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Jeunesse

Masters en lutte

Toulouse. Au Mirail, les promotions de cinq masters se mobilisent collectivement !

A l’université du Mirail, à Toulouse, la mobilisation contre la réforme des retraites continue : les étudiants et quelques enseignants de cinq formations de master (en sociologie, psychologie, économie et philosophie) ont décidé collectivement de se déclarer en grève. Des initiatives qui en appellent d’autres !

mercredi 15 janvier

C’est le master de Nouvelle Économie Sociale (NES) qui a ouvert la danse. Lors de l’assemblée générale de rentrée, mercredi 8 janvier, plus d’une vingtaine d’étudiants accompagnés de quelques enseignants sont descendus en bas de l’amphithéâtre munis de pancartes « En grève » pour annoncer leur décision collective de rejoindre la mobilisation, et de s’organiser face à la contrainte des cours et des examens.

Peu de temps après, ce sont les étudiantes du master Genre, Égalité et Politiques Sociales (GEPS) qui ont décidé de se joindre à cette dynamique. Lors de l’assemblée générale du mardi 14 janvier, une étudiante de cette formation est venue lire une motion élaborée collectivement, mettant à profit les enseignements en sociologie et politique de genre pour contester la réforme des retraites que veut imposer le gouvernement. Texte qui a été envoyé aux étudiants de formations similaires dans plusieurs autres universités.

Qu’il s’agisse du master NES ou GEPS, cette volonté d’entrer collectivement dans la mobilisation n’a pas laissé les autres promotions indifférentes. Cette dynamique a entraîné 8 étudiants du master de Psychologie Clinique du Sujet (PCS) sur une promotion de 12 personnes à contacter leurs enseignants pour se déclarer également en grève et refuser de subir la pression des examens, en boycottant les partiels. Il en va de même pour les étudiants du master Psychanalyse, Philosophie et Économie Politique du Sujet (PPEPS) qui se sont réunis pour la première fois ce mercredi 15 janvier, après avoir majoritairement boycotté les examens de la semaine passée, afin de discuter des modalités de mobilisation qu’ils pouvaient mettre en place, en lien avec les autres masters en lutte. Dernières promotions à avoir rejoint la mobilisation : le master Médiation, Intervention Sociale, Solidarité (MISS).

En fonction des masters et des départements concernés (sociologie, économie, psychologie, philosophie…) les dynamiques sont différentes. Si certains enseignants sont entrés en grève et appuient les étudiants autant qu’ils le peuvent – le master NES se réunit par exemple quotidiennement dans une salle que les étudiants et les enseignants ont réquisitionné pour organiser la mobilisation – d’autres départements et l’administration de la fac cherchent à mettre les étudiants mobilisés sous pression.

C’est notamment le cas en psychologie où les enseignants refusent catégoriquement tout aménagement des partiels, ou encore de la présidence, qui organise une nouvelle session d’examens dès la semaine prochaine, ce qui est totalement illégal puisque les dates d’examens doivent être annoncée au minimum 15 jours à l’avance.

Pour les étudiants et les enseignants mobilisés dans ces différentes promotions, les perspectives sont nombreuses. Il s’agit tout d’abord de visibiliser ce type d’initiative en essayant d’entraîner massivement les autres étudiants, de la licence au doctorat, et les enseignants, dans la mobilisation, et de s’inscrire dans la lutte engagée depuis le 5 décembre contre le gouvernement et sa réforme des retraites, au côté des secteurs en grève. Pour cela, plusieurs actions se préparent sur le campus, et des liens se tissent avec le comité de mobilisation du Mirail mis en place dès novembre dernier ainsi qu’avec l’assemblée générale des travailleurs de la fac, qui avait réuni jusqu’à 100 personnes le lundi de la rentrée.




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