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Politique

De « héros » à indésirables

Toulouse. Deux infirmiers licenciés pour avoir réclamé des masques en pleine pandémie

Deux infirmiers d'un Ehpad de Toulouse ont été licenciés ce lundi. Ils avaient été mis à pied fin mars en pleine explosion de la pandémie de Covid-19 en France, pour avoir réclamé l'accès au stock de masques de leur établissement : ils sont accusés d'avoir instillé la peur parmi leurs collègues de travail…

lundi 6 juillet

Crédits photos PHILIPPE HUGUEN / AFP

Comme le rapporte La Dépêche ce lundi, deux infirmiers d’un Ehpad toulousain ont été officiellement licenciés, un peu plus de trois mois après avoir été mis à pied. Les faits qui leur sont reprochés ? Avoir demandé l’accès au stock de masques de leur établissement pour exercer au mieux leur métier en pleine pandémie, tout en exposant le moins possible des patients particulièrement à risque – au total la France ne dénombre pas moins de X morts en Ehpad depuis le début de la pandémie.

Nous sommes le week-end des 21 et 22 mars – soit à peine une semaine après le début du confinement – dans l’Ehpad de la Cépière, à Toulouse. Lors d’une garde, deux infirmiers découvrent cinq cas de diarrhée et réclament alors l’accès aux stocks de l’établissement pour se protéger au mieux face au risque d’une pandémie en plein développement partout en France. Demande refusée, alors que le pays fait face à une grave pénurie de masques, et plus globalement de moyens, pour équiper ses personnels soignants envoyés en première ligne face au virus.

Pire, la semaine suivante, les deux infirmiers sont mis à pied, l’un des deux se voyant contraint de quitter son lieu de travail sous escorte policière. Leur faute ? Avoir instillé la peur selon la justification du groupe DomusVi, auquel appartient l’Ehpad de La Cépière. Le tout, faut-il le rappeler, en tentant de protéger les résidents.

Trois mois plus tard, l’affaire est toujours en cours d’instruction, tandis que les deux infirmiers sont désormais officiellement licenciés. Leurs avocats, Mes Merouane Kennouche et Alexandre Parra-Bruguière, envisagent encore de démontrer la nullité des deux licenciements. Quoi qu’il en soit, le temps des applaudissements et de la reconnaissance pour les personnels soignants et tous les travailleurs, envoyés en première ligne pour combattre la pandémie – la plupart du temps avec de grave pénuries de protections – et qualifiés de « héros » par le président a fait long feu.

Ce double licenciement n’en est malheureusement qu’un exemple supplémentaire. Le 16 juin dernier, Farida, infirmière de 50 ans, était violemment interpelée lors de la manifestation des soignants parisiens pour réclamer davantage de moyens pour un service public frappé de plein fouet par les politiques d’austérité depuis de longues années. Encore une fois, la réponse de la Macronie aura été unanime : celle de la répression de toute contestation de la part des travailleurs.




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