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Notre classe

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Témoignage. "En France, on ne te teste pas. Même quand tu as tous les symptômes !"

En France, on te prend en charge uniquement quand tu es en détresse respiratoire avérée. Sinon, on te refuse. Même si tu as tous les symptômes et que ta situation empire jour après jour. Et, surtout, on ne te teste pas.

mercredi 18 mars

A la rigueur, on te met sur une liste de suivi médical par internet de l’APHP. C’est la catégorie intermédiaire entre ceux à qui on dit « restez chez vous et prenez du paracétamol » et ceux qu’on hospitalise. Mais comme tous les services sont saturés, on perd ton dossier dès le lendemain.

Après une nuit particulièrement difficile, une fièvre qui monte, une faiblesse physique grandissante et l’impression d’un sifflement quand on respire, on appelle de nouveau le 15, et on insiste pour être visité. Quelqu’un arrive. On regarde ton état, on décide de t’embarquer car tu as des antécédents de pneumopathie aigüe datant d’il y a à peine quelques mois.

Direction les urgences de Bichât car soi-disant, eux, « ils pratiquent des test ».

Une fois sur place, tu vois une infirmière et un médecin. On t’explique que si ta ventilation est bonne, que tu n’es pas en insuffisance respiratoire (indépendamment de la fièvre, des maux de tête, de la toux sèche, etc.) on ne peut rien te faire. Ni radio ni scan. « Ça coûte trop cher », dixit l’infirmière…

Le toubib t’ausculte les poumons. Peu importe que le Covid-19 donne des cas de pneumopathies qui ne sont pas détectables de cette façon selon des médecins italiens qui procèdent à des scanners systématiques. « On ne peut rien faire d’autre ».

Du coup, on te renvoie chez toi. « Revenez si vous êtes en détresse respiratoire ». On ne te fait pas passer de tests. « C’est trop couteux ».

De l’avis de tous, le plus probable est que tu aies bien le Covid-19. Mais comme on ne t’a pas testé positif, on te renvoie chez toi « à pieds ou avec les transports, Monsieur ».

Ah, et on ne te fait même pas d’arrêt de travail.

Bref, c’est sidérant. L’ensemble du protocole est plus que déficient pour faire face à une pandémie de ce type. Le résultat des politiques d’austérité à l’hôpital depuis des décennies…