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Grève pour les salaires

Toulouse. Après un premier débrayage à Thalès AVS, la mobilisation pourrait s’élargir

Ce lundi 9 janvier, les salariés de Thalès AVS ont été appelé à débrayer à Toulouse pour les salaires. Une soixantaine de salariés ont répondu présent, alors qu’un nouvel appel à débrayage est prévu pour le 12 janvier non seulement à Toulouse, mais sur 9 des 11 sites de Thalès AVS en France.

mercredi 11 janvier

Crédits photo : AFP/REMY GABALDA

Il y a tout juste un an, un mouvement de grève inédit et coordonné nationalement, avait touché le géant industriel Thalès. C’est dans l’une de ses entités spécialisée dans la fabrication d’équipements d’aide à la navigation aéronautique, Thalès AVS, que la colère recommence aujourd’hui à s’exprimer. A Toulouse, suite à une réunion d’information le 6 janvier dernier, une soixantaine de salariés de Thalès AVS ont débrayé pendant une heure pour les salaires dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO).

Ainsi, dans le tract de la CGT Thalès AVS de Toulouse du 9 janvier, le syndicat dénonce « la pire politique salariale du groupe Thalès » avec en guise d’augmentation« une proposition de 4.35 % pour 2023 » combinant augmentation générale et individuelle. En d’autres termes, au vu de l’inflation actuelle qui dépasse les 6 % en 2022, il s’agit d’une baisse du salaire réel des travailleurs de Thalès AVS.

La CGT dénonce également des « conditions fixées arbitrairement par la direction d’AVS et du groupe Thalès » concernant la prime de partage de la valeur (PPV). En plus des conditions jugées « draconienne », cette prime est également « plafonnée à 1000€ » alors que « la loi permet d’aller jusqu’à 6000€ ».

Pourtant, le géant de l’armement a amassé des profits records en 2022 sur fond de guerre en Ukraine et de surenchère à l’armement aux quatre coins du globe. En effet, comme le résume le journal Capital, « Thales finit l’année en tant que plus forte hausse de l’indice CAC 40, avec un gain de plus de 60%, distançant nettement son challenger, TotalEnergies »

Après ce débrayage toulousain réussi, de nouvelles réunions d’informations ont été organisées dès le 10 janvier, non seulement à Toulouse mais sur 9 des 11 sites de Thalès AVS en France. « Des premiers chiffres retombés, il y a eu un bon retour et des réunions qui ont regroupé plusieurs dizaines de personnes un peu partout » nous explique Dominique Ferrachat, délégué syndical central (DSC) de la CGT Thalès AVS. Plus encore, un nouvel appel à débrayage a été lancé sur ces 9 sites à échelle nationale pour ce jeudi 12 janvier.

Une colère sur les salaires qui s’expriment au même moment que l’annonce de la future réforme des retraites qui constitue une attaque frontale pour de nombreux travailleurs. Dans ce sens, Dominique Ferrachat résume la situation : « Non seulement il y a l’inflation, mais maintenant on nous dit qu’on va travailler plus longtemps. Le combat pour les salaires est lié à la question des retraites ».

Le second débrayage de ce jeudi 12 janvier est donc une suite de cette première manifestation de colère du 9 janvier, et pose les bases pour un élargissement de la contestation aux autres sites de Thalès AVS. Avec une entreprise désignée « championne 2022 au sein du Cac 40 », les salariés ont raison de refuser de payer la crise et de s’organiser pour des hausses de salaires dignes.



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