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Notre classe

Un exemple à suivre et des jonctions à tisser

Total. Plusieurs dépôts et raffinerie en grève reconductible depuis 7 jours

Après l'entrée en grève, il y a un peu plus d'une semaine, des salariés du dépôt pétrolier de la raffinerie de la Mède, près de Marseille, dans une volonté de jonction avec les Gilets Jaunes, plusieurs sites de Total sont désormais en grève.

jeudi 29 novembre 2018

Crédit photo : JEAN-PAUL PELISSIER/REUTERS

Plusieurs dépôts et raffineries Total sont en grève reconductible depuis mercredi dernier. Le mouvement avait commencé au dépôt de La Mède, près de Marseille. La grève a émergé suite au blocage du site orchestré par les Gilets Jaunes depuis le 17 Novembre. Alors que le blocage devenait de plus en plus difficile à tenir face à la répression des CRS, le mouvement de grève lancé par la CGT Total autour de la revendication de la hausse salariale dans le cadre des négociations salariales annuelles mais également « en écho aux jaunards » qui se mobilisaient, avait sur le coup donné un bol d’air aux Gilets Jaunes.

Le mouvement de grève s’est ensuite généralisé, et ce n’est pas moins de 6 raffineries et 2 dépôts qui sont aujourd’hui touchés avec des taux de grévistes qui varient entre 65 % et près de 80 % suivant les équipes. Selon les endroits, les effets de la grève se sont fait ressentir plus ou moins intensément. Par exemple, dans les Bouches-du-Rhône, où le mouvement de grève a mobilisé jusqu’à 85 % des travailleurs, « plus aucun produit n’entre ni ne sort » depuis le 21 novembre. Dans la même veine, dans les raffineries de Normandie, les sorties de pétrole sont complètement bloquées, et dans celle de Gonfreville, les machines ont été mises à l’arrêt, impactant grandement le groupe, leur remise en route étant en effet une procédure complexe. Dans certaines raffineries cependant, le mouvement n’est pas reconductible, notamment à Feyzin ou Donges, où le travail devrait bientôt reprendre.

L’impact de cette grève est cependant loin d’être négligeable pour Total. En effet, avec ses dépôts bloqués, ses raffineries en grèves, ce sont les stations services de la marque qui ne sont plus approvisionnées. Le Sud et l’Ouest du pays ont été particulièrement touchés par ces pénuries. A tel point que Total a dû mettre sur son site une carte interactive avec les stations toujours approvisionnées. En effet, comme le précise un syndicaliste du site de la Mède : « près d’un tiers des stations services Total seraient à sec à l’heure actuelle donc tout le monde se rabat sur l’autre dépôt qui sert à alimenter la région, c’est à dire DPF. Je crois qu’il a quand même quelques difficultés en ce moment pour sortir des camions du fait de la grogne sociale environnante ».

L’aspect très positif de ces grèves repose aussi sur l’alliance qui se tisse entre les travailleurs du carburant et les Gilets Jaunes. Bien que la direction de la CGT se défende de rejoindre les Gilets jaunes, les travailleurs et syndicalistes sur le terrain précisent qu’ « on oppose pas les luttes, tout est bon contre Macron ». Un véritable exemple face à la politique dévastatrice des directions syndicales, qui refusent d’appeler à la jonction avec le mouvement des Gilets Jaunes, jouant la carte de la division, ce qui profite évidemment au gouvernement. C’est en approfondissant et en généralisant ce type d’alliance que la colère légitime qui s’exprime aujourd’hui pourra trouver un débouché à même d’établir un rapport de force conséquent contre le gouvernement.




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