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Société

Chasse aux pauvres et délit de solidarité

Toulouse. Pour avoir donné 70 centimes à une mendiante, il prend 100 euros d’amende

La scène s'est déroulée à la gare Matabiau de Toulouse, ce mercredi 20 novembre. Un homme a reçu une amende de 100 euros par la police ferroviaire pour avoir donné 70 centimes à une femme qui faisait la manche.

jeudi 21 novembre

« Il est hors de question que je paye 100 euros d’amende pour avoir donné 70 centimes à une mendiante. C’est inadmissible. » C’est avec ces mots que l’homme a réagit, après la contravention que lui a infligé la police ferroviaire, ce mercredi 20 novembre.

Il est vrai qu’il y a de quoi être en colère. Alors qu’il s’apprêtait à donner 70 centimes à une femme qui faisait la manche avec son bébé dans la gare Matabiau de Toulouse, l’homme se retrouve face à la police ferroviaire, qui lui explique que la mendicité est interdite dans les lieux publics. « Je lui ai répondu que la femme ne m’avait pas directement demandé de l’argent » explique t-il. Pas de quoi décontenancer les agents, qui lui ont alors expliqué qu’il risquait une contravention de 50€. « C’était tellement stupéfiant que j’ai cru que ce n’était pas sérieux et que j’ai lâché mes 70 centimes dans la main de la femme » affirme t-il.

Et visiblement, les agents ont alors décidé de se lâcher et l’ont verbalisé de 50 € pour « sollicitation de toute nature », à laquelle vient s’ajouter 50 € de frais de dossier ! En d’autres termes, la police ferroviaire insinue que c’est l’homme en question qui était à l’origine de la demande de la mendiante.

Comble du cynisme, du côté de la SNCF, la direction reste pour l’instant droite dans ses bottes. « Sollicitation de toute nature, cela veut dire que vous n’avez pas le droit, dans un lieu public comme une gare, de solliciter les personnes présentes, même pour un sondage par exemple, sans autorisation. De plus, la mendicité est interdite dans les lieux publics. Si cette contravention a été dressée c’est qu’il y avait une bonne raison de le faire. De toute façon entre la personne verbalisée et le policier, ce sera parole contre parole » a ainsi annoncé le service communication de la SNCF.

Une véritable traque aux pauvres et à la solidarité, menée tambour battant par la direction et la police ferroviaire, qui s’étend visiblement à l’ensemble des personnes qui refusent de se laisser impressionner par ces excès d’autorités tout aussi grotesques que violents. Répression face à la précarité extrême, il est crucial de lutter à la fois contre ces abus autoritaires et contre les situations dramatiques qui poussent une partie toujours croissante de la population à vivre à la rue et à ne pouvoir compter que sur la mendicité pour survivre.




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