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Politique

Impunité policière

Tirs de policiers à Stains. L’ « intention d’homicide » écartée, les policiers libérés en toute impunité

Sans surprise, la garde à vue des deux policiers en civils ayant tiré sur deux personnes lors d'un contrôle a été levée en à peine 24h et « l'homicide volontaire » a été écarté bien que l'enquête se poursuive, les victimes qui ont failli perdre la vie sont elles sur le coup d'une enquête pour homicide. Un rassemblement de soutien est appelé ce samedi à 14h, soyons nombreux.

mercredi 18 août

Crédit photo : AFP

Dans la nuit de dimanche à lundi, à Stains (93), une équipe de trois policiers de la BAC, en civil et non identifiables, ont tiré à plusieurs reprises sur une voiture dans laquelle se trouvaient deux passagers à la suite d’un contrôle. Alors que le pronostic vital des deux passagers n’est plus engagé, le conducteur et la passagère sont encore à l’hôpital et sont gravement blessés. En effet, au moins 8 coups de feu ont été tirés dont 5 ont impactés le chauffeur et 1 la passagère selon une source policière de Libération. Une vidéo de la scène a été diffusée sur les réseaux sociaux, scandalisant largement, et le parquet de Bobigny a ouvert deux enquêtes.

La première enquête, confiée à l’IGPN, met en cause deux des trois policiers qui ont été placés en garde à vue lundi après-midi pour « tentative d’homicide volontaire ». Mais alors que nous écrivions déjà lundi qu’on « ne peut pas faire confiance à l’IGPN pour faire la lumière sur cette affaire en raison de son manque de transparence et de sa complaisance à l’égard du corps policier. », c’est sans surprise qu’on apprend aujourd’hui via Libération que la garde à vue des deux policiers a été levée, et que « l’intention d’homicide a été écartée ».

Ainsi, alors que les policiers sont libérés, une autre enquête ouverte par le parquet vise les passagers de la voiture pour « refus d’obtempérer » et « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique » selon Franceinfo. Ce procédé assez classique de criminalisation des victimes de violences policières pour dédouaner les policiers montre une nouvelle fois qu’on ne peut en aucun cas faire confiance aux institutions (judiciaires ou policières) pour obtenir justice et vérité. Bien au contraire, l’IGPN est un organe qui vise à entretenir l’impunité policière comme l’avait mis en avant Médiapart dans un dossier en 2020 dont nous relayions alors le contenu et qui mettait en lumière la véritable fonction de l’institution qui est celle de « trouver les meilleurs moyens de préserver le forces de l’ordre.

En ce sens, nous le disons encore, la lutte contre les violences policières ne passe pas par les institutions dans lesquelles nous ne pouvons avoir aucune confiance, mais bel et bien par la mobilisation et la rue à l’image du mouvement Black Lives Matter l’été dernier. Nous appelons à rejoindre à l’appel du comité justice pour Ibo, qui appelle à une mobilisation samedi à 14h devant la mairie de Stains.




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