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Toulouse. Enseignants, AED, BIATS et étudiants mobilisés le 26 janvier !

Ce mardi 26 janvier est prévue une nouvelle journée de mobilisation dans l’Education Nationale et dans l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. A Toulouse, le rendez-vous pour le départ de la manifestation est donné à 11h30 à l’arche Marengo (Médiathèque José Cabanis – Métro Marengo SNCF). Les organisations étudiantes, dont Le Poing Levé Mirail, appellent la jeunesse à se mobiliser !

lundi 25 janvier

Crédit photo : Révolution Permanente

Ce mardi 26 janvier est prévue une nouvelle journée de mobilisation dans l’Education Nationale et dans l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Plusieurs secteurs y sont attendus, dénonçant chacun le manque de moyens structurels dans domaine de l’éducation, que la crise sanitaire n’a fait que mettre en lumière. A Toulouse, le rendez-vous pour le départ de la manifestation est donné à 11h30 à l’arche Marengo (Médiathèque José Cabanis – Métro Marengo SNCF).

L’Education Nationale en première ligne : enseignants, AED, c’est ensemble qu’on gagnera !

La colère gronde dans l’éducation, du primaire à l’ESR, et les enseignants l’expriment déjà depuis plusieurs années. A Toulouse, un mouvement de grève important s’était tenu pour bloquer le Bac Blanquer en 2018 qui est venu accroître les inégalités, déjà existantes, entre les élèves. Les personnels de l’Education Nationale ont, à travers cette bataille, consolidé un cadre d’Assemblée Générale, l’AG Educ, qui, lorsqu’ils sont repartis massivement en grève quelques mois plus tard pendant la réforme des retraites, leur a permis de construire une mobilisation active et de devenir un des secteurs à l’avant-garde de la lutte contre cette réforme. Ce cadre d’organisation leur a permis non seulement de coordonner les établissements et les initiatives locales, mais également de maintenir l’unité dans l’élaboration démocratique des revendications et des actions.

Alors, quand à la Toussaint, des blocages d’établissements et des grèves d’enseignants se sont tenus pour protester contre le manque de protocoles sanitaires dans le milieu scolaire, notamment en région parisienne, plus de 200 personnels toulousains du secteur se sont réunis en Assemblée Générale le 10 novembre, répondant à l’appel à la grève nationale et réussissant à organiser une manifestation réunissant 1500 personnes. Et c’est grâce au mouvement de grève mené par les enseignants, qui se sont organisés avec les élèves et leurs parents pour élaborer leurs propres protocoles sanitaires, qu’ils ont réussi à imposer au gouvernement l’instauration des demis-groupes dans les établissements.

Aujourd’hui, alors que la situation sanitaire se dégrade de jours en jour et qu’un confinement se dessine de plus en plus dans le paysage, la question des établissements scolaires est au centre des préoccupations. Dans le département de la Haute-Garonne, les fermetures d’établissements se multiplient au vu de la hausse des contaminations : rien qu’à Toulouse, le collège Hubertine-Auclert, l’école élémentaire Papus, l’école Simone Veil et le lycée Myriam sont désormais fermés, ainsi qu’au niveau départemental, une école à Auterive et la maternelle de Villefranche-de-Lauragais. Selon un article de 20 Minutes, 520 cas positifs auraient été recensés par l’Académie, dont 80 personnels, certains étant touchés par un nouveau variant du Covid-19, selon le rectorat. Cette accélération inquiète d’autant plus face à l’acharnement du gouvernement, qui fait de l’ouverture des établissements scolaires son cheval de bataille, sans leur donner aucun moyen supplémentaire pour autant, réaffirmant encore une fois quel objectif il accorde au maintien des cours - à savoir de jouer le rôle de garderie du MEDEF.

C’est dans cette situation, qui risque de devenir rapidement dramatique, que la journée de mobilisation de demain s’inscrit. Plusieurs organisations syndicales (Snuipp-FSU 31, Sud Education 31, FNEC-FP-FO 31, Snu-EP-FSU, CGT Educ’action 31, SNES-FSU, et la CNT) y appellent, en dénonçant la mascarade du Grenelle de l’Education et en revendiquant des créations de postes massives, un plan d’embauche et de titularisation, l’augmentation des salaires, mais également le retrait de la réforme Blanquer. A ce titre, les acquis en terme d’auto-organisation du personnel éducatif toulousain doivent être mis à profit pour pouvoir construire un rapport de force contre le gouvernement, en portant ces revendications à l’Assemblée Générale qui se tiendra à 9h30 sous l’arche Marengo, mais aussi en s’inspirant de la mobilisation parisienne à la Toussaint pour élaborer des protocoles sanitaires propres en lien avec les élèves et leurs parents pour faire face à la situation sanitaire.

Seulement, les enseignants ne partiront pas seuls demain, puisqu’une journée de grève est également appelée chez les Assistants d’Education, les petites mains essentielles des établissements scolaires. Les AED, qui se sont massivement mis en grève le 1er décembre, organisant une mobilisation historique à échelle nationale, exprimant une colère profonde dans un des secteurs précaires de l’Education Nationale. Contrats précaires, mis à la porte au bout de 6 ans, sans aucune reconnaissance des tâches effectuées, qui sont pourtant multiples, les raisons de la colère sont plurielles. Mais la goutte d’eau a été, encore une fois, la crise sanitaire, avec une augmentation des charges de travail sans aucun moyen supplémentaire, les AED se retrouvent constamment en sous-effectif et pourtant en première ligne face aux risques de contamination, mais également en première ligne du « flicage » des élèves, entre le port du masque, la fouille et la vérification d’identité systématique depuis l’instauration du plan « Vigipirate ».

A Toulouse, organisés en Assemblée Générale devant le rectorat dès le 1er décembre, les AED qui revendiquent la fin des contrats précaires et une réelle reconnaissance du statut, mais aussi des moyens et des embauches massives, ont organisé une nouvelle journée de grève le 19 janvier, et ont appelé à rejoindre les autres secteurs de l’Education Nationale. Cette jonction entre les secteurs est en effet essentielle, puisqu’en portant leurs propres revendications aux côtés des autres personnels de l’Education Nationale, les AED pourront avancer dans la construction d’un rapport de force face au mépris que continue de leur adresser Blanquer. En cela, les AED sont appelés à participer à l’Assemblée Générale sous l’arche Marengo, ce qui est premier pas pour incarner concrètement cette jonction et s’inspirer des méthodes d’auto-organisation des enseignants.

L’Enseignement Supérieur et de la Recherche, étudiants, combattons la précarité qu’on veut nous imposer !

La journée de mobilisation du 26 peut permettre de poser la base d’une mobilisation dans le secteur de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Sous le joug de réformes néolibérales depuis des années, qui tendent à toujours plus privatiser les universités et en précariser le personnel, le secteur était pourtant nationalement mobilisé en mars dernier, peu avant la fermeture des universités. Au Mirail, la mobilisation contre la Loi Pluriannuelle de Programmation de la Recherche (LPPR, maintenant LPR) avait permis de révéler l’existence de la précarité à tous les étages de l’université. Enseignants précaires, secteurs de la recherche bouchés faute de financements : la LPR venait aggraver des logiques déjà existantes, poussant à toujours plus de compétitivité dans les universités.

Alors qu’en novembre, pendant le deuxième confinement, le gouvernement a fait passer la LPR en force, véritable couteau dans le dos pour tous les personnels qui s’étaient mobilisés, la colère qui s’exprimait le 5 mars doit de nouveau conquérir un espace dans la rue, aux côtés des personnels de l’éducation mais également aux côtés des étudiants, qui sont eux aussi en première ligne des conséquences des réformes néolibérales dans les universités qui appliquent une sélection brutale des plus précaires.

Les étudiants occupent ces dernières jours l’espace médiatique, et pour cause : rien que la semaine dernière, ce sont 4 étudiants qui ont tenté de mettre fin à leurs jours, et 2 se sont suicidés, montrant de manière dramatique la détresse actuelle que traverse la jeunesse. Et comme pour beaucoup, la précarité est loin d’être une nouveauté, mais la crise sanitaire est venue approfondir les tendances déjà existantes. Les étudiants sont touchés violemment par le manque de moyens structurels dans les universités, et ce d’autant plus que celles-ci sont fermées depuis maintenant un an. Isolement, précarité grandissante, perte d’emploi, couplés aux cours en distanciel et au maintien de la sélection par les examens, la situation à de quoi alarmer. Alors que l’obtention d’un diplôme ne garantie même plus de trouver un emploi en sortant de l’université, les étudiants se retrouvent face à un marché du travail saturé, sans perspectives d’avenir, et ce alors même que des salariés se font licencier par milliers. Alors que pour les générations précédentes, la précarité étudiante pouvait représenter un « passage transitoire » à des conditions de vie plus stables, aujourd’hui, c’est la précarité tout au long de la vie qu’on cherche à leur imposer. Au vu de l’hécatombe au niveau de l’emploi auquel les salariés font face aujourd’hui, et que la jeunesse devra affronter demain, la lutte à leurs côtés n’est pas une option, mais une nécessité. Face à la détresse, dont les conséquences dramatiques se sont multipliées, des premières journées de mobilisation se sont tenues la semaine dernière dans plusieurs villes, comme le 20 janvier à Paris, Bordeaux, Strasbourg, et plusieurs sit-in ont été organisés, notamment à Toulouse, ce jeudi 21 janvier place du Capitole :

Face à cette situation, l’heure n’est pas à la résignation, mais bien à la mobilisation. Pour cette journée du 26, un cortège de l’ESR, réunissant étudiants et personnels est appelé par plusieurs organisations étudiantes, dont le Poing Levé Mirail. Cette journée de mobilisation peut être en effet un premier pas pour construire un mouvement étudiant d’ampleur. A ce titre, une Assemblée Générale est appelée dans chaque université de Toulouse le 1er février, auxquelles il faudra se rendre nombreuses et nombreux pour y porter nos revendications d’urgence quant à détresse étudiante. Car s’il est nécessaire de rouvrir les universités, il faut que cette réouverture soit conditionnée à des moyens massifs, permettant de mettre en place un plan d’embauche, la réquisition d’infrastructures, des moyens sanitaires suffisants pour faire face à la crise (masques gratuits et centre de dépistage). Seulement, il serait illusoire d’attendre que le gouvernement nous les donne pacifiquement, et c’est en élaborant nos propres protocoles sanitaires aux côtés des personnels qu’on pourra imposer nos conditions de réouverture des universités.

La jonction de plusieurs secteurs de l’éducation pour la journée de demain est une avancée. Mais nous devons également porter une alternative à la division des dates, qui réduit nos forces en éparpillant les journées de grève sur le mois de janvier. Alors que pour réussir à gagner contre le gouvernement et ses politiques pro-patronales, il va falloir s’unir non seulement par secteur, il est primordial de se battre aux côtés de tous les secteurs en lutte actuellement, et ce autour d’un programme de lutte commun. Puisque les capitalistes sont déterminés à faire payer la crise aux services publics, aux salariés et à la jeunesse, c’est en ripostant tous ensemble qu’on fera plier ce gouvernement !




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