^

Notre classe

Victoire judiciaire des grévistes !

Toray. Victoire des grévistes contre les accusations de grève illicite !

Dans le but d’intimider les grévistes, la direction de Toray CFE avait assigné au tribunal trois salariés et menacé les autres d'une amende de 1000 euros par jour de grève illicite. Ce lundi, alors que la grève se poursuit, le tribunal a débouté la direction sur l’intégralité de ses accusations.

mardi 1er décembre 2020

Photo : Révolution Permanente

Chez Toray CFE, où les salariés ont décidé de refuser en bloc la suppression de 42 emplois par une grève majoritaire et reconductible et de ne pas transiger sur leurs conditions de travail et de vie dans les cadres du “dialogue social”, la direction a cherché à imposer les licenciements par la répression et en mettant en cause le droit de grève : le 17 novembre, la direction a essayé de redémarrer une des usines du groupe avec du personnel cadre non-qualifié. Deux jours après, elle a assigné au tribunal judiciaire trois grévistes et a menacé tous les salariés d’une amende de 1000 euros par jour de « grève illicite ».

Cette tentative d’intimider les grévistes par la répression avait suscité une multiplication des preuves de solidarité et élargi la colère au sein des salariés. Certains, parmi ceux qui étaient restés à l’écart de la mobilisation, ont rejoint la grève suite aux menaces de la direction. Pour y répondre, les grévistes se sont organisés en assemblée générale, ont rédigé des communiqués de presse et appelé à la solidarité. Enfin, ils ont organisé un rassemblement devant le tribunal le 25 novembre pour soutenir les grévistes convoqués ce jour-là au tribunal de Pau.

Cinq jours plus tard, ce lundi 30 novembre, le tribunal a débouté la direction sur l’intégralité de ses accusations. La République des Pyrénées, Sud-Ouest ou France Bleu ont notamment reflété cette décision. Au contraire de ce qui prétend la direction, « la grève chez Toray n’est pas illicite ».

Les syndicats CGT et FO ainsi que l'ensemble des travailleurs en lutte à TORAY ont gagnés au tribunal face à l'...

Publiée par CGT TORAY CFE sur Lundi 30 novembre 2020

Cet échec de la direction s’est traduit, comme le relevait France Bleu, par « une ambiance de "Coupe du monde" au local syndical de la CGT ». Cet enthousiasme n’est pas étonnant, notamment si l’on tient compte de l’énorme mépris vis-à-vis des salariés dont avait fait preuve la direction. Comme en témoignaient les grévistes de Toray, la direction avait « inclus dans le dossier des éléments qui sont scandaleux. Il y a des captures d’écran de l’interview du délégué de la CGT avec Révolution Permanente-NPA, comme si on ne pouvait pas communiquer avec la presse et les organisations politiques. C’est une atteinte grave à la liberté d’expression. Et ce n’est pas tout. Il y a aussi des mentions à la caisse de grève numérique qu’on a lancée et des captures d’écran des discussions WhatsApp que les salariés ont entre eux. C’est inacceptable, c’est un scandale ! ». La direction visait surtout à envoyer un message, à faire peur. Mais la tentative est ratée. Non seulement parce que le dossier est complétement inconsistant et que la direction a été déboutée sur tous les points, mais aussi parce que cette victoire conforte l’action des salariés, comme le rappelait Timothée Esprit, délégué CGT Toray.

Le fait que les salariés aient continué à construire la grève et leur assemblée malgré les menaces, qu’ils aient cherché à faire connaitre leur lutte au-delà de l’usine et que, par ce biais-là, les salariés aient renforcé leur caisse de grève, sont autant d’ingrédients qui ont participé à cette victoire et qui sont aujourd’hui des positions acquises pour continuer la lutte avec plus de force.

La grève des Toray, dont l’énorme victoire au tribunal est une bouffée d’air frais pour le moral de l’ensemble des salariés, va se poursuivre dans le but de faire reculer leur direction sur toute la ligne et sauver tous les emplois menacés. Après cette victoire judiciaire, les grévistes de Toray vont continuer à avoir besoin de soutien et de solidarité. Leur exemple et les enseignements de leur lutte peuvent inspirer non seulement les salariés de l’aéronautique, mais aussi tous ceux qui se trouvent aujourd’hui sous les coups des plans sociaux que cherchent à imposer le patronat.

Pour les soutenir, contribuez à la caisse de grève !




Mots-clés

Grève   /    Licenciement(s)   /    Aéronautique   /    Notre classe