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Jeunesse

Toulouse. L’Université Capitole, un exemple d’une gestion catastrophique de la crise sanitaire

Alors qu'un tiers des clusters en cours d’investigation concernent le milieu scolaire et universitaire, chiffre arrêté au 21 septembre, la situation à l'université Capitole à Toulouse met au devant de la scène la mauvaise gestion de la rentrée par les universités. En première ligne des mesures insuffisantes : étudiants et personnels.

lundi 28 septembre

Des mesures insuffisantes, une rentrée chaotique

En début de rentrée, l’université avait misé sur une modalité présentielle contrôlée avec une obligation du port du masque (bien qu’il n’y ait pas eu de distribution qui dépasserait le masque unique par étudiant), la distribution de gel hydroalcoolique ainsi que la mise en place de sens de circulation au sein de la fac. Des mesures extrêmement faibles quand on sait que près de 21 800 étudiants ont fait leur rentrée cette année et que ces mesures n’ont signifié en aucun cas des restrictions quant à la quantité d’étudiants acceptés en amphis ou en travaux dirigés. Des conditions qui surpassent parfois de très loin le mètre de distanciation, dans des amphis bondés et avec une circulation d’air quasiment nulle.

Ce fut donc une rentrée chaotique à l’Université Capitole 1, et l’annonce de 64 étudiants contaminés le 18 septembre a poussé la direction à mettre en place de nouvelles modalités d’enseignement. À partir du 28 septembre, une alternance entre des cours en présentiel et des cours à distance sera effective, ainsi que la réduction des travaux dirigés, dans le but de réduire de moitié la présence des étudiants. Néanmoins, les mesures discriminent certains masters qui continuent à se tenir en présentiel.

Le discours de la présidence, en la personne de Corrine Mascala, cherche pourtant toujours à faire porter la responsabilité des clusters dans les universités aux étudiants qui seraient trop fêtards, irresponsables et qui ne respecteraient pas les gestes barrières. Elle l’indique en effet : « Et puis, on sait ce qu’on fait à l’université, on arrive à canaliser nos étudiants, mais ce sont des adultes, et quand ils sortent, on ne sait pas ce qu’ils font. Et on les récupère le lendemain », explique-t-elle dans une interview pour France 3.

Ce même discours converge avec celui du gouvernement qui continue à pointer la « responsabilité individuelle », tout en prenant des mesures insuffisantes et en continuant de saigner les budgets des services publics tels que l’université et les hôpitaux.

Bien que la distanciation sociale et les mesures barrières soient prônées par le gouvernement, de telles mesures n’ont jamais pu être respectées à l’UT1 depuis le début du mois de septembre, où les amphithéâtres se sont retrouvés bondés, de sorte qu’il était impossible pour les étudiants de respecter la distanciation sociale. En même temps, le manque de place dans les amphithéâtres de la fac de l’Arsenal n’est pas nouveau : depuis de nombreuses années, certains étudiants sont même contraints de s’asseoir par terre ou sur les escaliers en début d’année lorsque le nombre d’étudiants est à son maximum. Le nombre de place assises est donc parfois inférieur au nombre d’étudiants inscrits.

La situation actuelle tire ses origines des coupes budgétaires à l’université visant à restreindre l’entrée des classes populaires à la fac et à réserver les filières comme le droit et l’économie aux étudiants les plus aisés. En témoigne notamment la difficulté dans ce type de filière pour les étudiants les plus précaires à obtenir un diplôme et à s’orienter. Une situation qui s’accentue d’autant plus désormais que la simple présence obligatoire à l’université dans de telles conditions pour un étudiant précaire signifie aussi la possibilité d’une infection au Covid19, la perte de son emploi et l’entrée dans un cercle vicieux de décrochage des études.

Des emplois précaires pour pallier au manque de moyens !

La tâche est donc lourde pour « les médiateurs sanitaires », employés précaires sauce université publique proposés à d’anciens étudiants actuellement sans emplois pour jouer un rôle de soupape au sein de la fac, notamment en contrôlant le bon port du masque ainsi que le respect des quelques conditions sanitaires imposées par l’université. Ils sont notamment chargés de faire respecter des mesures sanitaires illogiques, telles que la distanciation dans les couloirs alors même que celle-ci n’est pas respectée dans les amphithéâtres. Un emploi qui se dénote par l’importante exposition au Covid auquel il soumet ces étudiants comme par la ridicule durée de son contrat : un mois.

C’est donc par le biais de contrats précaires, pour rappeler les étudiants à l’ordre, que l’université vise à résoudre le manque de moyens et de mesures à la hauteur de la situation. Pourtant, il existe une alternative aux deux voies qui nous sont présentées comme étant les seules envisageables, à savoir d’un côté le présentiel sans respect des distances de sécurité avec des amphithéâtres bondés, et de l’autre le tout distanciel qui va forcément conduire au décrochage de nombreux étudiants, particulièrement des étudiants les plus précaires.

Cette troisième voie serait l’ouverture de plus de salles de classe et l’embauche de professeurs afin que les cours puissent avoir lieu en petits groupes. Également, il serait important qu’il y ait un centre de dépistage sur l’université, à l’image de celui qui a été mis en place sur la Place St Pierre à Toulouse, qui n’est ouvert que de manière ponctuelle et qui ne permet absolument pas de faire face à la demande. Cela permettrait aux étudiants de se faire tester rapidement et de pouvoir ainsi s’isoler en cas de contamination. Dans les conditions actuelles, les laboratoires qui opèrent les tests Covid sont débordés et manquent cruellement de moyens, ce qui conduit de nombreuses personnes à renoncer à se faire tester, et allonge dans tous les cas les délais d’obtention des résultats.

Tout cela demanderait un investissement massif dans les universités et les services publics en général. Alors que le gouvernement accorde près de 100 milliards d’euros aux patrons en mélangeant greenwashing, cadeaux fiscaux et augmentation de dividendes pour les actionnaires, les présidences d’universités ne font pas plus que jouer le rôle de relai de ces décisions et gérer la crise sanitaire en mettant en danger la vie des étudiants et des personnels. Il nous faut affirmer que les moyens actuels nécessaires doivent être piochés dans les poches des actionnaires qui se sont enrichis pendant la crise sanitaire. En effet, le CAC 40 a versé 63 milliards de dividendes pendant la crise- mais rien en revanche, rien, si ce n’est des miettes, pour le financement des services publics.

Face à cette gestion capitaliste de la crise qui se ressent tant dans le plan économique que sanitaire, avec le NPA Jeunes/ Révolution Permanente, nous avançons un programme d’urgence face à la situation désastreuse dans les universités afin que ce ne soit ni à la jeunesse ni aux travailleurs de payer la crise :

- La distribution gratuite de masques de qualité pour que personne n’ait à en utiliser des périmés ou des inefficaces.
- La transparence totale sur les cas et les mesures prises, et que soient définitivement arrêtées les pratiques d’omerta de la part des directions d’universités.
- L’ouverture de centres de dépistages directement sur les campus. C’est la seule condition pour que tout le monde puisse se faire dépister, d’autant plus lorsqu’une grande partie des laboratoire existants sont saturés.
- Un investissement massif dans le service public et concrètement dans l’enseignement supérieur. Cela a pour but garantir l’ouverture de nouvelles salles afin d’empêcher que les étudiants soient entassés dans des classes bondées. Pour cela, il nous faut aussi revendiquer le dégel des postes, la titularisation des personnels précaires et l’embauche d’enseignants et personnel à salaire décent.

Toutes ces mesures on peut les financer en allant chercher l’argent là où il est : chez les capitalistes. Pour financer les moyens nécessaires à la résolution de la crise sanitaire, luttons pour un impôt fortement progressif sur le capital et les grandes fortunes !

Si tu as des informations, photos, témoignages, pour illustrer le chaos de cette rentrée sanitaire, n’hésitez pas à nous contacter !

Avec le collectif Le Poing Levé, impulsé par les militants du Npa Jeunes / Révolution Permanente, nous sommes présents sur les différents campus de la ville rose pour s’organiser et défendre ces mesures. Ici, un article sur la situation au Mirail

N’hésitez pas à nous contacter sur Facebook, sur Twitter ou sur Instagram pour en savoir plus sur notre bataille !




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