^

Notre classe

Au front sans armes

Toulouse. Des rassemblements en hommage aux personnels soignants décédés du Covid19

Comme partout en France, des rassemblements devant différents CHU ont eu lieu pour rendre hommage aux victimes du Covid-19 dans le rang des soignants mais aussi pour rappeler encore et encore la responsabilité du gouvernement dans le nombre de décès et ainsi assurer la continuité de la lutte contre la casse de leurs conditions de travail.

mardi 26 mai

Au moins 27 personnels soignants décédés des suites du Covid-19. Les morts, les contaminés mais aussi le mépris du gouvernement tout au long de la crise sanitaire ont laissé des traces, plus précisément une grande colère. Fin mars, Darmanin s’exclamait « la meilleure prime qu’on peut donner aux soignants, c’est de respecter les gestes sanitaires » alors que les soignants n’avaient pas suffisamment de matériels pour se protéger ce jusqu’à la fin avril dans la 6ème puissance économique mondiale.

En cette période de déconfinement et de réveil de la colère, les primes tombent, mais pas pour tous les soignants quand par ailleurs tous ont le droit à leur médaille... Puis le « Ségur de la santé » prend place, une occasion pour le gouvernement d’essayer de calmer la colère des soignants en assurant que « la revalorisation des salaires sera significative ». Avant d’ajouter que « le maître-mot sera celui du pragmatisme. Je ne préjuge pas ici du résultat des discussions qui se tiendront dans les prochains jours, mais j’ai dit qu’il fallait lever les contraintes de toute nature. Le temps de travail doit être regardé de la même façon », annonce Edouard Philippe.

Autrement dit, le premier ministre explique d’ores et déjà que s’il y aura une revalorisation des salaires, cela ne se fera pas sans contrepartie : celle de la libéralisation du temps de travail et le piétinement législatif des 35h à l’hôpital…

Plusieurs dizaines de personnes étaient présentes devant l’hôpital de Purpan, principalement des soignants. Un rassemblement ou Pauline Salingue, syndiqué CGT et militante du NPA, a exprimé la colère des personnels soignants, expliquant qu’« on va pas pardonner, on va pas oublier, et pour ça on va se battre dès maintenant », appelant notamment à construire la date de mobilisation dans la santé du 16 juin prochain.

Odile Maurin, Gilets Jaunes violemment réprimée a fait un discours de soutien aux soignants :

A l’hôpital La Grave le rassemblement a réuni une trentaine de personnes, des personnels de santé, des cheminots et Gilets Jaunes venus en soutien. Des rassemblements se sont aussi tenu devant les entrées de l’IUCT, Salies du Salat et Rangueil.

Le discours d’une syndiquée CGT était clair, il dénonce la gestion désastreuse de crise que ce soit d’un point de vue matériel ou humain dans les hôpitaux et qui se traduit par une insaisissable combativité. « Nous avons voulu nous rassembler aujourd’hui pour rendre hommage à nos collègues contaminé et décédés par le Covid-19 dans le cadre de leurs fonctions à l’hôpital, dans la santé en général dans toute la France et dans le monde. Nous pensons bien sûr à toutes les victimes de ce virus en première ligne ou non et à leur famille qui auront tout comme nous du mal à faire leur deuil sans ressentir une grande colère.

Car nous savons toutes et tous au fond de nous que les conditions n’ont pas été réunies pour protéger de manière efficaces les personnels en première ligne et en particulier dans la santé. Aujourd’hui les informations circulent vite et tout le monde a pu voir les premières victimes à l’autre bout du monde. Nous avions le temps, la technique et le savoir-faire pour éviter tellement de victimes. Mais comme à chaque fois on ne nous a pas écouter.

Au CHU de Toulouse la première alerte a été faite le 04 février par un courrier des élus du personnel, mais les actions sont arrivées à peine début mars, de longs jours se sont écoulés où beaucoup d’entre nous ont été contaminés. On nous a demandé parfois de venir travailler malades, certains ont contaminé leur famille ou cru l’avoir fait. Il n’y a pas eu de décès d’hospitaliers au CHU de Toulouse mais combien de chocs, de souffrances, d’angoisses inacceptables et même quand les consignes étaient données on manquait de masques, de tests, de protections en tout genre, de matériels aux normes. L’heure n’est pas au règlement de compte mais nous espérons tous qu’on nous rendra justice. Heureusement comme toujours dans la difficulté on s’est serré les coudes, malgré les disfonctionnements et les restrictions, on s’est auto-organisé pour trouver les meilleures solutions pour les patients, pour se protéger nous-mêmes, faisant tomber les barrières entre services, entre nous, entre structurse.

La barrière de la rentabilité pour parfois travailler, comme on nous l’a appris, dans les règles de l’art. Les murs que l’on a abattus ne doivent pas se reconstruire dans le monde d’après. Notre colère, nos larmes doivent au contraire aider à bâtir les jours heureux. Cela commence aujourd’hui par ce mardi de la colère et les autres en suivant et le 16 juin par la grande marée blanche pour sauver l’hôpital public et la sécurité sociale. Il n’y aura ni oubli, ni pardon, mais surtout un grand espoir, celui que l’on doit à toutes celles et tous ceux qui sont tombé et ont été touché par la crise sanitaire. On se retrouve dans la rue le 16 juin pour le plus bel hommage qu’on pourra leur faire : gagner et sauver l’hôpital public ».

Une interview de cette même aide-soignante syndiquée CGT revient sur les attaques du gouvernement :

La lutte continue avec des RDV tous les mardis à 14h devant les CHU, pour ces mêmes hommages.
Mais aussi plus particulièrement des rassemblements le :
- Mardi 02 juin, avec une action devant l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Toulouse
- Mardi 09 juin, avec une action devant la CPAM de Toulouse
- Et le Mardi 16 juin, une grande manifestation « marée blanche » pour rendre hommage aux soignants et continuer la lutte pour plus de moyens humains et matériels dans la santé.




Mots-clés

Coronavirus   /    Santé   /    secteur santé   /    Toulouse   /    Notre classe