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Société

Racisme d’État

Toulouse. Opération d’expulsion de huit familles albanaises

Une nouvelle fois, huit familles exilées ont fait l'objet d'une opération d’expulsion dans des conditions traumatisantes : arrestation à la sortie de l’école, enfermement dans un camp de rétention, sans parler des mesures de harcèlement qui précèdent ces opérations de répression.

mercredi 29 janvier

Alors que l’on apprenait hier la 62ème évacuation d’un camp d’exilés mettant en souffrance les 1500 personnes du camp de la porte d’Aubervilliers, des opérations d’expulsion ont été organisées dans le même temps par différentes préfectures en Occitanie.

En effet, le même jour une action conjointe de plusieurs préfectures de la Région Occitanie a été engagée en vue de procéder à une expulsion groupée de 8 familles (13 adultes et 13 enfants) en direction de l’Albanie. Ces femmes, hommes et enfants sont enfermés dans des conditions traumatisantes dans des centres de rétention en attente du vol charter qui doit partir dans les prochains jours. Une opération similaire a eu lieu à Toulouse en septembre dernier auprès de 5 autres familles albanaises. Il est important de rappeler que les familles albanaises, qui sont actuellement particulièrement persécutées en France, fuient leur pays car elles sont menacées de morts, de persécutions et sont privées de leurs droits fondamentaux (notamment des attaques politiques visant les personnes homosexuelles).

Les méthodes policières françaises font froid dans le dos. Nous apprenons, grâce au témoignage d’une ATSEM, qu’un policier en civil a accompagné le père d’enfants scolarisés à l’école Fabre, dans le quartier des Carmes à Toulouse, afin d’embarquer toute la famille pour le centre de rétention avant de les conduire dans l’avion prévu pour les renvoyer en Albanie. Les enfants étaient déjà partis, empêchant l’action des policiers, mais c’est une situation qui doit être d’autant plus traumatisante pour les familles qui se retrouvent séparées pour contourner le guet-apens policier.

Les associations CIMADE Sud-Ouest, FCPE 31, la ligue des droits de l’homme de Toulouse et RESF 31 dénoncent des « traitements inhumains et dégradants » ainsi qu’une répression policière violente et un racisme d’Etat qui doivent être combattus.

Un rassemblement de soutien était organisé à 17h devant la préfecture de Toulouse. Mais un comité d’accueil d’une vingtaine de CRS empêchait l’accès à la place alors même que le rassemblement avait été déclaré au préalable.

Près de 200 personnes ont tout de même manifesté leur soutien et leur indignation face à ces pratiques racistes. Étaient présents les membres des différentes associations de défense des droits de l’homme et des étrangers, des Gilets Jaunes, des lycéens et étudiants, des professeurs d’écoles témoins des arrestations aux sorties des écoles ainsi que des camarades d’écoles et leurs parents.

Un membre de la CIMADE a eu des mots forts : "Nous pensions que l’heure des rafles était du passé. Nous pensions que les familles pouvaient vivre sans avoir peur d’être chassées et pourchassées. Nous pensions que la chasse aux enfants était terminée. Ce qu’il se passe à Toulouse se passe ailleurs. Nous sommes face à une régression de ce que nous avons réussi à obtenir sur le traitement des étrangers. Nous ne lâcherons rien".

La préfecture de Toulouse justifie ces actes par une application stricte de la règle de droit en matière d’immigration. C’est à une politique raciste d’État à laquelle nous avons à faire face, politique qui bafoue les droits fondamentaux des femmes et des hommes mais aussi des enfants. Les violences policières que subissent ces familles sont à l’image des violences que subissent les grévistes, Gilets Jaunes et manifestants contre la réforme des retraites sous le gouvernement Macron depuis de longs mois mais aussi envers les personnes racisées notamment des quartiers populaires depuis des décennies (les morts de Zyed et Bouna, Adama Traoré, Théo etc. etc.).. La répression est partout et elle vise toujours les mêmes : les membres de la classe ouvrière inclusive. Il est urgent de mettre en place une politique migratoire à la hauteur des besoins dans une visée de solidarité de classe à l’échelle internationale. Les « voleurs » ou les « indésirables » ce sont nos gouvernants ; ils veulent construire un monde divisé et barricadé dans un contexte de crise sociale et climatique, ce qui va à l’encontre du monde que nous voulons construire, valorisant le droit de chacun et qui est un monde dont de plus en plus de gens comprennent qu’il est dans notre intérêt à tous. Comme le chantaient les manifestants lors du rassemblement : « ce n’est pas les immigrés, ce n’est pas les sans-papiers, c’est ce gouvernement qu’il faut virer ».

En attendant nous devons tout faire pour que ces familles ne soient pas renvoyées. Dans ce genre de cas, l’opinion publique compte beaucoup et notamment la médiatisation de l’affaire.




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