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La santé n'est pas une marchandise ! L'hôpital n'est pas une entreprise !

Toulouse. Rassemblement au CHU suite au « dérapage » de trois cadres

Le 8 avril dernier à l'hôpital Purpan, lors du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), le directeur de Purpan, la cadre supérieure du service de gynécologie et la directrice déléguée du pôle femmes-mère-couple ont tenu des propos inadmissibles à l'égard des employés et ont adopté un comportement révélateur du climat délétère qui règne à l'hôpital. En oubliant qu'ils étaient enregistrés. Une semaine plus tard, les employés du CHU ont envahi le Comité technique d'établissement (CTE) pour exiger la démission des trois dirigeants en cause. A. Bronstein

vendredi 15 avril 2016

Les propos odieux d’une cadre font dégénérer le CHSCT

Vendredi 8 avril, le CHSCT de l’hôpital Purpan était réuni pour parler du projet de restructuration du pôle femmes-mère-couple. Le climat étant tendu, la discussion a été enregistrée par les représentants du personnel, ce qui est parfaitement légal. Au bout de deux heures de séance, et malgré les tensions, une aide-soignante décide de témoigner sur ses conditions de travail : « Nous sommes dans un état de stress permanent parce que nous travaillons constamment à flux tendu ». Elle commence à peine à parler quand la directrice déléguée du pôle souffle à voix basse « Si cette aide-soignante n’est pas capable de gérer son stress, elle n’a qu’à partir faire caissière à Casino. »

Pas de chance pour elle, une déléguée du personnel assise à proximité et choquée par cette phrase la répète tout haut. L’aide soignante en train de témoigner et visée par ces propos insultants quitte la salle en pleurs. Sur demande des délégués, la séance est suspendue. Tout le monde sort. Tout le monde sauf trois personnes : le directeur de Purpan, la cadre supérieure du service de gynécologie et la directrice déléguée du pôle femmes-mère-couple, qui ont oublié qu’ils étaient toujours enregistrés.

Seuls dans la salle, les trois cadres se lâchent. Le directeur de l’hôpital est inquiet : « Ils vont pouvoir l’utiliser ». Mais aucune compassion, aucun remord pour la femme qui vient d’être insultée sous leurs yeux – ou, dans le cas de la directrice déléguée, qu’elle vient elle-même d’insulter ! Mais ils ne s’arrêtent pas là. Se croyant à l’abri des regards – et des oreilles – ils se mettent à consulter les documents que les délégués du personnel ont laissés sur la table. L’une d’entre eux ira même jusqu’à dire en rigolant « Prend une photo, y’a personne ».

La riposte s’organise

« Si cette aide-soignante n’est pas capable de gérer son stress, elle n’a qu’à partir faire caissière à Casino. » Outre la teneur insultante et blessante de ces propos, qui insinuent que l’aide-soignante visée n’est pas capable de faire correctement son travail (alors qu’on sait bien que les conditions de travail en milieu hospitalier se dégradent sans cesse, d’autant plus quand on est une femme), cette phrase est également révélatrice de l’antagonisme puissant qui existe entre cadres et employés, tous secteurs confondus. Car qui doute que le travail de caissière soit stressant ? Comment peut-on ainsi dénigrer le travail fourni par des millions de gens ? La cadre ne semble pourtant pas éprouver de remords : « Je m’excuse si mes propos ont été interprétés ». Comme s’il existait mille manières d’interpréter cette phrase affligeante.

Le personnel du pôle femmes-mère-couple à l’hôpital Purpan a décidé de ne pas se laisser faire et s’est rendu à l’Hôtel Dieu vendredi 15 avril au matin, alors que se tenait le CTE du CHU toulousain. Les revendications du rassemblement, à l’initiative des syndicats CGT, CFDT et SUD du CHU de Toulouse, sont claires : démission des trois cadres ayant « dérapé » et arrêt du projet de restructuration qui vise à rentabiliser la santé en précarisant encore plus les travailleurs de l’hôpital et en dégradant encore considérablement leurs conditions de travail, déjà désastreuses.

C’est donc plusieurs dizaines de salariés en grève qui ont envahi ce matin le CTE pour protester, car l’hôpital n’est pas une entreprise et la santé n’est pas une marchandise !




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