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Jeunesse

Ils précarisent, on s'organise !

Toulouse. Mercredi 3 Mars : Journée contre la précarité étudiante à l’université du Mirail !

Ce mercredi 3 mars, dans un contexte de précarité grandissante des étudiants est organisée une journée contre la précarité étudiante. Dès 9h, des tables de discussions seront installées sur la fac. A partir de midi sera mis en place une scène ouverte, pour ensuite laisser place aux prises de paroles libre et aux débats. N’hésitez pas à venir en nombre – et masqué·e – pour discuter, débattre, ou faire une démonstration de vos talents !

lundi 1er mars

Dans un contexte ou Vidal fait des promesses dans l’air aux étudiants concernant le retour en présentiel, le 3 mars les étudiants du mirail réinvestissent l’université ! En effet, Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, annonçait le 22 février dernier sur RTL que d’ici la fin du mois « tout le monde aura repris » en présentiel. Cette déclaration est une provocation énorme, au vues des réelles mesures mises en place par la ministre. En effet, au regard des moyens minimes mis en place dans les universités pour assurer un semblant de continuité pédagogique, ces mesures sont inapplicables. Mais plutôt que d’investir massivement dans l’université, Vidal lance une offensive islamophobe à l’université avec la demande d’une enquête concernant "l’islamo-gauchisme", et lance des paroles en l’air.

La ministre explique ainsi que les établissements scolaires auraient simplement à réajuster les emplois du temps, tout en organisant une présence alternée sur les sites : 60% en présentiel et 40% en distanciel. Or, la réorganisation les emplois du temps sur la fac, couplée à une alternance du présentiel, n’est pas suffisant pour assurer un retour en présentiel qui permet le respect des conditions sanitaires, et des conditions d’études viables. Non seulement La reprise du présentiel nécessite un apport de moyens conséquent, mais la mesure visant à alterner la présence des étudiant·e·s sur la fac dénote, elle, d’un aveu affiché de limiter les coûts de prise en charge de la crise à l’université. Si la situation d’isolement et de détresse des étudiants implique une reprise en urgence , celle ci est conditionnée à un plan d’investissement massif dans les universités. Il nous faut exiger la titularisation de nombreux professeur·e·s précaires ainsi qu’une embauche massive qui permettrait aux universités dont les locaux le permettent, de préférer une option de dédoublement des classes plutôt que d’imposer un distanciel alterné. Mais l’université ne se limite pas aux professeur·e·s et aux élèves. Le personnel d’entretien est aussi primordial, notamment en cette période. Pour prendre l’exemple de la fac du Mirail : l’établissement sous-traite une agence d’entretien pour assurer la propreté des locaux dont les salariés ont dénoncés a plusieurs reprise des conditions de travail désastreuses  . Ces travailleur·e·s doivent non seulement être embauché en CDI, mais il faut aussi en embaucher plus pour assurer convenablement la stérilisation des locaux.

Cependant, la reprise en présentiel – bien qu’urgente – n’oblitèrera pas les conséquences désastreuses des nombreux mois d’isolement dont la population étudiante a été victime. D’un point de vue purement scolaire, 9 étudiant·e·s sur 10 déclaraient en décembre dernier être en décrochage. Cette réalité prend sa source dans le constat accablant d’une détresse aux frontières bien plus large qu’une simple difficulté à suivre les cours. Le format inédit qu’impose le distanciel produit des conséquences psycho-sociale dramatique. Pour le confinement printanier en 2020 : on parle alors de 27,5% d’étudiant·e·s victime d’anxiété sévère et 11 ,4% hanté·e·s par des idées suicidaires. La situation ne va pas en s’améliorant, puisqu’on peut désormais parler de vague de suicides à l’aune de cette nouvelle année.

Les causes de ce phénomène ne peuvent cependant pas être entièrement imputée à la crise sanitaire. En 2019, La tentative de suicide de l’étudiant Lyonnais Anas en témoigne : la précarité tuait déjà avant le covid. Bien que le contexte de crise sanitaire ait largement contribuée à envenimer la situation, la précarité étudiante était déjà une réalité avant le covid et minait déjà la santé mentale de la jeunesse. Aujourd’hui, de nombreux étudiant·e·s se retrouvent à faire la queue dans les structures d’aides alimentaires. Bon nombre d’entre eux qui disposait d’un job étudiant avant la crise, se retrouve alors sans emplois et sans moyen pour se nourrir convenablement. La question de la précarité doit ainsi être prise en charge au même titre que le retour en présentiel pour combattre la détresse psycho-sociale. La requête d’un revenu à hauteur du SMIC pour chaque étudiant·e·s, financé par les grandes richesses, est à la fois très sérieuse et nécessaire. Les problèmes se traitent à la racine, non pas en surface part petit coup de sécateur.

L’attitude et les mesures de Vidal sont un crachat a la figure au vue de la détresse et la précarité que vivent les étudiant·e·s. Dans ce contexte, il est nécessaire de s’organiser par nous même et construire une mobilisation pour réclamer de réels moyens pour les étudiant·e·s. Réinvestir l’université et créer du lien social nous semble alors être un point de départ primordial pour organiser la riposte face au gouvernement. Pour ce mercredi 03 mars, Le Poing Levé et d’autres organisations et syndicats étudiant·e·s se sont réunis afin de préparer une journée à la fois festive et politique sur la fac du Mirail. Cette initiative résulte d’un vote à la dernière AG. Dès 9h, des tables de discussions seront installées sur la fac. A partir de midi sera mis en place une scène ouverte, pour ensuite laisser place aux prises de paroles libre et aux débats. N’hésitez pas à venir en nombre – et masqué·e – pour discuter, débattre, ou faire une démonstration de vos talents !

Suite à la décision de l'Assemblée Générale du 08/02, les organisations étudiantes du Mirail se sont mis en lien pour...

Publiée par Le Poing Levé - Mirail sur Lundi 1 mars 2021




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Mirail   /    Précarité   /    Jeunesse