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Covid_19

Témoignage. Envoyés au front sans protection, les agents de sécurité épuisés et stressés

L'heure est grave, l'heure est très grave, avec déjà des décès liés au Covid_19 pour le personnel des entreprises de sécurité privées.

jeudi 26 mars

Photo : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP

Le COVID 19 embrase le pays à petit feu, une pandémie invisible qui gagne du terrain chaque seconde. Cette crise sanitaire fera de certaines catégories sociales des boucs émissaires. Il ne nous a pas fallu attendre un discours obsolète pour nous préparer à une guerre avide et sans merci envers l’être humain. Il en ressort que, le corps médical, les agents de nettoyage, les salariés du commerce, des transports publics, les agents de sécurité et tant d’autres partent à la bataille contre le COVID-19 sans demander leur autorisation. Rendons-nous à l’évidence, la loi du marché prime sur la loi de vivre.

Le paysage médiatique focalise son intérêt sur le corps médical, ce que je comprends parfaitement et sans réserve, puisqu’ils sont, médecins, infirmier(es), aide-soignant(es), ambulanciers, et donc dans la ligne de mire face au COVID-19. Hélas, je ne peux que déplorer le manque manifeste d’attention envers notre métier qui continue à honorer les missions au quotidien telles que le filtrage des clients des supermarchés, assurer la sécurité des personnes dans les lieux publics et privés...

Les agents de sécurité au front contre le COVID-19, sans aucune protection

Comme tant d’autres, notre métier a été impacté par l’incompétence des dirigeants vis-à-vis du coronavirus. A l’heure actuelle, les salariés de la prévention sécurité sont épuisés, stressés et mis sous pression par leurs directions qui n’ont pas su assurer face à cette pandémie. Force est de constater que les entreprises de sécurité manquent à leur devoir de protection des salariés, à savoir garantir l’application des mesures barrières sur le terrain. Malgré le professionnalisme des agents de sécurité qui sont au front contre le COVID-19, les patrons de ce secteur courent derrière le profit en faisant passer la santé des employés au second plan.

Dans la plupart des cas, les agents de sécurité se retrouvent sans aucune protection, ni gel, ni gants, ni masque. Lorsqu’ils dénoncent ces manques auprès de leur hiérarchie, tout ce qu’ils reçoivent ce sont des pressions téléphoniques et des représailles sur leurs plannings de travail. De plus, le manque de communication et l’absence de supérieurs sur le terrain accroît le désarroi des agents et le sentiment d’être délaissés par une hiérarchie peu soucieuse de leur sort.

Cette défaillance a provoqué des droits de retrait. Là encore, certaines directions ont répondu par une fermeté irresponsable en refusant de reconnaître les droits de retrait, un droit pourtant consacré par le code du travail. Par ailleurs, les droits de retrait et arrêts pour garde d’enfants ou pour les salariés vulnérables ont conduit à une surcharge de travail considérable pour les salariés de ce secteur qui restent en fonction.

Il me paraît opportun de souligner que, pendant cette crise, il est demandé aux agents de sécurité de faire le ménage en désinfectant les postes de travail. Pire encore, les donneurs d’ordre les obligent à prendre la température des personnes sur les lieux de prestations. Ainsi, des agents de sécurité doivent faire des interventions sur des victimes, malgré le manque de masques. Sans oublier que des agressions ont été enregistrées sur les salariés de la sûreté, surtout dans les supermarchés.

Pour la CGT, la santé n’a pas de prix !

Comme à l’accoutumée, les patrons ont emprunté la voie des mesurettes et ce, avec la complicité du gouvernement. Ils profiteront sûrement de cette crise pour légiférer par voie d’ordonnance, la mise en place des 60 heures hebdomadaires, qui auront pour effet de réduire les défenses immunitaires. Pire encore, ils ne demanderont même pas l’avis d’aptitude de la médecine du travail pour les salariés effectuant les 60 heures.

Quant à la mise en place d’une prime coronavirus, quel qu’en soit le montant, notre organisation ne peut que dénoncer cette prime de la honte, prime de la mort octroyée aux salariés contraints d’affronter une épidémie sans moyens, et ce contre leur gré. Par ailleurs, la CGT demande et milite pour une revalorisation des salaires et une considération de nos métiers.




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