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Politique

Une miette de plus

Taxe d’habitation, contrats courts : Macron jette des miettes sous pression des appels à la grève générale

C’est lors d’un « débat citoyen » organisé dans la Drôme que Macron a confirmé la suppression de la taxe d’habitation au cours des prochaines années, ou encore les soi-disant bonus-malus sur les contrats courts que le MEDEF comptait sucrer. Si ces mesures étaient remises en doute par diffèrents membres du gouvernement, cette annonce à quelques jours de l’acte XI des gilets jaunes illustre, en définitive, la pression exercée sur le gouvernement suite aux différents appels à la grève générale. Une peur de la coagulation ?

jeudi 24 janvier

Photo : Ludovic MARIN / AFP

Cette semaine, Macron a continué son tour de France des débats, dans l’espoir de créer de l’engouement autour de son « grand débat ». Cette semaine le président visitait la Drôme où il s’est invité à un des fameux « débats citoyens ».

Confirmation de la suppression de la taxe d’habitation

C’est en répondant à un des participants qui se plaignait de la hausse de la taxe d’habitation dans sa commune qu’Emmanuel Macron a annoncé « que plus personne ne la paiera, elle sera supprimée en « trois bouts ». Il met ainsi un terme aux tergiversations de Bruno Le Maire et Sébastien Griveaux. Il faut surtout noter qu’à quelques jours d’un nouvel acte de la mobilisation des Gilets Jaunes, cette annonce sonne comme une miette de plus lâchée.

Pendant son intervention Macron a dénoncé la taxe d’habitation comme « étant le plus injuste socialement » justement car elle n’est pas liée aux revenus mais à la surface des logements et aussi parce que le taux d’imposition dépend de la commune. Une façon pour Macron de répondre à la pression des Gilets jaunes sur le terrain de l’« injustice fiscale ».

Jeu des vases communicants…

Pour la « financer » le gouvernement ne créera pas de nouvel impôt a-t-il affirmé. Deux pistes ont été évoquées, soit la possibilité d’octroyer « une part d’impôt sur le revenu aux communes, soit celle de donner une part de CSG aux départements. » Autrement dit, ni impôt sur le contribuable ni bien évidemment sur le capital. La conclusion est simple : le jeu habituel des vases communicants. Les Gilets jaunes et le monde du travail paiera pour ses propres cadeaux.

Pour confirmation, Macron a aussi insisté sur le fait que toutes ces miettes devront se traduire par une réduction des services publics. En effet, il a balayé d’un revers de la main les propositions de l’assemblée pour répartir les impôts différemment en insistant que cela reviendrait à « augmenter les impôts ». Il est donc exclu de revenir sur des mesures telles que le CICE qui ne cesse d’augmenter ou encore la suppression de l’ISF qui sont pourtant au cœur des revendications des Gilets Jaunes.

Bonus et malus sur les contrats courts : la peur de la jonction entre Gilets jaunes et salariés ?

Deuxième dossier, sur lequel Macron a tenté de déminer le terrain, celui du monde du travail et des contrats précaires. Ainsi, Macron a réaffirmé sa détermination à mettre en place un « bonus-malus » pour soi-disant baisser le nombre de contrats courts. Il a affirmé : « aujourd’hui, il y a une négociation sur toute la réforme du chômage. On a mis la proposition bonus-malus et moi je souhaite qu’on aille au bout, branche par branche, parce que c’est vertueux ».

« Les entreprises qui ne prennent que des intérimaires, en quelque sorte, elles s’habituent à prendre des gens qu’elles ne vont pas former dans l’entreprise [...]. Elles externalisent la précarité », a-t-il expliqué. On y croirait presque si dans le même temps, il n’avait pas donné 40 milliards d’euros, sans aucune contrepartie, en CICE aux grandes entreprises…. Quoiqu’il en soit, il s’agit de tenter de s’adresser aux directions syndicales sensibles à l’argument. Une manière de désamorcer un appel à la grève générale qui a un écho certain au sein des Gilets jaunes comme de franges du salariat ?




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