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Symbolique. A New York, les organisateurs de la marche des fiertés excluent les policiers !

C’est la décision qu’ont prise les organisateurs de la marche des fiertés de New York à la suite de l’émergence du mouvement qui s'est déclenché à la suite de l’assassinat de George Floyd mettant en cause, au cri de Black Lives Matter, le racisme institutionnel et le rôle de la police.

mercredi 26 mai

En haut, des fonctionnaires du Département de police de New York à la marche des fiertés de 2019. En bas, une manifestation LGBTIQ+ contre la participation de la police à la marche des fiertés.

Les images de policiers gays et de policières lesbiennes participant à la marche des fiertés avec leurs propres drapeaux font l’objet d’une polémique depuis plusieurs années aux États-Unis. Les arguments ne manquent pas, de l’origine même du mouvement de libération sexuelle avec la révolte de Stonewall affrontant les forces de répression dans la rue, jusqu’au harcèlement qui reste toujours d’actualité comme le dénonce la communauté trans.

Il y a un an, le meurtre de George Floyd déclenchait un mouvement contre le racisme institutionnel et la violence policière contre la population noire aux États-Unis et ouvrait une situation nouvelle. La vidéo du policier Derek Chauvin tuant George Floyd a fait le tour du monde où ont émergé les manifestations au slogan de Black Lives Matter (les vies noires comptent). De larges secteurs de la jeunesse ont commencé à remettre en question le rôle des forces de répression et à exiger son « définancement » voire son abolition.

C’est dans ce contexte que les organisateurs de la marche des fiertés de New York ont décidé d’interdire la participation des fonctionnaires de police et des agents pénitentiaires jusqu’en 2025. A cette date, ils assurent qu’ils réexamineront leur possibilité de participer et prendront des mesures pour réduire leur présence relative aux mesures de « sécurité ». La mesure leur a valu un éditorial dans le New York Times où ils sont accusés d’être peu inclusifs et de participer à la division.

Dans leur communiqué, les organisateurs assurent prendre cette décision dans le but de « créer des espaces plus sûrs pour les communautés LGBTQIA+ et BIPOC (personnes noires, amérindiennes et de couleur) dans un moment où la violence contre les groupes marginalisés, spécialement les BIPOC et les communautés trans, continue d’augmenter ».

Toutefois, ils garantissent qu’ils auront recours à des services de sécurité privés, entreprises souvent intimement liées aux forces de répression. Et à leur tour, ils relativisent le rôle de la police que le mouvement Black Lives Matter a mis au centre de la scène en faisant allusion au fait que « la sensation de sécurité que les forces de l’ordre doivent offrir peut être menaçante » et en les exhortant à « corriger leurs erreurs à l’avenir ».

S’ils prennent une telle mesure, c’est à cause de la force du mouvement qui a émergé l’année dernière, qui s’exprime également dans les mobilisations Black Trans Lives Matter (les vies noires trans comptent) et qui continue d’exercer une influence notable.

La police de New York a l’autorisation d’apparaitre à la marche des fiertés en uniforme depuis 1996 grâce à l’action judicaire initiée par la Ligue d’action des policiers gays (GOAL pour son acronyme en anglais). Cette politique d’« inclusion », impulsée par les forces de police elles-mêmes et qui s’observent dans de nombreux endroits du monde, n’a qu’un objectif : donner une bonne image à une institution qui réprime systématiquement les secteurs opprimés et les travailleurs qui luttent pour leurs droits et dont la fonction est de défendre les intérêts d’une minorité de chefs d’entreprise.

Cela a pu se voir en 2017 quand, au milieu de la marche des fiertés de New York, douze militants de l’organisation « No Justice No Pride » ont été arrêtés alors qu’ils dénonçaient justement l’intervention des grandes entreprises et la présence de la police.

Avec ces revendications commencent à surgir des secteurs critiques envers les appels officiels telle la Queer Liberation March (Marche pour la Libération Queer) qui appelle depuis 2019 à se mobiliser pour dénoncer que de grandes entreprises financent les marches pour leurs propres intérêts, tout comme la présence des forces de répression. Cela met en évidence qu’après la révolte de Stonewall, sont apparus des secteurs qui se sont complétement éloignés de la perspective radicale et anticapitaliste qu’avait à ses débuts le mouvement de libération sexuelle et qui, sous couvert d’une politique « inclusive », ont forgé une alliance avec les grandes entreprises et même les institutions les plus réactionnaires des démocraties capitalistes comme les forces de répression.




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