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Toulouse. Droit de retrait au lycée de Bellevue pour plus de moyens et des conditions sanitaires à la hauteur

Au lycée de Bellevue à Toulouse, une trentaine d'enseignants se sont mis en droit de retrait ce matin afin d’exiger des moyens supplémentaires, en ce contexte de crise sanitaire, et de dénoncer les conditions précaires des agents, engagés par la région.

mardi 13 octobre

Crédits photo : La Dépêche du Midi

Dans l’éducation nationale, la rentrée s’est faite sous le spectre du manque de moyen, mis en lumière par la crise sanitaire. Des classes bondées, des personnels surchargés, des conditions de travail qui se dégradent, les enseignants dénonçaient ce matin cette situation à l’origine de leur mobilisation, à travers un droit de retrait. « Si nous on a pas de moyens, les hôpitaux j’ose même pas imaginer », expliquait ainsi une enseignante, montrant son désarroi face aux manque de moyens dans les services publics en général « dont nous on paye les frais sur notre santé.

Ce matin, au centre des revendications se trouvait les conditions de travail des agents d’entretien du lycée, engagés par l’agence régionale de santé, qui ont une charge de travail énorme, venue s’accroître avec la crise sanitaire. En effet, ces agents doivent prendre en charge l’entretien de l’accueil, la restauration, le nettoyage ainsi que la maintenance. Avant la crise sanitaire, parvenir à mener à bien toutes leurs missions, dans un lycée de 2000 élèves et 23 hectares seulement une soixantaine d’agents embauchés, était déjà quasi intenable.

Seulement, la situation sanitaire est venue aggraver les conditions de travail des agents qui subissent de plein fouet le manque de moyens et la gestion catastrophique de la crise sanitaire. En effet, ces derniers ont vu leur effectif divisé par deux du fait qu’une partie d’entre eux, pour des raisons médicales, ne peuvent prendre en charge l’ensemble des tâches. Mais face à cette situation, l’Agence Régionale de Santé n’a engagé aucun agent pour pallier à ce manque depuis le début de la crise, ce qui rend la situation cauchemardesque et met en danger les agents ainsi que les usagers du site, personnels et élèves. Ce qui semble peu importer à la région, qui envoie un agent contractuel pour 3 agents absents, ce qui rend évidemment la situation invivable pour ces derniers, qui doivent gérer la charge de travail de 3 personnes.

A travers leurs mobilisations, les enseignants ont souhaité faire part de leur solidarité aux agents d’entretien, avec comme principale revendication l’embauche d’agents par la région, ainsi que dénoncer le danger que représente de tels manque de moyens. Du fait du manque d’effectif, les agents ne peuvent par exemple pas remplir les boites de gel hydroalcoolique dans les classes de cours, empêchant tout respect sérieux des conditions sanitaires. Une constante en cette rentrée dans l’ensemble des établissements, devenu, avec les universités, le premier foyer de contamination. Puisqu’aucun moyen supplémentaire et à la hauteur des enjeux ont été mis en place par le gouvernement pour faire face à la crise sanitaire. Des moyens qui auraient pu permettre, au-delà d’améliorer les conditions de travail des personnels et d’enseignement et d’accueil des élèves qui se dégradent années après années, de réorganiser les locaux, embaucher de nouveaux personnels pour réduire le nombre d’élèves par classe afin de pouvoir appliquer et respecter dans les faits un protocole sanitaire minimisant le plus possible les risques de contamination.

En ce sens, les enseignants du lycée Bellevue dénonçaient également ce matin la problématique du self, beaucoup trop exigu pour accueillir l’ensemble des élèves, ce qui crée non seulement des potentiels foyers, mais vient aussi désorganiser les emplois du temps. « En plus du côté du gouvernement, ils se vantent comme si il n’y avait aucun soucis » raille un des enseignants, « on se demande pourquoi on prend pas de mesure supplémentaire ici. ».

Tout comme depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement continue évidemment de prioriser, au péril de notre santé, de nos conditions de vie et de travail, les intérêts économiques. Ainsi, pas un centime de plus pour l’Education, la Santé et l’ensemble des services publics, mais des milliards pour le patronat. Les enseignants de Bellevue ne sont pas les seuls à Toulouse à dénoncer actuellement cette réalité et exiger la prise en compte de notre santé, à travers de meilleures conditions sanitaires et de travail. Ces éléments sont également présents dans la lutte actuelle des salariés d’Onet-Airbus, et à travers le droit de retrait des salariés d’Airbus.




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