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Justice patronale

Thales jugé fautif après le suicide d’une de ses cadres

L'entreprise spécialisée dans la défense et l'aéronautique est passée pour la troisième fois devant la justice afin de répondre du suicide d'une de leurs cadre en 2009.

vendredi 29 mars

Crédits : Pierre Verdy AFP

Dix ans après le suicide de Michelle Morellec, une cadre du groupe de défense et aéronautique Thales Microelectronics situé à Chateaubourg en Ille-et-Vilaine, un énième jugement a été rendu donnant l’entreprise fautive.

L’employée s’était donnée la mort à son domicile suite à une augmentation du niveau de stress au travail. En effet, selon le rapport de l’inspection du travail, le groupe l’avait nommé à un poste qui n’avait pas de "contenu réel ". L’entreprise avait été alors alerté des risques psychologiques que cela pouvait entraîner, cependant rien n’a été fait pour suivre la cadre et empêcher que celle-ci porte atteinte à sa vie.

Le tribunal des affaires de la sécurité sociale (TASS) de Rennes avait déjà reconnu le suicide de Michelle Morellec comme relevant d’un "accident du travail" en 2013 et statué sur une "faute inexcusable de l’employeur" en 2017. Malgré le rapport incriminant de l’inspection du travail et du TASS, l’entreprise avait nié en bloc et décidé de faire appel. Et c’est plusieurs années après le suicide que la famille de la Michelle Morellec obtient enfin gain de cause avec le rendu final de la cour d’appel de Rennes.

Alors que l’entreprise était incriminée de manière flagrante dans la descente aux enfers d’une de leurs employés, celle-ci n’a eu cesse de nier son implication dans l’affaire. D’autant que ce n’est pas la première fois que Thales est mise en cause de le cas de suicides de ses employés : une entreprise qui produit pour tuer et en tuant ! En 2009, année du suicide de Michelle Morellec, avait lieu un autre suicide dans un autre groupe, Thales Alenia. Un autre cadre, Dominique Queulin, s’est donné la mort dans des circonstances similaires. Sa femme dénonce la pression constante qui règne dans l’entreprise qui joue sur la peur constante du chômage, du déclassement ainsi que les objectifs annuels pour exploiter ses employés. C’est cet pression au rendement et à la performance dans l’entreprise qui pousse chaque année des centaines de travailleurs à la dépression pouvant aller jusqu’à des fins tragiques.

Selon l’AFP, Thales se réserve le droit de faire un recours au jugement de la cour d’appel. Chaque jour s’accumulent des preuves tragiques que les grandes entreprises ne considèrent la vie de leurs employés que comme des variables d’ajustement que l’on peut presser à volonté pour augmenter la productivité et faire marcher les travailleurs et travailleuses au pas.




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