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Théâtres occupés : le gouvernement lâche des miettes pour tenter de freiner le mouvement !

Alors que de plus en plus de théâtres sont occupés dans toute la France, le gouvernement tente de freiner la contestation de sa gestion catastrophique de la crise sanitaire et économique pour le monde culturel, en cédant quelques miettes qui ne répondent en rien aux revendications des travailleurs et travailleuses en lutte.

vendredi 12 mars

Crédits photo : AFP - Bertrand Guay

Des mesurettes qui s’apparentent à des gouttes d’eau… pour éteindre le feu des occupations

Ce jeudi 11 mars, le gouvernement a communiqué de nouvelles mesures pour l’emploi dans le secteur culturel, débloquant une vingtaine de millions d’euros supplémentaires et en élargissant l’accès des intermittents aux congés maladie et maternité. Cette annonce fait suite à la multiplication des occupations de théâtres dans toute la France : à l’instant où nous écrivons cet article, c’est plus d’une dizaine de théâtres, dont le Théâtre de l’Odéon et le Théâtre de la Colline, qui sont actuellement occupés. Il n’est pas difficile de deviner que c’est sous cette pression que le gouvernement a lâché quelques miettes au monde culturel, alors qu’il n’a pas hésité à le sacrifier depuis des mois, pour préférer préserver les profits du CAC40.

Si Roselyne Bachelot tente de convaincre que ces annonces sont « substantielles » et que le gouvernement est au chevet de la culture, les comptes sont loin d’être bons, bien au contraire. Les pertes de la culture en 2020 suite à la pandémie s’élèvent à des dizaines de milliards d’euros, et ce sont les emplois de tout le secteur qui se voient menacés par la crise sanitaire. Si l’année blanche, c’est-à-dire la reconduite des droits au chômage pour les intermittents jusqu’en août 2021, a été une manière de repousser la catastrophe et de gagner du temps pour le gouvernement et d’éviter l’explosion sociale, la plupart des emplois de la culture sont menacés par la pandémie, sans parler des emplois encore plus précaires de la restauration, du tourisme et de l’hôtellerie qui vivent déjà le drame de perdre leurs moyens de subsistance.

Ces mesurettes ne correspondent donc en rien à ce qu’attend le monde de la culture. Aucun plan de réouverture des lieux de culture, vitale pour les travailleurs et travailleuses aujourd’hui asphyxiés, n’est dévoilé à ce jour, aucune reconduction de l’année blanche n’est annoncée, et aucune garantie de préservation des droits sociaux des travailleurs de la culture n’est faite. Bien au contraire.

Pas de « mesures substantielles »… mais des attaques

Non seulement la situation est de pire en pire pour les travailleurs et travailleuses de la culture, mais le gouvernement est aussi en pleine offensive contre les travailleurs précaires, avec la dangereuse réforme de l’assurance chômage portée par Elizabeth Borne qui tente de faire payer la crise aux chômeurs. On assiste donc à un tour de magie d’hypocrisie du gouvernement, qui tente d’apaiser la colère grandissante dans le monde de la culture pour éviter qu’elle s’étende à d’autres secteurs en grande détresse, et qui, en même temps, attaque sans vergogne et violemment les travailleurs et travailleuses les plus fragiles.

C’est pour cela que les occupants des lieux de culture revendiquent, loin des miettes accordées par le gouvernement, de véritables mesures d’urgence, et surtout le retrait pur et simple de la réforme assurance chômage. Les travailleurs de la culture sont donc aujourd’hui en lutte et occupent de plus en plus de théâtres dans toute la France, et ont la force de porter des revendications non seulement pour la culture mais aussi pour d’autres secteurs abandonnés par la stratégie pro-patronale du gouvernement. C’est dans cette possibilité du « tous ensemble » de la colère des travailleurs que se dessine un mouvement qui pourrait grandement inquiéter le gouvernement. L’extension du mouvement, son auto-organisation, et sa capacité à se lier à d’autres secteurs en lutte comme les salariés surexploités ou encore la jeunesse ultra-précarisée, sont les prochains défis de cette contestation. Contre les vaines paroles, les promesses en l’air et les aumônes du gouvernement au secteur asphyxié de la culture, occupons et organisons-nous !




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