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Répression

Tolbiac : rassemblement contre la présence policière à la fac

Ce matin, pour répondre aux attaques répressives qui les empêchent de se mobiliser et en soutien à tous les réprimés, les étudiants de Paris 1 ont organisé un rassemblement dans la fosse de Tolbiac, pour se battre contre la présence policière sur leur centre, comme c’était le cas hier alors que des CRS avaient empêché leur départ en manifestation.

vendredi 14 février

Prise en étau entre répression administrative et attaques policières, après une fermeture administrative de plus d’un mois et demi décidée par la présidence soi-disant par « mesure de sécurité », des conseils de disciplines appelés pour des bloqueurs, ou encore la présence de vigiles chaque jour d’Assemblée générale, la mobilisation à Paris 1 doit aujourd’hui faire face à la police qui a été employée pour faire cesser toutes les tentatives étudiantes de rejoindre le mouvement.

Depuis la rentrée, entre les camions de CRS dans le quartier de Tolbiac pour une AG et la présence policière pour empêcher un blocage, la répression s’est accrue. Hier, alors que des étudiants de différentes facultés s’étaient rassemblés dans la fosse de Tolbiac pour partir en manifestation contre la précarité avec des professeurs, ils ont été nassés à l’intérieur de la fac par des CRS. Un acte répressif qui vient donc s’ajouter à la longue liste des tentatives de coercition du mouvement social employées par le gouvernement.

On a ainsi vu des grévistes de la RATP gazés et matraqués lors de blocages de bus, des lycéens en garde à vue parfois pour plus de 24H, des collégiens interpellés pour s’être mobilisés pour l’écologie en occupant Black Rock. Un gouvernement esseulé et qui n’hésite pas à s’appuyer sur son bras armé pour empêcher les étudiants et la jeunesse de prendre le relais de la grève commencée le 5 décembre contre sa réforme des retraites.

En solidarité avec tous ces réprimés et pour dénoncer toutes ces attaques et protester contre la présence policière sur leur fac, les étudiants mobilisés ont donc appelé à un rassemblement à 10h, ce vendredi, à Tolbiac. Une banderole a été déployée, énonçant : « Etudiants, lycéens, grévistes. Tous ensemble contre la répression policière et administrative ». Mais aussi d’autres messages comme « Flics hors de nos facs ». Encore une fois, la police était présente en nombre pour mettre la pression aux étudiants et aux grévistes mobilisés.

Ainsi l’explique Nathan, étudiant, qui souhaitait rappeler par cette réponse sa détermination et dire qu’il ne lâchera rien et qu’il refuse d’avoir peur. Dans son intervention à Tolbiac, il appelle à se mobiliser, rappelant aux étudiants qu’on ne peut pas accepter de se faire taper et gazer : « c’est la seule réponse qu’on nous donne quand on se mobilise », « il va falloir qu’on se bouge à partir du 5 décembre. »

Après avoir collé des affiches contre la répression et retapissé la faculté de banderoles et slogans anti- flics, professeurs, étudiants et soutiens ont pris la parole pour dénoncer cette situation.

Notamment Yohann, professeur à Paris 1, qui raconte « On est arrivés à une cinquantaine de P5 et les policiers se sont approchés, nous ont incités à entrer dans la nasse et très rapidement nous ont coursés et poursuivis pour nous prendre violemment à parti et nous mettre dans la nasse ». Un policier de la BAC a ainsi repoussé une étudiante violemment dans la nasse lui disant « Toi tu veux manifester, tu viens là-bas manifester ». Pour lui cette situation est « inadmissible ». Une professeure s’est mise en droit de retrait, Yohann appelle lui à faire valoir son droit de retrait et de grève car « on ne peut pas faire son travail et étudier dans ces conditions et tolérer que des policiers aient ce genre d’attitude dans les universités ».

Roga, réprimé à Nanterre, condamné à 6 mois de prison ferme pour avoir participé à une Ag, était également présent. Il a rappelé que cette répression « ne date pas d’aujourd’hui et existe depuis 40 ans dans les quartiers populaires » et appelé à se « battre ensemble contre ces attaques ».

Yayha, gréviste du dépôt d’Ivry, est « venu en solidarité avec les étudiants et les professeurs qui subissent la répression ». Pour lui c’est « intolérable » que des étudiants soient nassés pour un rassemblement et une manifestation pacifique.

Étudiants, soutiens, professeurs et personnels mobilisés ont donc répondu présents pour montrer qu’ils ne se laisseront pas faire et continueront de se battre. Alors que la présidence tente de se défausser de cette nouvelle attaque policière, les étudiants ont voulu, le temps d’une matinée reprendre leur fac pour ne pas laisser passer ces multiples réponses policières à leur mobilisation.

De fait, la présidence tente de se faire passer pour une alliée, dénonçant les agissements des CRS et affirmant ne pas avoir été au courant de leur venue, décidée sans concertation par la préfecture. Le CA a ainsi voté une motion de dénonciation qui reste timide ; rien d’étonnant quand on voit la politique qui a été choisie par l’administration depuis le début, à coup de lock out et d’ultra sécurisation et qui a ouvert la voie à une normalisation de la répression du mouvement étudiant et lycéen. Ce qu’elle continue de faire en maintenant des partiels en pleine période de mobilisation et en refusant les demandes de banalisation.

Une répression qui atteint tous les secteurs et qu’il faut combattre de manière unitaire car elle vise notamment à faire peur à une jeunesse qui se pose la question de rejoindre le mouvement. A partir du 5 mars, il y a en effet la possibilité d’un nouveau souffle autour des lycéens mobilisés contre les E3C et la grève annoncée des labos. Il s’agit donc de construire sur chaque faculté les bases de la jonction avec les travailleurs mobilisés depuis le 5 décembre.




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