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Toulouse. Deux infirmiers en EHPAD licenciés pour avoir réclamé l’ouverture d’un stock de masques

La semaine du 23 mars, deux infirmiers de l’EHPAD de La Cépière à Toulouse ont été licenciés avec intervention de la police après avoir exprimé la nécessité de porter des masques, la direction refusant d’ouvrir un stock de 600 masques malgré l’avis du Samu.

mercredi 22 avril

(crédit photo : AFP)

Dans un article de La Depêche, on apprend que la direction de l’EHPAD de la Cépière a licencié deux infirmiers en pleine crise sanitaire et économique, en raison selon les intéressés du fait qu’ils aient réclamé des masques pour protéger les résidents. Pire encore : la direction a accompagné le second licenciement d’une intervention de la police, pour faire sortir l’infirmier qui avait décidé d’attendre sa pause de 14h pour quitter les lieux.

Alors que le gouvernement est incapable de fournir le personnel soignant en matériel de protection et que le virus sévit parmi les personnes âgées, la situation est plus que tendue dans les EHPAD où le manque de moyen ne date pas du coronavirus. La gestion de crise criminelle du gouvernement a déjà provoqué de nombreux décès qui auraient pu être évités, en premier lieu du coté des résidents où l’on fait état d’une véritable hécatombe mais aussi du coté des soignants.

Dans ce contexte, quoi de plus normal que de s’inquiéter de l’absence de mesures élémentaires de protection dans les EHPAD ? À l’établissement de La Cépière à Toulouse, après que plusieurs résidents aient été malades et que le Samu soit intervenu en préconisant l’utilisation de masques, Sylvie a simplement demandé à pouvoir utiliser les masques stockés par la direction - environ 600 remisés dans un local, d’après elle. La directrice, agacée, lui aurait alors reproché d’avoir peur et de transmettre ce sentiment à toute l’équipe. Parce que Sylvie aurait insisté sur la nécessité de les déstocker, elle a été licenciée du jour au lendemain, à 53 ans et après 30 ans de service. À cette occasion, la directrice lui aurait également adressé une menace : « Hors de ma vue immédiatement sinon j’appelle la police… ».

Deux jours plus tard, son collègue Younès qui avait insisté jusqu’à obtenir l’ouverture du local pour récupérer les masques, a également été convoqué et licencié. Alors qu’il terminait son roulement pour finir des soins, la directrice a appelé la police pour l’escorter hors de l’établissement dans lequel il travaillait.

La direction de l’EHPAD de La Cépière a donc licencié la moitié de son personnel infirmier. Par la suite, un infirmier a démissionné. On voit bien comment la politique de la direction, dans la droite ligne de celle du gouvernement, consiste à faire payer la crise aux travailleurs - qu’ils soient en poste ou bien déjà retraités. Cela illustre la tendance répressive qui s’accentue en temps de crise contre les personnes les plus précaires, qui sont aussi les plus exposées aux risques sanitaires et économiques et donc les plus susceptibles de relever la tête contre un système tourné vers le profit, pour le transformer dans le but de satisfaire les besoins réels de la population. Parce que les soignants sont les seuls à connaitre les besoins réels des usagers, ils peuvent gérer les stocks et l’organisation de leur travail par eux-mêmes au travers de comités de travailleurs. La nationalisation des établissements de santé privés sous contrôle des soignants est plus que jamais nécessaire, pour ne plus jamais refaire face à des situations où le maintien des profits justifie de jeter des vies entières dans la précarité - voire directement vers la mort.




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