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Toulouse : 70 % de grévistes dans le transport à Tisséo, il faut construire la reconductible !

Ce mardi 18 avril , 70% des salariés de Tisséo étaient en grève contre la suppression de la clause de sauvegarde, qui indexe les salaires sur l'inflation. La prochaine mobilisation appelée le 11 mai par l’intersyndicale FNCR-CGT-SUD-CFDT apparaît bien loin pour les salariés pour qui la nécessité de la construction d'un plan de bataille offensif se pose urgemment.

Alberta Nur

18 avril 2023

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Toulouse : 70 % de grévistes dans le transport à Tisséo, il faut construire la reconductible !

Crédit photo : Dorian M / Révolution Permanente

Après une première journée historique la semaine dernière, les travailleurs du transport toulousain de Tisséo étaient encore massivement mobilisés ce mardi 18 avril. Ce sont 70% des salariés qui se sont mis en grève, dont 600 conducteurs, pour la défense de leurs salaires.

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La direction fait la sourde oreille et multiplie les provocations

Face à une direction qui fait la sourde oreille, et qui insulte les salariés, plusieurs centaines de grévistes se sont rassemblés sur la place du capitole. La manœuvre de la direction, qui a cherché à mettre la pression aux agents du métro pour affaiblir la mobilisation, est loin d’avoir fonctionnée et la détermination des agents reste intacte. De plus, comme l’explique un délégué syndical « la direction met en danger les gens en faisant tourner le métro, car il y a des problèmes de sécurité ».

Dans les discussions, les salariés fustigent les mots du directeur qui avait traité les grévistes de « honte du service public ». « C’est pas nous la honte du service public, c’est lui » explique avec colère un salarié, rappelant que ce sont bien les agents de Tisséo qui ont fait tourner les bus, les tramways et les métros pendant la crise sanitaire, mettant leur santé en danger.

Le rassemblement, au milieu de la place du capitole, a permis de faire converger différents soutiens de la grève. Parmi eux, quelques députés de la France Insoumise, ainsi que des syndicalistes du médico-social mais aussi des étudiants. Après avoir décidé en assemblée générale interfac de faire un don à la grève, ils sont plusieurs à être venus apporter leur solidarité aux grévistes. Comme l’explique Alberta, militante au poing levé « votre grève elle nous a donné beaucoup de force ! Ne lâchez rien ! ».

Un soutien qui a été très bien reçu par les salariés. « Ça fait plaisir car la direction nous dit qu’on emmerde tout le monde en arrêtant les transports, alors qu’en fait on se bat pour tout le monde » confie un gréviste. En effet, le travailleurs de Tisséo ont bien conscience que leur combat pour la défense de leurs salaires est aussi celui de toutes celles et ceux qui luttent contre les effets de l’inflation. « Si nous on se bat pas et qu’ on n’ arrive pas à obtenir des choses, ça va être encore plus compliqué pour d’autres entreprises dans le privé qui sont plus isolées » explique en ce sens Jean Baptiste, travailleurs à Tisséo.

Après quelques prises de paroles, les représentants syndicaux sont allés rencontrer le directeur de la régie et le président du syndicat mixte des transports en commun. Pas de changement de position en vue du côté de la direction, qui a refusé de discuter des revendications des salariés. Le directeur général Wischenewski a même nié avoir insulté les salariés de « honte du service public ». Une provocation de plus pour les grévistes, qui sont déterminés à construire la suite de la mobilisation.

Face aux journées isolées de l’intersyndicale : la grève reconductible pour gagner contre Wischenewski !

« On va te bloquer le métro » s’exclame un salarié lorsque les représentants syndicaux racontent le rendu de la réunion avec la direction. Sans surprise, la délégation n’a pas obtenu gain de cause avec cette réunion. Nouveau signal qu’il faut durcir la mobilisation afin de réussir à faire plier la direction. Pourtant, la prochaine journée de mobilisation appelée par l’intersyndicale FNCR-CGT-SUD-CFDT le 11 mai apparaît bien loin pour de nombreux travailleurs mobilisés, qui veulent durcir le mouvement.

Dans les discussions entre salariés sur le piquet la question de la reconduction de la grève et la nécessité de se mobiliser plus durement, plusieurs jours d’affilée, pour augmenter le rapport de force émerge très rapidement. « Il faut une semaine de grève » confie Stéphane traminot à Colomiers qui mène la deuxième grève de sa vie. Dans certains services, comme la maintenance du métro, une mobilisation reconductible aurait des effets directs permettant de durcir le rapport de force. « Une fois qu’on arrête les machines, il faut plusieurs semaines, voire mois, pour les faire repartir » explique un salarié. Une mobilisation reconductible aurait donc un impact considérable sur l’entreprise, ce qui mettrait toutes les chances du côté des travailleurs pour arracher une victoire.

Au niveau national la bataille contre la réforme des retraites a montré l’impasse des journées de grèves isolés : c’est le moment d’en tirer les bilans et de construire la grève reconductible

La grève aux grévistes : l’importance des assemblées générales pour gagner

« C’est dommage parce qu’il y a des syndicats ils sont plus préoccupés par les élections professionnelles que par la grève » souffle un gréviste. En effet, la tenue des élections professionnelles ce jeudi 20 avril, renforce la posture timorée des syndicats quant au mouvement. Pourtant, le refus de discuter du directeur général, l’impasse des négociations avec les délégués syndicaux prouvent que seul la construction d’un réel rapport de force par la grève permet d’arracher ses revendications.

Pour construire la suite de la mobilisation, c’est donc aux travailleurs de prendre leur lutte en main. En ce sens, la construction d’assemblée générale au sein du mouvement pour que tous les salariés, au-delà des étiquettes syndicales et au-delà même des secteurs puissent discuter de leur lutte, est primordiale. Sans cela, la colère et la détermination des salariés de Tisséo ne pourra déboucher sur une victoire face à une direction plus dure que jamais.

Ces cadres démocratiques, où tous les salariés peuvent prendre la parole, permettrait de discuter et surmonter les obstacles et trouver le chemin vers un élargissement de la mobilisation. Alors que la boîte met la pression sur les jeunes embauchés en leur promettant des évolutions de carrière, ces derniers constituent une réserve de grévistes qu’il faut convaincre de rejoindre au mouvement. De la même manière, les mensonges de la direction concernant les encadrants du métro qui « auraient été forcé à se mettre en grève » pourraient être collectivement démentis par la discussion collective en AG afin d’unifier les salariés.

De plus, alors que l’inflation sévit, les assemblées générales peuvent permettre la mise en place de caisses de solidarité et de caisses de grève afin de permettre à l’ensemble des travailleurs de Tisséo de se mobiliser. C’est pour discuter et prendre des décisions démocratiques sur l’ensemble de ces questions qu’ouvrent la mobilisation que les assemblées générales sont primordiales.


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