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"Wakit Tama"

Tchad. Tirs à balles réelles, grenades, des manifestants tués par la junte militaire alliée de la France

Mardi 27 avril, selon les autorités au moins deux personnes sont mortes au Tchad lors de manifestations contre la junte militaire qui a pris le pouvoir après la mort d’Idriss Déby il y a tout juste une semaine. Des ONG et associations locales comptent près de 10 morts.

mardi 27 avril

Selon différentes sources, deux personnes ont été tuées par la police dans le sud du pays à Moundou. Une dépêche de l’AFP indique que la Convention tchadienne de la défense des droits de l’homme dénombre, pas moins de 7 morts à N’Djamena ce jour et plus de 36 blessés et une dizaine d’arrestation. La police tire donc à balles réelles sur les manifestants et en bonne gardienne du pouvoir réprime les manifestants dans le sang.

Depuis quelques jours, des appels à manifester ont été lancés par des partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile. En effet, depuis la mort d’Idriss Déby le 20 avril 2021 à la suite de ses blessures lors de combats contre des rebelles dans le nord du pays, son fils le général Mahamat Idriss Déby a pris la tête du Conseil militaire de transition (CMT). Si le CMT a annoncé la tenue d’élections dans le pays d’ici 18 mois, les manifestants ne sont pas dupes, et expriment leur ras-le-bol d’une dynastie monarchique en place depuis 1990 ainsi que de l’impérialisme français qui ne fait que l’entretenir pour maintenir ses intérêts dans la région. Ils exigent la dissolution du conseil militaire de transition qu’ils considèrent comme « illégal et illégitime adoubé par la France ». De nombreux manifestants portent des pancartes réclamant la fin de la Françafrique et de l’impérialisme français au Tchad.

En effet, le vendredi 23 avril Emmanuel Macron était accouru aux funérailles du pantin de l’impérialisme français Idriss Déby. Aujourd’hui, dans un communiqué commun avec le Président de la République démocratique du Congo , Félix Tshisekedi, le chef d’Etat affirme qu’il condamne « fermement la répression des manifestants au Tchad » avec la plus grande hypocrisie. Il rappelle son soutien à un processus de « transition inclusif, ouvert à toutes les forces politiques tchadiennes » alors que les services de renseignement et l’armée française avait aidé Idriss Déby à prendre le pouvoir lors du coup d’Etat de 1990.

En dernière instance, E.Macron défend surtout bec et ongles les intérêts de l’impérialisme français qui souhaite que la « transition » se fasse avec le moins de sursauts possibles et surtout en alliance avec Paris pour s’assurer le soutien militaire du Tchad, pierre angulaire dans la protection du dispositif militaire français au Sahel, en Afrique centrale et de l’ouest qui reste son pré-carré colonial ancestral.




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