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Surenchère islamophobe : Marine Le Pen veut interdire le voile dans l’espace public

Après avoir démagogiquement joué sur un aspect pseudo-social de son programme, Marine Le Pen remet en avant ses fondamentaux racistes et islamophobes, s’en prenant directement aux femmes musulmanes avec la promesse d’une interdiction du port du voile dans l’espace public.

vendredi 8 avril

Crédit photo : AFP- Thomas Coex

Ce jeudi Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National en campagne à Perpignan, a réaffirmé une de ses propositions racistes : interdire le voile dans l’espace public. Osant une comparaison scandaleuse avec le port de la ceinture en voiture, elle a promis que le port du voile serait sanctionné d’une amende. Elle ne s’est pas arrêtée là, et a assuré que le voile n’était autre qu’un « uniforme islamiste », dressant encore une fois le portrait d’une société qui serait sous la menace du « fondamentalisme islamiste ».

Mais comme elle l’a rappelé cette attaque islamophobe grave s’inscrirait dans le cadre d’une « proposition de loi contre le fondamentalisme islamiste ». Cette dernière comporterait notamment un volet qui permettrait d’interdire : «  la "pratique, la manifestation ainsi que la diffusion publique", au cinéma, dans la presse comme à l’école, des "idéologies islamistes" » rappelle Europe 1. Cette proposition n’est pas nouvelle mais elle fait son retour dans la bouche de Marine Le Pen en cette fin de campagne.

Après des mois à jouer la dédiabolisation, parfois effacée sur le terrain des sorties réactionnaires par Zemmour, et une dernière partie de campagne où elle a cherché à la « jouer social », surfant démagogiquement sur la question du pouvoir d’achat, Marine Le Pen rappelle, avec cette sortie, les fondements profondément réactionnaires de son programme.

Ces derniers n’avaient d’ailleurs pas été enterrés et il y a peu de temps encore elle martelait un autre de ses projets de loi sur… l’immigration. Celui-ci a vocation à être présenté à la population par un référendum et est un condensé d’attaques racistes et xénophobes. Elle remet à l’ordre du jour l’interdiction de régulariser une personne en « situation irrégulière », la suppression du droit du sol ou encore promet de poursuivre et condamner « les personnes qui apportent une aide directe ou indirecte aux étrangers qui tentent d’entrer illégalement sur le territoire ».

Marine Le Pen remet donc en avant ce qui a fait le terreau de la première partie de la campagne : sécurité et immigration, ou plutôt racisme et islamophobie. Après un quinquennat et une campagne marqués par la droitisation du débat, elle est favorite pour le deuxième tour aux côtés d’Emmanuel Macron. Deux impasses anti-populaires et réactionnaires à combattre de concert, dès maintenant, dans la rue, dans nos lieux de travail et d’études, dans nos quartiers.



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