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Tests covid-19 : le gouvernement a attendu avril pour lancer un groupe de travail

Le gouvernement n'a cessé de montrer depuis le début de la crise sanitaire son amateurisme dans sa gestion de la crise du Covid-19, Médiapart et le Canard Enchaîné le soulèvent à nouveau. C'est seulement au mois d'avril que le gouvernement Macron a lancé un audit sur la question des tests de dépistage. Retour sur une gestion criminelle de la crise sanitaire .

mercredi 29 avril

Crédit photo : AFP

Si l’ensemble du corps médical recommande depuis plusieurs mois, comme solution la plus efficace face à l’épidémie une généralisation des tests sur l’ensemble de la population, on voit aujourd’hui que gouvernement a choisi une toute autre voie. Un rapport sorti par l’ Organisation de Coopération et de Développement Economiques ( OCDE) montre qu’au 28 avril le retard de la France est conséquent avec un taux de 9,1 personnes testées pour mille. Pourtant c’est dans ces conditions que le gouvernement veut imposer à partir, du 11 mai la reprise à marche forcée de l’économie, en renvoyant les enfants à l’école et en poussant les travailleurs à retourner au travail.
 
Derrière ces chiffres édifiants, qui font du gouvernement de Macron le dernier de la classe dans sa gestion de la crise sanitaire, c’est l’incurie du gouvernement qui se révèle par une gestion de la crise particulièrement hasardeuse.

Le gouvernement a mis plusieurs mois avant de créer une cellule de réflexion sur les tests

Fin mars, soit plus de trois mois après que Wuhan soit mise sous confinement obligatoire, Macron et ses ministres n’ont toujours pas commencé une réflexion pour mettre en place le dépistage de la population. Plus affligeant encore, une enquête de Médiapart, le 29 mars, révèle que le gouvernement fait le choix de laisser sans réponse l’offre de laboratoires vétérinaires proposant de de réaliser des tests massifs pour le covid-19.

Pourtant dès le 15 mars, soixante- quinze laboratoires d’analyse départementaux proposent de fournir sous un délai de quinze jours entre 150 000 et 300 000 tests PCR par semaine. L ’explication fournie alors par les services d’Olivier Véran, qui refusent de répondre aux questions, tient en une formule, répétée par le Premier ministre : « C’est à l’étude. […] Nous avons des normes réglementaires à respecter. »

Selon Médiapart, un premier groupe de travail est alors lancé sous la direction de l’Elysée, lors de la dernière semaine de mars, animé par l’inspecteur des finances Vincent Lidsky, afin de « commencer à identifier les laboratoires susceptibles de réaliser des tests »

Dans le même temps, le 28 mars au lendemain du discours présidentiel repoussant la date du confinement jusqu’au 15 avril, Olivier Veran affirmait : « La France a passé une commande pour 5 millions de tests rapides qui (...) permettront d’augmenter nos capacités de dépistage de l’ordre de 30 000 tests supplémentaires par jour au mois d’avril, 60 000 au mois de mai et plus de 100 000 tests par jour au mois de juin » montrant une nouvelle fois la communication mensongère du gouvernement qui se justifiait jusque là par des difficultés d’approvisionnement en matériel pour faire des tests.

En réalité à la fin du mois de mars le gouvernement est toujours incapable d’avoir des informations précises sur les stocks et las capacités des laboratoires disponibles, il est toujours incapable de mettre un place un plan de dépistage massif.
Médiapart révèle que c’est seulement le 1 avril qu’est créé une « cellule-test » . « Elle est dirigée par le directeur de cabinet de Frédérique Vidal, Nicolas Castoldi, agrégé de philosophie et Johanna Michielin, directrice de CNRS Innovation, juriste de formation. » expliquent-ils. Deux profils, qui au delà de poser question sur leur capacité à résoudre une crise sanitaire, prennent plus d’une semaine pour lancer un audit auprès d’un cabinet privé sur les capacités des laboratoires en France. Un fonctionnaire cité par Médiapart relate : « Quand j’ai appris ça, les bras m’en sont tombés. Quatre mois après le début de la crise, on n’est donc pas capable d’avoir cette information ? Et il faut se retourner vers un cabinet privé qui va encore mettre des semaines pour rendre ses travaux ? C’est délirant. »

Médiapart ajoute « Ironie de l’histoire, si la France a tant de mal à évaluer aujourd’hui les capacités des labos à réaliser des tests Covid-19 sur son territoire, c’est qu’elle a sciemment décidé de fermer les capteurs qu’elle avait dans les départements à savoir les pôles « 3 E » pour « Entreprises, Économie, Emploi », au sein des DIRECCTE (Les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi  » Des fermetures qui s’inscrivent dans une politique plus générale de coupes budgétaires, dans la recherche et la santé.

Sans tests, ni préparation sérieuse, le gouvernement impose un déconfinement dangereux

 
Le gouvernement veut déconfiner à tout prix à partir du 11 mai, afin de relancer l’activité économique et la sécurisation des profits du patronat. Blanquer ce matin sur BFM confirmait la volonté du gouvernement en déclarant : « les raisons de la reprise de l’école sont économiques, il n’y a rien d’indigne à cela ». Les hospitaliers affirment pourtant leur inquiétude face au déconfinement et à une possible nouvelle vague de l’épidémie à laquelle ils ne sont toujours pas préparés matériellement.

Edouard Philippe affirmait hier devant l’assemblée nationale : « nous allons devoir vivre avec le virus », mais c’est surtout le gouvernement qui a cassé l’hôpital, qui envoie des travailleurs sans protections face à la maladie, qui prend des mois pour lancer une réflexion sur les tests de dépistage, c’est leur gestion catastrophique qui rend la vie avec le virus aussi difficile. Plus que jamais il est nécessaire de mettre en place une campagne de dépistage massif, et ce sans attendre le 11 mai.




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