^

Notre classe

Aéronautique

Toulouse. Nouveau rassemblement des salariés de AAA contre les suppressions d’emplois

Les salariés de AAA se sont rassemblés devant les bureaux de l'entreprise ce matin pour contester le plan de suppression de 700 emplois au niveau national dont plus de 300 concernerait la succursale toulousaine.

mardi 15 septembre

Ce mardi 15 septembre, les salariés du sous-traitants de l’aéronautique ont organisés un rassemblement devant les locaux de l’entreprise à Colomiers, près de Toulouse. Il s’agissait d’un deuxième rassemblement après l’annonce d un plan de licenciement concernant plus de 700 emplois dont environ 300 à Toulouse. Ce Plan de Sauvegarde de l’emploi (PSE) condamne à la misère plusieurs centaines de familles. Surtout dans un contexte ou la crise économique rend difficile de penser à l’avenir comme le montre le slogan dune des banderoles accrochées par les salaries aux grilles de l’entreprise “Aucun Avenir Assuré”.

A la suite de l’annonce du PSE, le 9 juillet dernier, une procédure de négociations a été entamée entre la direction et les organisations syndicales comme FO , la CFDT ou encore le syndicat de cadre CFE-CGC. « Négociations, c’est un bien grand mot » raconte Arnaud, travailleur et délégué syndical de la section CFDT de AAA au micro de Révolution Permanente, « c’est surtout des discussions, nous on donne nos revendications mais rien n’aboutit. Aujourd’hui, deux mois après le début des négociations on en est toujours au même stade ».

La nécessité d’un plan de bataille pour la victoire

Comme le montre Arnaud, la politique de négociations dans les bureaux feutrés de l’entreprise participe davantage a laisser la colère des ouvriers s’ épuiser dans des pourparlers interminables par lesquels la direction cherche a tous prix a éviter un durcissement du conflit. La CFDT quant à elle, bien que présente sur les piquets et dans la mobilisation tend à avoir un discours contradictoire, notamment lorsque celle ci indique dans ses tracts distribués en face de l’entreprise ce matin qu’il fallait éviter “l’enlisement” d’une mobilisation qui aurait pour conséquence de “mettre en danger l’avenir du périmètre AAA restant après le PSE et la restructuration”. Un discours qui peut avoir tendance à désarmer et à isoler le premier noyau de gréviste déjà organisé contre le PSE, mais qui surtout laisse entendre qu’un durcissement du conflit serait délétère.

Pourtant, comme l’a démontré l’exemple de l’UNSA chez Derichebourg, la tâche centrale des syndicats de l’entreprise souhaitant en découdre avec les plans de licenciements des salariés devrait avant tout d’appeler dans l’unité syndicale l’ensemble salariés à se mettre en grève. Pour l’heure, ni le syndicat FO, ni la CFE-CGC n’a appelé ne serait-ce qu’à se rassembler devant le siège de l’entreprise. Or, il est clair que sans un rapport conséquent et la mise en mouvement de l’ensemble des salariés, par le biais d’assemblée générale décisionnaire regroupant syndiqué et non syndiqué, il sera impossible de faire reculer la direction. En ce sens, une large campagne pour la caisse de grève des travailleurs de AAA, la lutte pour l’information sur le droit de grève et les plans de l’entreprise vis à vis des salariés, et, en dernière instance, la préparation d’un rapport de force réel d’ici le 16 octobre devraient être les tâches essentielles des militants.

S’il y a bien une phrase qui a pris tout l’espace chez les revendications des salariés de Derichebourg, c’est qu’on ne négocie pas le poids des chaînes. Si pour l’instant, il n’existe pas de mobilisation d’ampleur chez AAA, la signature du PSE est fixé au 16 octobre. Une date encore éloigné qui doit permettre à la construction de la mobilisation dans l’entreprise, afin de convaincre les collègues de se battre contre le plan de licenciement. L expérience de Derichebourg Aeronautics montre l importance de la construction de la grève comme tâche essentielle pour lutter contre les plans du patronat. Comme actuellement a Carquefou, près de Nantes, ou les salaries bloquent la production depuis une semaine, mettant au chômage technique l’usine d’assemblage Airbus à qui ils fournissent habituellement des pièces.

Afin de construire un plan réel de lutte, il faut aussi s’armer de revendications qui indiqueront avant tout que les salariés de AAA rejettent toute baisse de salaire ou tout licenciement. Face à la crise économique actuelle, il est inconcevable que les travailleurs payent la crise alors que l’entreprise enregistrait l’année dernière encore son chiffre d’affaire record, et avec elle, ses dividendes versées aux actionnaires.

Dans ce contexte, et alors que le patronat de l’aéronautique mène une attaque d’ensemble contre les travailleurs du secteur, il est indispensable de penser un plan de bataille commun à l’ensemble des travailleurs de l’aéronautique. Cela implique de se lier aux entreprises de toute la zone industrielle, comme les travailleurs de Derichebourg et AAA commencent déjà à le faire autour de l’appel à une rencontre des salariés de l’aéronautique, jeudi 17 septembre à 14h à la Bourse du Travail de Toulouse. Cette rencontre est la première pierre pour rompre l’isolement des luttes actuelles et à venir, condition indispensable pour obtenir de réelle victoire contre les licenciements et les baisses de salaires.




Mots-clés

Licenciement(s)   /    Aéronautique   /    Toulouse   /    Notre classe