obtenir la vérité et la justice sur la situation, mais cela ne doit être qu’une étape, pour avancer vers l’obtention d’une réelle auto-détermination du peuple corse, loin des accords d’appareil et des négociations secrètes qui impliqueraient des soutiens aux gouvernements qui ont toujours méprisé et réprimé le mouvement pour l’auto-détermination Corse.



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