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Politique

« Ils bastonnaient tout les mecs qui sortaient »

Gilets jaunes tabassés dans un Burger King : nouvelle enquête complaisante de l’IGPN

Il y a maintenant un an, lors de la manifestation des Gilets Jaunes du 1er décembre, sortait une vidéo d’une rare violence. Réfugiés dans un Burger King, des manifestants levant les bras en l’air s’étaient alors fait rouer de coups par des policiers. L’enquête préliminaire de l’IGPN concernant ces violences policière vient de se conclure et témoigne une fois de plus du rôle de la « police des polices » : couvrir les policiers à tous prix.

mercredi 27 novembre

Crédit Photo : HZ Press/Nicolas Mercier

La vidéo, publiée il y a un an par Hors-Zone Press, avait fait scandale.
Deux photo-reporters de libération, présents au moment des faits comme le précise, racontent la scène. Des manifestants, certains à terre, d’autres levant les bras en l’air, avaient alors reçu de nombreux coups de matraques et de coups de pieds par une compagnie de CRS. Les policiers avaient alors tiré vers la sortie les Gilets Jaunes les obligeant à passer devant une véritable « haie de CRS », qui « bastonnaient tout les mecs qui sortaient », comme le décrit l’un des journaliste. Pourtant, celui ci affirme que « la situation, elle était, finalement, assez paisible », les gilets jaunes s’étaient réfugiés dans le fast-food pour se protéger des gaz, extrêmement violents ce jour là. Le journaliste qui filmait la scène s’est vu brutalement chassé par un policier, qui lui a alors dit : « j’en ai rien à foutre, casse toi, casse toi, dégage » avant de lui mettre un coup de pied.

Une enquête de l’IGPN plus que partielle

L’IGPN a mis près d’un an avant de rendre son enquête préliminaire. Malgré le temps de l’enquête tous les policiers incriminés n’ont pas été interrogés, alors même que les noms de 14 CRS de la compagnie sont connus. En effet, d’après Le Monde qui a eu accès au dossier : « Sur les 14 fonctionnaires qui ont pénétré dans le fast-food, seul le capitaine a été interrogé », ainsi que le commandant divisionnaire présent au moment des faits. Ceux-ci arguent, du fait de la confusion de la vidéo, qu’ils sont incapables de reconnaître les policiers qui frappent les manifestants, puisque « les lanceurs de balle de défense (LBD) ont circulé de main en main, et que les chasubles ont été intervertis à plusieurs reprises ».

Est-il vraiment possible, pour un capitaine de compagnie, de ne pas reconnaître le moindre de ces propres hommes, alors que sur la vidéo plusieurs ont le visages découvert ? Il semblerait surtout que la « police des polices » ait volontairement évité le sujet, puisque l’un des policiers présent aurait, toujours d’après Le Monde, été « clairement identifié par l’enquête », mais pas « auditionné pour autant ». Alors que les procès de gilets jaunes s’enchaînaient à une vitesse effarante, avec une quantité impressionnante de comparutions immédiate -près de 1500-, qui pour 40 % d’entre elles ont débouché sur des peines de prison ferme, les policiers identifiés sur la vidéo ne sont même pas auditionnés. Alors même que les « enquêteurs » ont qualifié les actes d’ « injustifiés » .

Si l’IGPN ne se presse pas pour retrouver les policiers mis en cause, elle s’attarde en revanche sur les prétendus raisons qui aurait « poussé » les CRS à commettre ces violences. En effet, d’après le commandant divisionnaire présent, ceux-ci étaient « exténués par rapport à toute cette longue journée et par rapport aux agressions que nous venions de subir », qualifiant les manifestants qu’ils avaient réprimé plus tôt dans la journée de « casseurs guidés par une volonté d’homicide », ainsi que d’« enragés ». Le capitaine de la compagnie déchargeant ainsi ses collègues, car « en fin de journée, compte tenu des événements survenus et de la fatigue des fonctionnaires, plusieurs coups de matraque sont nécessaires ». Ainsi donc ce passage à tabac gratuit et violent de manifestants pris dans les gaz s ’expliquent par un peu de fatigue des CRS.

Comme le révélait une enquête médiapart, l’impunité policière, loin d’être une exception, est en réalité une véritable stratégie de protection judiciaire de ses agents. Que ce soient des gilets jaunes frappés, gazés ou mutilés gratuitement, des jeunes de quartiers populaires tués par la police, ou encore de la mort de Steeve cet été, l’IGPN tente de blanchir systématiquement les policiers mis en cause. Ce rapport d’enquête, loin d’une quelconque impartialité, liste avec précision les violences commises ce jour-là et pour unique conclusion vient une fois de plus, blanchir les policiers.




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