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Politique

« Là c'est juste l'extrême-droite qui frappe tout le monde. »

Témoignage. A Paris, un groupe d’extrême-droite a attaqué des Gilets jaunes

« Les Gilets Jaunes ont compris que c'étaient des fachos et ils ont répliqué. » Présents en arrière du cortège, les militants anti-fascistes n'étaient pas visibles lorsqu'une soixantaine de militants d'extrême-droite s'en sont pris violemment à des Gilets Jaunes.

samedi 26 janvier

Manifestant 1 : « Donc on était dans la rue de Bercy, on venait de passer le ministère des finance, Gare de Lyon. C’était un cortège banalisé, que des Gilets Jaunes. En arrière du cortège quelques militants, anars, dont moi, on était pas visibles du devant du cortège. Un groupe d’une soixantaine – minimum – de fachos, néo nazis qui a déboulé et qui chargé le cortège sur minium une trentaine de mètres avec chaines, barres de fer, pavés, bâtons etc., ils étaient vraiment équipés, très déterminés, très violents ils ont chargé longuement et il y a eu pas mal de blessés, blessés plus légers, blessés plus sévères, un mec avec la bouche défoncée qui a perdu connaissance, qui a été récupéré par les pompiers. »

Révolution Permanente : Ils ont tabassé des Gilets Jaunes ?

« Oui, c’était vraiment que des Gilets Jaunes sur le devant. D’ailleurs après on a beaucoup parlé avec eux et il n’y avait pas d’associatif, de militants, pas NPA, pas de camarades autonomes. Donc, vraiment, l’hypothèse qu’ils auraient reconnu des gens sur le devant et qu’ils auraient décidé de charger à ce moment-là ne tient vraiment pas. Nous on était vraiment sur l’arrière, c’est pas du fait d’une identification de militants particulièrement détestés. Donc c’est assez incompréhensible au niveau stratégique. Et on a entendu parler, avec ces Gilets Jaunes, qui nous disaient, « ils fonctionnent mains dans la main à la police et ils font ça pour décourager de poursuivre le mouvement. Moi je trouve ça assez pertinent, par que je vois pas d’autres explications. Ce qui est aussi est aussi assez étonnant, quand on a traversé la rue de Bercy, c’est qu’ on a pas vu un seul flic. Pas un seul gendarme, pas un seul CRS. On s’attendait au contraire à ce que la rue soit plus chargée saturée de forces de l’ordre. Et y avait rien. »

Révolution Permanente : Et ceux qui ont chargé, ils avaient mis des Gilets Jaunes ou pas ?

« Sans dire de bêtises, je crois qu’il y en avait quelques-uns avaient mis des Gilets Jaunes. Ce qui m’a fait bizarre, c’est qu’il y avait des personnes avec des cagoules noires. Mais c’étaient des têtes connues, on a en reconnu beaucoup du Bastion Social, les Zouaves, le GUD. »

RP : Et Ils ont dit des insultes ? Parce sur le cortège du NPA ils ont dit « la bise à Clément »

[NOTE : référence à l’agression quelques heures plus tot du cortège du NPA par des militants d’extreme-droite, qui ont prononcé « la bise à Clément », référence à Clément Méric, assassiné par un militant d’extreme-droite]
« Non, non, on les a entendus gueuler, crier, des gens qui nous disaient de courir. On a juste reculé, mais comme la charge était vraiment longue, on a fini par courir. On n’a pas entendu, ça criait seulement. Après quand ils ont reculé, quand on a vu qu’il y avait quelqu’un à terre, on s’est tout de suite avancés. Là il y a eu des invectives. Mais ils ne sont pas revenu sur nous, ce que je trouve un peu bizarre aussi […]. On a déjà eu affaire à eux une demie heure avant l’agression. Au niveau de Jussieu, ils ont agressé un très jeune camarade, qu’apparemment ils ont identité comme antifa, ils l’ont jeté à terre, c’était assez violent, quelques personnes se sont interposées, puis ils se sont constitués : on a vu un groupe de 40, balèzes, cranes rasés, et ils cherchaient les militants antifas et anars […]. En fait ils chassaient, et ils ont pris le devant du cortège. »

Personne 2 : « Ils ont tapé en même temps les Gilets Jaunes. Les Gilets Jaunes ont compris que c’étaient des fachos et ils ont répliqué. Quand les Gilets Jaunes ont compris que c’étaient des fachos, ils ont commencé à bien avancer et là les fafs [fascistes] se sont cassés. »

Personne 1 : « ça fait plusieurs manifs qu’ils viennent et personne ne fait rien, parce qu’ils sont trop nombreux. Les gens pensent que c’est juste des casseurs. »

Personne 2 : « Il y a quand même une mauvaise compréhension chez les gens de ce qui se passe.

Personne 1 « Là c’est juste l’extrême-droite qui frappe tout le monde. »




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