×

Réforme des retraites

Toulouse. L’AG éducation appelle à construire des rencontres interprofessionnelles

Le 31 janvier, une deuxième assemblée générale de l’éducation s’est tenue à Toulouse. Pour répondre aux limites de la grève et durcir la mobilisation, il a été décidé de multiplier les AG, d'interpeller l'inter-syndicale pour un plan de bataille à la hauteur, et d'organiser des rencontres inter-profesionnelles.

Sofia Malone

4 février 2023

Facebook Twitter

Le 31 janvier dernier, les personnels de l’éducation nationale étaient nombreux à prendre les rues toulousaines, réunis dans des cortèges syndicaux, et pour certains dans des cortèges d’établissements. Après la manifestation, environ 150 grévistes se sont réunis en assemblée générale à la bourse du travail, pour faire le point sur la mobilisation et discuter de la suite à donner au mouvement.

L’AG a esquissé un tableau conforme à la dynamique du secteur à l’échelle nationale, avec des taux de grève importants mais en baisse, et quelques nuances au niveau local : dans certains secteurs, comme celui du centre-ville, les chiffres étaient en effet plus faibles le 31 que le 19 ; mais dans des secteurs plus périphériques, notamment autour de l’école de Caraman ou du collège Germaine Tillon d’Aussone, les collègues rapportaient des taux de grève supérieurs ainsi que la création d’assemblées générales de secteurs réunissant plusieurs communes. De manière plus exceptionnelle, certains établissements étaient très mobilisés, à l’image du lycée Berthelot qui a enregistré 80% de grévistes chez les profs, et 100% au sein de la vie scolaire et des agents territoriaux

Si le cadre de cette AG éducation constitue un réel point d’appui pour penser et organiser la suite de la mobilisation, les dynamiques témoignent de difficultés de structuration à la base, élément pourtant clé pour étendre, massifier la grève et imposer un rapport de force plus dur et à même de nous faire gagner. Afin de dépasser ces limites, les grévistes ont discuté et acté, par le vote, plusieurs résolutions.

Consolider et multiplier les AG d’établissements et de secteurs

La première d’entre elles consiste à encourager le développement de l’auto-organisation, une tension déployée depuis le début de la mobilisation dans le secteur de l’éducation nationale à Toulouse : de nombreuses AG de secteurs et quelques AG d’établissements ont été organisées suite à la première journée de grève du 19.

Ces cadres sont pensés comme des outils permettant de structurer la mobilisation et de l’étendre à la base, en allant chercher les collègues non-grévistes et en trouvant des solutions pour surmonter les difficultés de la grève. En ce sens, les AG ont permis la mise en place de diverses caisses de grève, comme dans le secteur Fronton-Villemur où cela a permis de rembourser la grève de l’ensemble des personnels de la vie scolaire. Ce sont aussi des espaces permettant à l’ensemble des grévistes de s’approprier la grève, ses rythmes et son calendrier.

L’AG éducation du 31 a donc voté un « appel à développer les AG de secteurs et d’établissement pour mettre en œuvre la reconduction ».

Une interpellation de l’intersyndicale pour un plan de bataille permettant de construire la reconductible

Alors que l’intersyndicale refuse encore d’aborder la reconductible au profit d’une stratégie de pression pariant sur les fragilités du macronisme et sur l’idée que quelques journées isolées suffiraient pour faire retirer la réforme, les grévistes ont exigé un plan de bataille plus dur. Un plan de bataille posant la question de la reconductible, en lien avec les secteurs qui soulèvent aujourd’hui cette question, à savoir les raffineurs, l’énergie, les ports et docks, et les cheminots.

Ainsi, l’AG a voté une motion adressée « aux confédérations syndicales, à l’intersyndicale interprofessionnelle départementale 31 et aux syndicats de l’éducation, estimant qu’il « faut resserrer le calendrier des grèves et des manifestations » et « qu’il faut rapidement décider d’appeler à la grève reconductible dans l’unité la plus large possible pour gagner ».

En ce sens, elle a affirmé « approuver le calendrier » proposé par les fédérations CGT de la pétrochimie et de l’énergie qui appellent respectivement à des journées de grève le 6 ,7 et le 8 février, et par la CGT Cheminots et Sud Rail qui appellent aux 7 et 8 février. Ce dans le but de construire la reconductible mi-février.

L’appel à une rencontre interprofessionnelle pour construire l’unité à la base et la reconductible

Invités par la commission interprofessionnelle, un représentant syndical de la CGT Énergie ainsi qu’une cheminote étaient présents à l’AG, manifestant la volonté de se coordonner avec les autres secteurs de la ville.

Afin de construire cette reconductible défendue par un certain nombre de grévistes de l’éducation, mais pas seulement, il est en effet nécessaire de développer l’unité à la base entre les différents secteurs. Celle-ci est clé pour réussir à construire un plan de bataille commun, à même de durcir le rapport de force contre le gouvernement.

En ce sens et après discussion, les grévistes ont acté le principe d’organiser une rencontre interprofessionnelle à l’occasion de la prochaine date de mobilisation nationale. Une échéance qui pourrait marquer un saut dans la dynamique locale du mouvement de grève. D’autant que cette prochaine date de mobilisation nationale est appelée le 7 février, le même jour que les 48h déposées par les raffineurs, les travailleurs de l’énergie, ceux des ports et docks et des cheminots. Il existe donc un espace et une fenêtre de tir pour commencer à construire collectivement un plan de bataille plus dur.

Pour étendre et radicaliser le mouvement, les personnels de l’éducation ont un rôle essentiel à jouer en développant les liens entre les différents secteurs, en participant à la grève à leurs côtés et en encourageant les méthodes d’auto-organisation dans les différents secteurs.

À Toulouse, les personnels de l’éducation sont à ce jour le seul secteur à tenir régulièrement des AG pour tenter d’organiser les grévistes à la base. Ils peuvent contribuer à développer cette méthode dans des secteurs qui ont davantage de force de frappe pour bloquer l’économie, mais où il existe pour l’instant moins de tension à s’organiser par la base entre grévistes, comme l’aéronautique. En 2019, déjà, le secteur de l’éducation avait été très actif localement dans la construction d’une interprofessionnelle et d’actions unitaires.

Tous les secteurs mobilisés pourraient ainsi se saisir de l’organisation de rencontres interprofessionnelles, en en discutant dans leurs propres assemblées générales, ou bien en créant des assemblées générales afin d’organiser leur participation aux rencontres. Un premier pas pour se réapproprier la grève, briser la passivité imposée par l’intersyndicale et son calendrier décidé par le haut, sur lequel aucun gréviste n’a de prise.


Facebook Twitter
Grève à la RATP : la colère grandit, quelle perspective pour massifier la mobilisation ?

Grève à la RATP : la colère grandit, quelle perspective pour massifier la mobilisation ?

Fusion de l'audiovisuel public : une grève massive contre le projet de Macron

Fusion de l’audiovisuel public : une grève massive contre le projet de Macron

4 grévistes de Rougier & Plé menacé·es de licenciement suite à leur mobilisation

4 grévistes de Rougier & Plé menacé·es de licenciement suite à leur mobilisation

Débrayages quotidiens, journées fortes : l'AG des Neuhauser vote la grève en soutien à Christian Porta

Débrayages quotidiens, journées fortes : l’AG des Neuhauser vote la grève en soutien à Christian Porta

Toulouse : la menace d'une privatisation sème le chaos dans un centre d'aide sociale à l'enfance

Toulouse : la menace d’une privatisation sème le chaos dans un centre d’aide sociale à l’enfance

Répression à l'usine de Toray : le secrétaire fédéral de la FNIC-CGT menacé de licenciement

Répression à l’usine de Toray : le secrétaire fédéral de la FNIC-CGT menacé de licenciement

« L'impunité patronale doit cesser » : Sophie Binet soutient Christian Porta face à l'acharnement d'InVivo

« L’impunité patronale doit cesser » : Sophie Binet soutient Christian Porta face à l’acharnement d’InVivo

Acharnement : InVivo relance une procédure de licenciement après sa défaite aux Prud'hommes

Acharnement : InVivo relance une procédure de licenciement après sa défaite aux Prud’hommes