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Politique

Justice de classe

Toulouse. Odile, Gilet jaune et militante d’Handi-social, condamnée à 2 mois de prison avec sursis

Ce vendredi 6 décembre se tenait le procès d'Odile Maurin, Gilet jaune toulousaine et militante d'Handi-social, accusée d'avoir foncé sur des policiers avec son fauteuil roulant. La justice l'a condamnée à 2 mois de prison avec sursis, un an d'interdiction de manifester en Haute-Garonne et à des amendes de 400€ x 2 en préjudice moral + 600€ x 2 pour les deux parties civiles. Odile devrait faire appel.

vendredi 6 décembre 2019

Crédits photo : AFP

Odile Maurin. Quiconque ayant fréquenté les manifestations des Gilets jaunes à Toulouse l’a forcément croisée. Présente depuis le début de la mobilisation, avec son fauteuil roulant et malgré la répression, Odile est devenue une véritable figure du mouvement des Gilets jaunes à Toulouse.

Et ce 6 décembre s’ouvrait le procès d’Odile, accusée d’avoir... foncé sur les policiers avec son fauteuil roulant, d’avoir entravé la progression d’un camion à eau mais aussi pour insultes envers les policiers. Si ces deux dernières charges ont été abandonnées, Odile a été condamnée à 2 mois de prison avec sursis, un an d’interdiction de manifester en Haute-Garonne et à des amendes de 400€ x 2 en préjudice moral + 600€ x 2 pour les deux parties civiles.

A l’issue de son procès, Odile a déclaré : « J’accuse la police, j’accuse le policier d’avoir menti à la barre, l’autre n’est même pas venu. Il s’agit d’un procès politique, cela fait un an que la justice tente de m’interdire de manifester. Elle veut me faire taire, et j’ai pas l’habitude de me taire. J’ai l’habitude de reconnaître mes erreurs. Si j’avais blessé ces policiers, je l’aurais reconnu, parce que ça aurait été de toute façon involontaire, mais ce n’était absolument pas le cas. Donc je regrette que la justice ait refusé d’examiner les pièces que nous avons fourni qui démontraient sans l’ombre d’un doute que c’est la police qui a manipulé mon fauteuil. Que c’est la police qui a provoqué un accident, et que c’est la police qui a touché un des policiers. Quant à l’autre policier, il prétend avoir été touché aux genoux, vous imaginez la hauteur de ses genoux [elle montre le repose-pied de son fauteuil]. La justice se décridibilise et en ce qui me concerne, comme je le fais chaque semaine, puisque depuis un an on tente de m’interdire de manifester, samedi je serai à la manifestation. Pas longtemps, mais j’y serai. J’avais prévu autre chose mais je crois que je viendrai faire un tour spécialement. Parce qu’il est hors de question qu’on me raconte qu’on est en démocratie et que de l’autre côté on m’interdise de manifester alors que je le fais toujours de manière non violente. »

Un verdict tout aussi scandaleux que malheureusement peu surprenant, tant la justice a déjà eu la main très lourde lorsqu’il s’agit de juger des Gilets jaunes. Odile devrait faire appel du jugement, et il est important d’afficher une solidarité sans faille face à cette justice de classe, qui absous à tour de bras les forces de répression qui mutilent et tuent, et condamnent à la chaîne les manifestants.




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