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Soit prof et tais-toi !

Toulouse. Contre la réforme Blanquer et la répression, les enseignants jettent leurs livres devant le Rectorat

Ce mercredi 5 février, pour protester contre la réforme Blanquer et la répression administrative et policière vis-à-vis de grévistes et des lycéens mobilisés contre les E3C, plus d’une centaine de personnels de l’éducation ont organisé une action « dépose ton sac » devant le Rectorat de Toulouse.

mercredi 5 février

Début janvier les avocats menaient des actions spectaculaires pour montrer leur opposition à la réforme des retraites et leur insubordination devant un gouvernement de plus en plus autoritaire et impopulaire. Jeter la robe, la blouse ou l’outil de travail est depuis lors une méthode d’action qui a inspiré d’autres secteurs comme la santé, les ouvriers de l’aéronautique ou l’Education Nationale.

Ce mercredi 5 février c’était le tour du personnel de l’éducation de Toulouse. Plus d’une centaine d’enseignants s’étaient donnés rendez-vous devant le Rectorat de Toulouse dans le cadre de l’action « dépose ton sac ». Tandis que les stylos et les manuels volaient, les personnels scandaient « on est là… », le chant qui rassemble les gilets jaunes, les jeunes et les grévistes dans la même lutte contre la répression du gouvernement et ses contre-réformes.

Elodie, mère et animatrice travaillant dans l’Education Nationale a témoigné des conséquences de la reforme Blanquer dans la scolarisation de ses propres filles et s’est solidarisée de l’action, pour l’avenir des élèves et contre la dégradation des conditions de travail du personnel d’éducation.

La colère était palpable tant contre la casse de l’enseignement et le déroulement des E3C imposé par Jean Michel Blanquer que contre la répression administrative et policière qui s’abat contre le personnel de l’Education Nationale, un des secteurs le plus mobilisés de la dernière période. En effet le recteur de Toulouse a annoncé que 6 profs risquent jusqu’à un an de prison et 7500 euros d’amende pour avoir « perturbé le bon déroulement des E3C ».

Une répression qui s’est aussi abattue contre les lycéens mobilisés. En ce début de semaine, alors que 46% des lycées sont mobilisés contre les E3C, 6 lycéens ont fini en garde à vue à Gagny. Un exemple de plus nous montrant – tel que nous le rappelle Sophie, enseignante en lycée – comment Blanquer fait passer la « suppression massive de postes » via « la répression administrative et policière des enseignants et des élèves ».

Depuis que la colère est montée d’un cran et que la base combative a pris le devant de la scène dans la lutte contre la réforme des retraites, la campagne de criminalisation des grévistes menée par le gouvernement s’est intensifiée. La répression qui s’est abattue sur les grévistes de l’énergie ou encore plus récemment les entretiens disciplinaires ouverts par la direction de la RATP témoignent de cette offensive du gouvernement, de l’administration et des patrons contre les secteurs les plus combatifs parmi les travailleurs. Alors que la macronie est de plus en plus contestée et qu’elle se trouve dans une situation de faiblesse profonde, elle s’apprête à sortir de l’impasse par la force. Une méthode non sans risques.




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