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Bordeaux

Témoignage. A la blanchisserie du CHU, on « lave des surblouses à usage unique »

Marie Laure Charchar, Secrétaire générale CGT blanchisserie du CHU de Bordeaux, témoigne des conditions sanitaires dans lesquelles elle doit travailler.

mercredi 15 avril

Crédits photo : DDM / Jean-Michel Mazet

À la blanchisserie du CHU de Bordeaux, nous aussi nous travaillons. Nous travaillons pour subvenir aux besoins des patients et des soignants. Nous sommes, comme on nous appelle ces temps-ci, les héros de l’ombre. Et oui à l’hôpital, il y a aussi de la logistique.

Depuis l’annonce du confinement, nous, syndicaliste CGT, demandons des protections individuelles pour pouvoir travailler sereinement, en toute sécurité et de ne rien ramener à la maison. Mais apparemment nous demandons trop, masques et gants ne nous seront pas fournis. Pour notre direction, sous couvert de la médecine du travail, nous ne sommes pas directement près des patients contaminés donc pas besoin de protections, pourtant nous traitons leurs linges sales.

Notre santé a si peu de valeur ? Nous sommes assez essentiel pour leur fournir du linge, mais pas assez pour figurer en première ou deuxième ligne, car oui nous personnel hospitalier du CHU de Bordeaux sommes classés par ligne, comme au front. Il a été commandé en express des masques en tissu confectionnés pour 60 000€, mais le hic c’est que ces masques ne sont pas arrivés confectionnés. Une dépense encore pour rien, alors qu’on nous dit que l’hôpital est en déficit et manque de moyen financier et personnel, du flan comme d’habitude. Nous avons aussi demandé, nous syndicaliste CGT, que notre service Couture de la blanchisserie réouvre pour confectionner masques et surblouses ; réponse de notre Direction : non elle reste en confinement. Où est l’erreur ?

De plus, nous apprenons, il y a de cela 15 jours maintenant, qu’il nous est demandé de retraiter les surblouses à usages uniques pour les soignants(la société que nous avons contacté nous a bien spécifié qu’en aucun cas c’était réutilisable). Là c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et on a été menacés de sanction disciplinaire pour non respect des ordres.

On est si peu respectés, notre santé a encore si peu de valeur ? On en est arrivés à ce point là, laver des surblouses à usage unique, ne pas fournir des masques ni gants car l’Etat est incapable de protéger le personnel hospitalier qui soit soignant, buandier, cuisinier, jardinier, ASH ou autres soi disant remarquables et dévoués.




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