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TGV Atlantique. Grève à la SNCF pour les salaires et de meilleures conditions de travail

Ce vendredi 22 octobre a débuté une « grève illimité » des roulants de la ligne TGV Atlantique contre la pérennisation du plan de transport lié au Covid, pour de meilleures condition de travail et une revalorisation des salaires.

vendredi 22 octobre

Crédit : AFP

Ce vendredi 22 octobre, débute une grève sur la ligne TGV Atlantique appelée de manière unitaire par Sud Rail, la CGT-Cheminots, et la CFDT-Cheminots. Si aujourd’hui c’est un train sur dix qui est annulé, le trafic risque d’être plus perturbé demain avec seulement 8 TGV sur 10 en circulation selon Franceinfo. Les organisations syndicales ont annoncé que la grève serait reconduite tous les week-ends tant que la direction n’aura pas accéder aux revendications.

Alors que la pandémie est venue bouleverser l’organisation du plan de transport sur le territoire, ralentissant de fait l’offre et la demande, la SNCF cherche désormais à pérenniser, à installer dans la durée ces conditions de travail dégradées. Ce qui représente en réalité une énième attaque envers ce secteur. En ce sens, les grévistes exigent avant tout un retour au plan transport d’avant crise, et donc une revalorisation des salaires et des meilleures conditions de travail. En effet, comme l’indique Pierre*, délégué Sud Rail pour Révolution permanente avec le plan actuel de transport les « roulants » (conducteurs et contrôleurs) « perdent en moyenne 300 euros par mois, parce que tout est chamboulés et du coup ils ont moins de déplacement mais des amplitudes de travail beaucoup plus grande. Ils n’ont plus non plus de découché, c’est organisé pour qu’ils fassent tout en une journée ce qui leur fait perdre des prime car en réalité les conducteurs sont surtout payés à la distance et au kilomètre ». Pour Ouest France Julien Bécot, syndicaliste à Sud-Rail souligne qu’il y a un problème de manque de personnel : «  Concrètement, sur l’axe Atlantique, pour les TGV, il manque dix-huit personnes. Pour les TER, ce sont 10 à 15 personnes ». Lui aussi insiste sur la question des salaires : «  Les nouveaux embauchés en Bretagne perçoivent 17 900 € brut par an (soit 1 491 € par mois). En Pays de la Loire, ils touchent 19 000 € brut. »

Si cette grève est qualifiée de « surprise » par l’ensemble des médias, elle n’est en réalité une surprise que pour les usagers car la direction de la SNCF elle était bien au courant. En effet, cela fait déjà presque 2 semaine que les syndicats négocient avec la direction comme l’indique Sud Rail dans son communiqué : « Depuis des semaines, les organisation syndicale de l’Axe Atlantique ne cessent d’interpeller la Direction sur le mécontentement grandissant des conducteurs de TGV et de manœuvre avec des journées de conduite notoirement dégradées, un sous-effectif chronique, une désorganisation structurelle qui entraîne des conditions de travail dégradées, des refus de congés etc... » .

La grève qui mobilise largement promet de durer, Pierre* raconte notamment qu’« il y a un noyau très déterminé qui compte faire grève tous les week-ends tant qu’en face, la direction continue de jouer la stratégie du pourrissement ».

Conditions de travail dégradées, surcharge, salaires bas : la grève sur l’axe atlantique n’est pas sans faire écho à la colère des secteurs de la seconde ligne. Face à des patrons qui profitent de la crise pour pérenniser des conditions de travail dégradées, et pour licencier à tour de bras les réactions commencent à se faire sentir dans différents secteurs, et notamment dans les transports, à l’image de leurs collègues de Transdev, qui se battent depuis déjà sept semaines.




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