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TUI France. Face au plan de licenciements, rassemblement mardi 7 juillet à 11h à Levallois

Ce mardi 30 juin se tenait une assemblée générale des travailleuses et travailleurs de l'agence de voyage TUI France, pour s'organiser face au plan de licenciement massif qui prévoit de supprimer 583 emplois. Les 450 présents lors de cette assemblée virtuelle ont pu discuter de la mobilisation, et annoncé un rassemblement le 7 juillet à 11h devant le siège de l'entreprise à Levallois.

lundi 6 juillet

Un plan de licenciement massif

Mercredi 17 juin, la direction du groupe TUI France annonçait la suppression de 583 postes dans l’entreprise, soit 2/3 des effectifs. Avec un mépris total, la direction n’a même pas pris le soin de contacter les salariés pour leur annoncer la suppression de leurs postes, et ces derniers ont appris les licenciements dans la presse. Pour s’organiser contre ce plan, que le secrétaire CGT du CSE, Lazare Razkallah, n’hésite pas à décrire comme « un plan social à la Zola », 450 salariés étaient réunis mardi 30 juin. En effet, il s’agit pour la direction TUI France de supprimer un emploi sur 3, ce qui met en danger des familles entières. Or, le plan proposé aux syndicats la semaine dernière en CSE ne prévoit aucune indemnité de départ en plus de ce qui est prévu par la convention collective.

Lors de l’assemblée, les salariés ont commencé par rappeler que le PDG de TUI France Monsieur Van De Velde est actuellement au Maroc, ce qui témoigne du mépris qu’il adresse aux salariés. L’ensemble des organisations syndicales se sont accordées sur le fait qu’il était intolérable de discuter avec quelqu’un qui était si éloigné de la réalité des salariés. Les organisations syndicales ont ensuite raconté leur rendez-vous avec le ministère de l’Économie, précisant aux salariés que Van de Velde n’a jamais demandé de prêt garanti par l’Etat, partant du principe que l’entreprise n’était pas éligible. C’est donc en avançant l’argument de la rentabilité du groupe que l’entreprise a annoncé 583 licenciements.

Face à « l’incompétence de Van de Velde », le secrétaire CGT Lazare Razkallah a jugé bon de s’adresser à M. Bruyninckx, patron de la Western Region pour le groupe TUI, dans une lettre ouverte. En effet, en tant que directeur régional, il est celui qui décide l’avenir des entreprises et donc des salariés, et qui peut changer la donne à TUI France. Or, les 1.8 milliards d’euros qu’ont alloué les banques allemandes à l’entreprise multinationale n’iront qu’aux groupes éligibles. Pour le groupe français, seule une centaine de millions d’euros ont été lâchés de ce prêt, pour financer ce plan social d’ampleur. Puisque le siège de TUI se trouve à Bruxelles, les salariés ont pu discuter d’une éventuelle action devant le siège de la capitale belge : « s’il faut monter à Bruxelles pour secouer le cocotier sur place, on ira ».

Un mépris en continu

Si le plan de licenciements massif vient témoigner de la préoccupation de la direction envers les salariés, lors de l’assemblée générale, les salariés sont revenus sur leurs conditions de travail actuelles qui viennent témoigner du même mépris. En effet, du jour au lendemain, on demande à des salariés de ré-ouvrir les agences qu’ils animent, avec des effectifs extrêmement réduits, ce qui soumet les salariés à des cadences infernales. Pendant l’assemblée générale, certains témoignent : « Tous les collègues qui vont retourner travailler, on va subir. » En effet, le ménage n’ayant pas été fait dans les agences, certains salariés expriment leurs inquiètudes : « On sait que le virus et la clim ne font pas bon ménage ». C’est donc la boule au ventre que les salariés retournent travailler, en effectif réduit et devant faire face à toutes les angoisses des clients qui voient leur voyage s’annuler. Une salariée explique en ce sens : « Les décisions qui sont prises aujourd’hui pour les clients, le fait de ne toujours pas savoir si les clients vont partir le 2 juillet ou le 5 juillet, nous dans notre travail on aurait choisi comment faire on l’aurait bien fait, mais là on exécute des ordres ».

Afin de faire mine de se soucier de ses salariés, une cellule psychologique a été mise en place dans l’entreprise. Le problème, c’est que la boîte en charge du soutien psychologique des salariés est elle même accusée de les maltraiter. En effet, le groupe « PSYA » connaît de multiples plaintes de ces salariés pour pression de leur direction. « On t’enlève ton job et ta vie, et on veut que tu sois rassuré parce que tu peux discuter avec des gens eux-mêmes sous pression » ironisent les salariés évoquant cette situation.

Cependant, tout ce dédain ne décourage pas à se battre jusqu’au bout. « Nous on est au service carnets de voyage, on n’a pas de 13eme mois, on a rien du tout. Pour moi, cette direction, elle nous manque de respect et il faut lui montrer qu’on est là » intervient ainsi une salariée. Il serait inacceptable de laisser passer de telles attaques sans se mobiliser. Pendant l’assemblée générale, les salariés ont pu en ce sens organiser les prochains rassemblements prévus, notamment celui du 7 juillet, devant le siège de TUI France à Levallois. Ils ont décidé d’afficher sur chacune de leurs agences, pour ceux qui travaillent, des tracts permettant d’informer les clients de leur situation. Les salariés ont également pu discuter de comment gagner des soutiens extérieurs, comment visibiliser leur lutte au-delà de leurs clients pour faire de leur mobilisation une mobilisation générale contre les licenciements.

« On va pas se laisser faire et on ira jusqu’au bout »

Le sénateur communiste Fabien Gay, en charge du dossier « plan social TUI France » au Sénat et aux Ministères de l’Économie et du Travail, est intervenu dans l’assemblée générale pour apporter son soutien aux salariés, inscrivant la bataille des salariés de TUI France dans la bataille générale contre les licenciements et les baisses de salaires. En effet, la bataille des salariés de TUI France s’ancre dans un contexte social et économique convulsif : partout, on veut faire payer la crise aux salariés.

Dans un tel contexte, les salariés de TUI France insistent sur la nécessité de s’organiser tous ensemble pour instaurer un rapport de force. « Évitons de nous diviser pour faire le jeu de la direction, et on ne lâchera rien » expliquent ainsi de nombreux salariés. De son côté, le secrétaire syndical, Lazare Razkallah insiste à plusieurs reprises sur l’importance de la mobilisation des salariés. Il s’exprimait ainsi : « La direction, si elle a que les syndicats en face d’elle au CSE, elle est dans son confort. Alors que si les salariés débordent les syndicats avec des actions et en faisant du bruit, c’est là que la direction a peur. Quand j’ai dit à la direction que les syndicats se faisaient déborder par la base, c’est là qu’ils ont eu peur. Il faut être Gilet Jaune, une poignée de salariés qui a fait peur à la république, qui a fait peur à Macron alors que les syndicats essayaient depuis des années. Il faut se comporter en Gilets Jaunes. ».

Ainsi, l’assemblée générale, qui a rassemblée un grand nombre de travailleuses et de travailleurs, est un premier pas pour construire un rapport de force conséquent. Comme le souligne Lazare Razkallah, la radicalité des Gilets Jaunes qui est venue bousculer les routines syndicales et dont on a pu voir les effets dans le phénomène de « gilet-jaunisation » de différents secteurs du mouvement ouvrier - à la RATP pendant la grève de cet hiver ou encore à Derichebourg, sous-traitant de l’aéronautique, il y a quelques semaines – pourrait avoir des conséquences explosives dans la période à venir.

Du côté de TUI France, les salariés se rassembleront e 7 juillet à 11h devant le siège de l’entreprise à Levallois. Le but de ce rassemblement : « faire du bruit » pour montrer à la direction qu’ils ne se laisseront pas marcher dessus. « Pour que la direction n’ait pas le dernier mot, il faut renverser la table » notait en ce sens un salarié. Soyons nombreux pour les soutenir, et montrer que face au plans de misère du gouvernement et du patronat, la réponse sera collective !




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