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Crise dans l'aéronautique

Thalès, 19 milliards de chiffre d’affaires en 2019, veut supprimer 1000 postes dans l’aéronautique

Thalès par l’intermédiaire de sa filiale Thalès AVS, pourrait supprimer 1000 postes au sein de sa filière aéronautique. Cette filiale est détenue à 100% par Thalès qui compte plus de 18 milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2019. Les réunions avec le CSE vont s’étaler de mi-octobre à fin novembre, période où les chiffres exacts et la forme que prendra la restructuration seront détaillés.

mardi 6 octobre

Crédit photo : AFP

Prévision de suppression d’un quart des CDI chez Thalès AVS

La direction du groupe a affirmé vouloir à tout prix éviter les licenciements. Pour se faire, il s’agirait de privilégier le recours massif aux reclassements dans ses filiales ainsi que le gel de certains recrutements, la diminution du recours à l’intérim et à la sous-traitance. Ainsi, pour l’instant pas de plan de sauvegarde annoncé.
Le syndicat CGT dénonce « une véritable saignée », avec 25% des effectifs CDI d’AVS menacés. « Suppressions auxquelles s’ajoutent près de 500 intérimaires et prestataires externes ». Cela concerne aussi une centaine de postes pour la société TAES/TAEM.

Diminuer les coûts et les effectifs avec pour prétexte la crise

Bien loin de ne plus avoir besoin de main d’œuvre, le syndicat dénonce une volonté de Thalès de transférer sa main d’œuvre dans des pays où les charges sociales et le droit du travail sont moins contraignants comme en Roumanie ou en Inde. Thalès y a créé deux centres de compétences et d’ingénierie ces dernières années.
De plus, ces chiffres montre une stratégie qui permet, au mépris du travail des salariés, de gagner en compétitivité et profitabilité, alors que le groupe Thalès annonce déjà un niveau de rentabilité de 8% en 2020 Si la direction d’AVS met en avant un résultat négatif avec la crise du coronavirus, cela ne signifie aucunement qu’elle n’a pas les moyens de résorber ce manque dans les années à venir.

Ainsi, l’exposition à la crise pour le groupe ne lui permettrait pas de ne pas s’en sortir. De la sorte, le syndicat dénonce une exagération de la part du groupe pour opérer des restructurations. Pourtant le groupe Thalès va profiter du plan de relance massif de l’Etat destiné à l’aéronautique, notamment pour développer leur futur avion « vert », qui correspond au domaine d’expertise de TAES/TAEM.

Les travailleurs n’ont pas à payer la crise

Encore une fois alors que l’industrie aéronautique traverse de réelles secousses avec la crise du coronavirus, les solutions engagées par le patronat sont brutales : n’assumer aucune conséquence financière de la période et faire des salariés une variable de réajustement.

Le groupe Thalès emboite le pas à AAA, Derichbourg Aeronautics Services, les ateliers de Haute-Garonne, BT2I, Daher, Latécoère, Figéac Aéro. Plans de restructuration, PSE, APC et autres mesures de suppressions d’emplois et de destruction des conditions de travail des salariés montrent le niveau d’offensivité du patronat. Ces derniers se servent d’ailleurs du niveau d’éparpillement des salariés, du fait du développement de la sous-traitance dans le secteur pour imposer leurs solutions destructrices.

Contre ces solutions court-termistes, les travailleurs doivent avoir leur mot à dire et être en mesure d’opposer des alternatives durables et protectrices de l’emploi. Depuis, le 17 septembre, des salariés du secteurs, d’entreprises sous-traitantes ou non, syndiqués et non-syndiqués, tentent de faire vivre des rencontres inter-entreprises. Ceci dans le but d’impulser une coordination capable de préparer la riposte et de ne plus lutter dans son coin, comme l’avait fait les salariés en grève de Derichbourg Aeronautics Services. Il s’agit pour l’instant de regrouper et de constituer un front de lutte assez fort pour à terme revendiquer 0 licenciement, 0 pertes de salaires, la réduction du temps de travail si nécessaire également sans perte de salaire ainsi que l’ouverture des comptes des entreprises face au chantage à la faillite. Alors que l’industrie aéronautique prétend aujourd’hui engager des plans de reconversion en énergie verte, contre les suppressions de postes les salariés doivent être en mesure de prendre part aux décisions économiques voir de décider d’orienter les filières vers des activités moins polluantes et nécessaires pour tous.




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