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Monde

Communiqué du PTS

Tentative de meurtre contre Cristina Kirchner : condamner l’attentat, refuser l’unité nationale

Ce jeudi, la vice-présidente argentine Cristina Kirchner a échappé de justesse à un attentat à l’arme à feu. Suite à cette attaque que nous condamnons, le président a appelé à l’unité nationale. Nous relayons ici la position du PTS argentin face à l’attentat.

vendredi 2 septembre

Ce jeudi soir, alors que Cristina Kirchner saluait ses sympathisants venus à la soutenir à proximité de son domicile alors que celle-ci fait face à un procès pour corruption instrumentalisé par la droite, la vice-présidente argentine a échappé de justesse à un attentat. Un homme a en effet braqué sur elle une arme à feu qui s’est enrayée.

La lumière n’a pas encore été entièrement faite sur l’auteur de l’attentat, mais celui-ci a été un choc dans le pays. Quelques heures après, le président argentin a appelé à l’unité nationale derrière Cristina Kirchner tandis que la CGT a appelé à la mobilisation ce vendredi matin.

Nous reproduisons ici la position de nos camarades du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS) argentin qui condamne fermement l’attentat, demande que les faits soient éclaircis et refuse les appels à l’unité nationale.

Communiqué de la commission politique du PTS :

Ces dernières heures, la tentative d’attentat contre Cristina Kirchner a bouleversé le pays. Les événements ont eu lieu ce jeudi soir. L’agresseur a été identifié comme étant Fernando André Sabag Montiel. Selon les premières informations publiées il porterait des tatouages liés à la symbolique de l’extrême droite. Les événements se sont déroulés dans le contexte de forte tension politique et d’appels à la mobilisation après que le procureur Diego Luciani ait requis 12 ans de prison et l’interdiction pour la vice-présidente d’exercer des fonctions publiques pour « l’affaire de la route ». Une offensive que nous avons dénoncé, en soulignant que l’on ne combat pas la corruption par la persécution politique menée par la caste judiciaire.

Du côté de la gauche, le PTS, par l’intermédiaire de ses principales figures, a rapidement condamné l’attaque contre la vice-présidente, exigeant un éclaircissement rapide sur ce qui s’est passé. La députée nationale Myriam Bregman a déclaré sur son compte Twitter qu’elle exprimait « toute sa condamnation de l’attaque contre Cristina Fernández de Kirchner ». De son côté, Nicolás del Caño a fait de même en communiquant « notre répudiation de l’attaque avec une arme à feu contre le vice-président CFK ». Alejandro Vilca, également député national, a également exprimé sa « condamnation la plus énergique de l’attaque contre la vice-présidente CFK ». Des expressions allant dans le même sens ont été formulées par les autres partis qui composent le Frente de Izquierda Unidad.

Dans la tradition du marxisme révolutionnaire, nous, au PTS, condamnons cette tentative d’assassinat sans la moindre hésitation. Notre condamnation la plus énergique et notre demande de clarification ne nous conduisent cependant en aucun cas à nous associer à l’appel à la mobilisation de ce vendredi, lancé par le président Alberto Fernández à la télévision nationale (et dont se font l’écho les dirigeants syndicaux et étudiants pro-gouvernementaux). Dans son bref message, le président a déclaré qu’il décrétait un jour férié afin que « dans la paix et l’harmonie, le peuple puisse s’exprimer pour défendre la vie, la démocratie et la solidarité avec notre vice-présidente ». Il a également appelé « tous les Argentins, hommes et femmes, tous les dirigeants politiques et sociaux, les médias et la société en général à rejeter toute forme de violence. »

Nous rejetons la tentative d’utiliser politiquement la juste condamnation de l’attaque pour appeler à l’unité nationale (au nom de la défense de la « paix sociale et de la démocratie »), c’est-à-dire à l’unité entre ceux qui subissent des mesures d’austérité brutales et ceux qui les appliquent, en appelant les travailleurs et les pauvres à la concorde avec les partis du régime capitaliste et avec les chambres de commerce qui exploitent, précarisent, licencient les travailleurs et condamnent le pays au retard et à la domination.

Dans la bouche d’Alberto Fernández, l’appel à la « paix sociale » ne signifie rien d’autre qu’un appel à la conciliation avec le gouvernement, la droite et les hommes d’affaires. C’est-à-dire avec ceux qui exécutent aujourd’hui les plans d’austérité pour le FMI, avec Sergio Massa à la tête du ministère de l’Économie. Avec ceux qui, poursuivant l’œuvre de Mauricio Macri, ont conduit au désastre social actuel avec plus de 17 millions de personnes sous le seuil de pauvreté dans le pays et une inflation qui frappe les secteurs populaires, tout en continuant à légitimer l’escroquerie de la dette publique, qui profite aux hommes d’affaires bénéficiant d’avantages fiscaux et continuant de récupérer à la pelle les entreprises privatisées, ainsi qu’aux propriétaires fonciers et aux spéculateurs.

Avec le PTS, nous ne défendons pas cette « harmonie » dont les marchés et les puissants profitent chaque jour, mais qui affame les travailleurs, brisant toutes les promesses qui leur ont été faites. Pour ces raisons, nous exprimons notre condamnation la plus énergique de l’attaque et exigeons l’éclaircissement des faits, mais en même temps nous disons très clairement que nous ne marcherons pas pour « l’harmonie » avec les partis du régime capitaliste qui appliquent les plans du FMI, ni avec les patrons exploiteurs.



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