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Total, Stellantis, LVMH... Bénéfices records pour le CAC40, toujours pas d’augmentations de salaires

Pendant que la population subit de plein fouet la hausse des prix, les entreprises du CAC40 enregistrent des profits records pour le premier semestre 2022. À quand un mouvement d'ensemble pour arracher le blocage des prix et des augmentations de salaires aux profiteurs de crise ?

jeudi 28 juillet

À qui profite la crise ?

En cette fin de mois de juillet, les entreprises publient leurs résultats pour le premier semestre 2022. Sans surprise, les six derniers mois ont été très prolifiques pour les grands groupes en capacité de s’imposer sur le marché mondial malgré la crise économique et sur fond de fortes tensions internationales.

Ainsi, au premier rang des profiteurs de la crise, on trouve les géants de l’énergie qui ont augmenté leurs prix en surfant sur les tensions sur le marché international dues au conflit en Ukraine et sur les sanctions infligées à la Russie. Total, qui avait déjà engrangé 16 milliards de dollars de bénéfices sur l’année dernière, a quasiment doublé son résultat net par rapport au premier semestre 2021 avec 10,6 milliards de bénéfices pour le seul premier semestre 2022. Le groupe gazier Air Liquide, lui aussi membre du CAC40, a vu son résultat net augmenter de 5,3% par rapport au premier semestre 2021.

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Plus largement, les entreprises du CAC 40 ont bénéficié de l’inflation à travers l’augmentation des prix de vente et des taux de change favorables, à l’image du groupe automobile Stellantis qui affiche des résultats jugés "exceptionnels" par son dirigeant Carlos Tavares, avec une hausse de 34% de ses bénéfices nets sur l’année. Celle-ci s’explique essentiellement par des augmentations de prix supérieures à la moyenne du marché : aux États-Unis, la marque Jeep a par exemple procédé à des augmentations de prix supérieures de 8,2% à celles pratiquées par la concurrence.

De son côté LVMH annonce mardi un bénéfice net de 6,5 milliards d’euros au premier trimestre, une augmentation de 23% par rapport à 2021 qui avait déjà été une année de record pour le groupe de Bernard Arnaud. Nous pouvons aussi citer les bénéfices de l’Oréal qui ont eu aussi bondi de 25%, ce qui représente pour le groupe 3,7 milliards de dollars en plus, ou encore ceux de Sanofi qui sont aussi largement en hausse.

Les résultats de la politique pro-patronale du gouvernement

Ces bénéfices faramineux ne sont pas dû aux "stratégies ambitieuses" des dirigeants d’entreprises comme ceux-ci aiment le prétendre. C’est avant tout à la politique pro-patronale que les gouvernements impérialistes ont mené à leur service durant la crise. Depuis les milliards "d’aides" versées aux grandes entreprise pendant la pandémie jusqu’au rejet par la majorité présidentielle française à l’assemblée de taxer les superprofits, en passant par l’arsenal législatif déployé contre les droits des salariés et des chômeurs, sans oublier les sanctions économiques contre la Russie, l’objectif est clair : il s’agit de faire payer la crise aux travailleurs pour augmenter à tout prix les profits du grand patronat. Pendant ce temps-là, les grands groupes sont libres d’augmenter les prix pour préserver leur marges- et de les baisser temporairement de 20 centimes pour se montrer coopérants dans les moments opportuns en gardant bien à l’abri leurs milliards de bénéfices, à l’image de TotalEnergie et sa dernière tentative d’enfumage.

Alors que l’inflation fait rage, avec des estimations revues à la hausse de 7,6% à l’année pour la zone euro et des taux dépassant les 50% dans des pays comme l’Argentine ou la Turquie, la seule issue progressiste face à la hausse des prix est d’imposer par nous-même leur contrôle par des comités de contrôle des prix par en bas, fondés sur la publication par les grandes entreprises de leurs livres de compte. Surtout, l’augmentation conséquente des salaires et leur indexation sur l’inflation est plus que jamais nécessaire afin de faire face à la vie chère de plus en plus pressante. Comme l’a montré la première séquence parlementaire du quinquennat autour de la loi "pouvoir d’achat" qui se solde par de nouvelles attaques antisociales, ce n’est pas à l’assemblée que ces mesures pourront être arrachées aux grandes groupes capitalistes. Alors que les grèves pour les salaires tendent à se multiplier, à l’instar de celle annoncée par la CGT Total, il s’agit d’unifier les différents secteurs mobilisés dans un mouvement d’ensemble à même d’imposer au grand patronat et au gouvernement ces revendications d’urgences pour faire face à l’inflation.



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