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Politique

Greenwashing

Total devient TotalEnergies et fait voter sa stratégie climat 100% greenwashing

Ce vendredi, Total a entériné sa stratégie de greenwashing avec un changement de nom et un soutien majoritaire des actionnaires à une stratégie climat garantie 100% opération de communication.

vendredi 28 mai

Crédits photo : Reuters

Après Shell, ExxonMobil et Chevron c’est au tour de Total d’engager une nouvelle vague de communication verte. Lors de l’AG des actionnaires qui se tenait ce vendredi, ceux-ci ont voté à 92% une résolution consultative sur la stratégie climat du groupe et à 99% pour un nouveau nom : « TotalEnergies ».

C’est une dizaine d’investisseurs qui a poussé le groupe français à mettre en avant une nouvelle stratégie climat dont la Banque Postale, le Crédit Mutuel ou encore le Crédit Agricole. Dans le dernier rapport d’octobre 2020 réalisé par Les Amis de la Terre / Oxfam montrant que les 6 banques françaises ont une empreinte carbone qui représente 8 fois les émissions de gaz à effet de serre de la France entière et qu’elles investissent encore à 70% dans les énergies fossiles.

Un vote qui dissimule des tensions récentes, de la part d’actionnaires reprochant à Total le manque d’ambition de son plan. La semaine passée, un groupe d’actionnaires avait ainsi annoncé qu’ils ne voteraient pas la stratégie climat du groupe. Comme le rapporte Mickaël Correia dans Mediapart : « Dans leur déclaration, ils jugent que le plan « climat » présenté par le géant pétrolier est insuffisant pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Ces derniers pointent du doigt que « la production de pétrole de Total en 2030 sera équivalente ou inférieure à celle de 2019 », alors que la communauté scientifique appelle à une baisse drastique et immédiate de la consommation de pétrole. »

Et pour cause, cette année les engagements dans les nouvelles énergies (hors gaz, charbon et pétrole) devraient représenter uniquement 20% des investissements. Un investissement par ailleurs au service de la diversification des activités de Total, pour qui les technologies et énergies vertes représentent avant tout de nouvelles opportunités économiques dont l’impact face au défi climatique est largement remis en question. Surtout, par-delà la volonté de diversification, le pétrole et le gaz représentent toujours 90% des revenus de Total. Et alors que l’Agence Internationale de l’Énergie appelle à stopper « dès maintenant » tout projet d’extraction face au réchauffement climatique, de nouveaux projets fossiles sont prévus notamment dans le gaz naturel mais aussi dans le pétrole avec le méga-projet de Tilenga en Ouganda.

En ce sens, elles tentent en réalité de défendre ces banques, déployer la communication verte de Total c’est en fait se recouvrir de peinture dans le même temps : jackpot. 

Alors que Patrick Pouyanné, le PDG de Total, s’est félicité de cette AG « historique » qui « marque notre volonté collective d’inventer un nouveau Total, une compagnie multi-énergies, acteur majeur de la transition énergétique  » le scepticisme des actionnaires pseudo-écolos de Total en dit long sur le caractère totalement superficiel du plan dont se prévaut la multinationale. Même déception du côté des ONG. « En votant pour le plan climaticide de Total, les actionnaires ont voté pour le chaos climatique. En ignorant de manière flagrante les toutes dernières recommandations de l’AIE, et en laissant Total investir massivement dans les hydrocarbures, les actionnaires font voler en éclat l’idée d’une finance verte. » a ainsi expliqué Lucie Pinson, fondatrice et directrice de Reclaim Finance qui défend une illusoire finance au service de la transition écologique.

En réalité, cette dynamique reflète à nouveau l’illusion que constitue la confiance accordée par certaines ONG dans la capacité des multinationales à se transformer au service de la planète. Il n’y a rien à attendre des entreprises pétrolières qui font leur beurre sur les énergies les plus polluantes et sont responsables à elles-seules de 71% des émissions de gaz à effet de serre comme le pointait en 2017 le rapport de Carbon Disclosure Project ! Ce n’est qu’entre les mains des travailleurs, par l’expropriation et la nationalisation intégrale du secteur de l’énergie sous contrôle des ouvriers et des organisations écolos qu’il serait possible de penser une stratégie rationnelle de sortie des fossiles. Une perspective qu’ont incarné à petite échelle les travailleurs de Grandpuits allié à Greenpeace et aux Amis de la Terre pour dénoncer le greenwashing de Total, la destruction d’emplois, et démontrer qu’aucune transition écologique n’est possible. entre les mains des capitalistes.




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